Labeaume veut un report de l'échéance pour l'accueil de réfugiés

Une famille, ainsi que d'autres migrants et réfugiés,... (AFP, Dimitar Dilkoff)

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Une famille, ainsi que d'autres migrants et réfugiés, se prépare à monter dans un train vers la Serbie, après le passage de la frontière entre la Grèce et la Macédoine.

AFP, Dimitar Dilkoff

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(Québec) Devant les «craintes», les «inquiétudes» et même la «peur» qu'il dit sentir dans la population, le maire de Québec, Régis Labeaume, demande au premier ministre canadien, Justin Trudeau, de reporter sa promesse d'accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année.

«Dans la population actuellement il y a beaucoup, beaucoup d'inquiétude. Une peur est en train de s'installer. Et je m'excuse, mais on ne peut pas rejeter ça du revers de la main», a lancé M. Labeaume lundi.

Il demande donc une «pause» le temps d'expliquer à la population quelles mesures sont prises pour s'assurer que les réfugiés ne seront pas infiltrés de gens mal intentionnés.

Le maire de Québec dit qu'il sentait déjà cette «crainte de la précipitation» chez certains citoyens. Mais les attentats de Paris, revendiqués par le Groupe armé État islamique, ont amplifié ce sentiment.

«Ça ne marche pas comme ça. On ne peut pas procéder à cette opération délicate sans qu'il y ait acceptabilité de la population», a ajouté M. Labeaume.

Il a assuré ne pas vouloir fermer la porte aux réfugiés syriens. Québec, a-t-il dit, a toujours comme objectif d'accueillir 125 à 200 familles de réfugiés, soit de 500 à 800 individus qui fuient la guerre de Syrie. Mais pas avant la fin de l'année.

«La pause, c'est pour expliquer à la population où on s'en va. Pour effacer des craintes. Et il faut le faire vite parce que les peurs vont s'ancrer», a soutenu M. Labeaume, sans toutefois avancer d'échéancier souhaitable.

«La précipitation inquiète les gens», a-t-il martelé en s'adressant au nouveau premier ministre Justin Trudeau qui ne devrait pas, estime-t-il, être gêné par un report de sa promesse. «Ce qu'on dit est que dans la région de Québec, nous vous relevons de votre engagement», a dit M. Labeaume. «On croit en vous, mais arrêtez de dire que ça va être 25 000 avant le 31 décembre et prenez le temps d'expliquer à la population», a-t-il lancé à l'endroit du chef fédéral.

Ces propos, le maire de Québec les a répétés sur plusieurs tribunes, lundi. D'abord sur sa page Facebook en début d'après-midi. Puis, en point de presse avant le conseil municipal pendant lequel il a précisé sa pensée.

«Plusieurs intervenants considèrent que novembre et décembre sont les pires mois pour accueillir des réfugiés au Canada», a-t-il aussi écrit sur sa page Facebook.

Mouvement antiréfugiés

Le maire Régis Labeaume a assuré lundi que sa position n'a pas été influencée par les banderoles ou les pétitions antiréfugiés observés depuis quelques jours, même avant les attentats de Paris vendredi.

«Depuis l'élection [du 19 octobre], on pense que c'était à peu près pas possible. Mais ce qui est arrivé à Paris, additionné au manque d'information, ç'a créé dans la population de l'inquiétude, de la crainte.»

Et que faire si jamais le contrôle s'accélère à Ottawa et que des réfugiés sont prêts à arriver ces prochains jours? «On ne les refusera pas. Nos valeurs et nos convictions sont encore là», a-t-il certifié.

Sur la même longueur d'onde que Coderre

Régis Labeaume a assuré lundi que sa sortie n'était pas concertée avec le gouvernement du Québec et du Canada, les organismes d'accueil comme le Centre multiethnique ou encore le maire de Montréal, Denis Coderre. 

«C'est vraiment notre évaluation durant le week-end, les discussions qu'on a eues ce matin au comité exécutif et au caucus et on en vient à cette conclusion», a dit M. Labeaume.

Sans demander de pause comme telle, M. Coderre a aussi estimé lundi qu'il n'est pas obligatoire d'accueillir tous les réfugiés avant la fin de 2015. La question des réfugiés a donné lieu à quelques échanges houleux lors de la séance du conseil municipal lundi soir. 

Le chef de l'opposition, Paul Shoiry, a affirmé qu'il était du rôle du maire de «rassurer la population». La suggestion a fait bondir M. Labeaume. «Je ne peux pas expliquer quelles sont les mesures de sécurité appliquées aux migrants, parce que je ne les connais pas et je veux les connaître. Et c'est exactement ce que veut la population, a répliqué M. Labeaume. À moins que le chef de l'opposition le sache, qu'il nous le dise ce soir», a-t-il ironisé. 

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