Un Syrien de Québec empêtré dans la bureaucratie

Fadi Al Ratl multiplie les démarches afin de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Fadi Al Ratl multiplie les démarches afin de faire venir au Québec la mère de sa femme Dalia.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Fadi Al Ratl a quitté la Syrie pour s'établir à Québec il y a 10 ans. Depuis, il a multiplié les démarches auprès du ministère de l'Immigration pour faire venir la mère de sa femme. En vain. D'où son scepticisme relativement au projet du gouvernement Trudeau d'accueillir 25 000 de ses compatriotes d'ici la fin de l'année.

«C'est très bien, c'est mieux que rien, surtout que Stephen Harper ne voulait pas en faire venir beaucoup, mais je vais y croire seulement quand je vais les voir», explique le père de famille de 37 ans, attablé dans son restaurant du quartier Lebourgneuf, acheté récemment. À ses côtés, son épouse Dalia, 25 ans, qui accouchera de leur second enfant, une fille, dans deux semaines. Elle est venue rejoindre son mari dans la capitale il y a quatre ans.

Depuis des années, M. Al Ratl louvoie dans les méandres bureaucratiques afin que sa belle-mère et ses trois enfants viennent vivre à Québec, depuis le Liban, où ils ont trouvé refuge en janvier. Jusqu'à maintenant, il a dépensé 14 000 $ dans l'aventure, allant jusqu'à solliciter l'intervention du premier ministre Philippe Couillard lui-même.

«Est-ce que ça va prendre encore un an, deux ans? Est-ce que ça va marcher ou pas? On ne sait pas. Je trouve que c'est compliqué. Si elle vient ici avec ses enfants, elle va demeurer chez moi, les enfants vont aller à l'école. Ils seront sous ma responsabilité.»

Une interminable histoire de réunification familiale qui lui fait dire que le gouvernement canadien procède à un tri des immigrants sur la base de leur fortune personnelle. «Ceux qui n'ont pas d'argent vont mourir là-bas...»

Un frère en Suède

Chaque jour, la télévision renvoie à M. Al Ratl de tristes images de son pays, enfoncé dans un conflit qui a fait 240 000 morts en quatre ans. Ses 11 frères et soeurs sont toujours à Damas. Il y a trois ans, l'un d'eux a réussi, au péril de sa vie, à traverser la Méditerranée sur une petite embarcation pour joindre la Grèce et de là, l'Allemagne, puis la Suède où il a trouvé asile. «Ça lui a coûté 18 000 $. En plus, il n'était même pas certain du résultat. Il devait faire confiance. Aujourd'hui, c'est moins cher, environ 3000 $.»

Les autres membres de sa famille ne comptent pas l'imiter. «Ils ont beaucoup d'enfants et ne veulent pas courir le risque de les voir mourir noyés.»

Quant à son père, un veuf de 80 ans, il a choisi de demeurer à Damas, malgré le danger. «Il ne veut pas venir au Canada. Il préfère mourir là-bas. C'est compliqué atteindre la frontière pour sortir du pays.»

Le couple Al Ratl ne désespère pas de retourner un jour en Syrie, mais si l'occasion se présente, ce sera comme touristes. Il ne voit pas comment il pourrait refaire sa vie là-bas. «C'est vraiment la guerre, la vraie guerre. C'est fini, tout est démoli.»

En attendant, il essaie d'aider du mieux qu'il peut ses compatriotes dans le besoin. Il compte s'impliquer pour donner un coup de pouce aux quelque 500 réfugiés attendus à Québec dans les prochaines semaines. Récemment, il a collaboré à une collecte de vêtements qui ont été expédiés à ceux coincés au Liban. «On veut les aider, mais on ne sait pas toujours quoi faire.»

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