Au moins 125 familles syriennes à Québec, espère Duclos

Le nouveau ministre fédéral de la Famille, des... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le nouveau ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, le député de Québec Jean-Yves Duclos, a fait le point sur de nombreux dossiers en entrevue au Soleil lundi.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le nouveau ministre du cabinet de Justin Trudeau, Jean-Yves Duclos, souhaite voir Québec accueillir «au minimum» 125 familles de réfugiés syriens, soit environ 500 personnes ces prochaines semaines. L'élu fédéral responsable du développement social assure que le gouvernement Trudeau «travaille fort» pour honorer sa promesse d'ouvrir les portes à 25 000 réfugiés d'ici la fin de 2015.

«J'ai espoir que la région de Québec puisse contribuer à l'accueil d'une bonne partie des réfugiés syriens», a dit le ministre canadien des Familles, des Enfants et du Développement social en entrevue au Soleil. Sans détour, il a avancé le nombre de «125 familles», soit environ 500 personnes.

«C'est peu pour une population de 700 000 habitants. Je pense qu'on peut faire mieux, mais je mettrais ça comme barre minimale. On peut se donner comme objectif collectif ici à Québec de faire cette contribution», a poursuivi M. Duclos.

Au-delà du fait d'aider une population en détresse, Québec bénéficiera, dit-il, de l'arrivée de réfugiés à l'heure où la région a «besoin de nouveaux immigrants et de main-d'oeuvre».

Le nombre minimal de 125 familles avancé par M. Duclos est le même que celui évalué par le maire de Québec, Régis Labeaume, et différents organismes comme le Centre multiethnique. Lors d'une conférence de presse en septembre, ils avaient dit vouloir accueillir de 125 à 200 familles, soit de 500 à 800 réfugiés syriens.

Récemment, le maire de Québec a toutefois déploré ne «pas avoir eu de nouvelles» du gouvernement provincial alors que sa ville est prête à recevoir ces familles qui fuient la guerre.

Lundi, Jean-Yves Duclos a dit que la question des réfugiés syriens a fait l'objet d'une discussion dès la première rencontre du Conseil des ministres la semaine dernière. Le gouvernement Trudeau a encore comme objectif d'accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin de 2015, même si le temps file. «On travaille fort, c'est notre intention d'y arriver», a martelé le nouveau ministre.

Aussi député de la circonscription qui englobe le centre-ville de Québec, Jean-Yves Duclos se dit particulièrement sensible à la qualité des services offerts aux citoyens, dont les plus démunis. «Des familles qui en arrachent, il y en a plusieurs», a-t-il lancé.

En ce sens, il est «ouvert» à la proposition de Régis Labeaume, qui a réitéré la semaine dernière souhaiter voir pousser trois nouveaux centres communautaires à Québec. Il en a fait la demande de financement dans un «combo» incluant l'anneau de glace de 65 millions $. Le précédent gouvernement conservateur avait dit avoir réservé 32 millions $ pour cette infrastructure. Lundi, M. Duclos est toutefois resté prudent avant de s'avancer sur les détails du financement de telles infrastructures. «On est à l'écoute, mais j'aurai besoin d'en savoir un peu plus.»

Relations plus directes

Jean-Yves Duclos dit aussi comprendre la volonté de maires comme Régis Labeaume d'obtenir davantage de pouvoir en tant que capitale. Une loi provinciale est en élaboration en ce sens. Montréal réclame aussi une telle loi pour son statut de métropole.

«Les villes ont un rôle majeur à jouer dans la société et leur rôle va continuer à croître au cours des prochaines années pour des raisons économiques, démographiques et sociales», a expliqué M. Duclos qui était, avant de faire le saut en politique, professeur d'économie à l'Université Laval. «C'est une tendance très forte dans le monde. Les villes vont être centrales dans le développement de notre société. Et le gouvernement canadien va être là pour appuyer.»

Conscient que les relations avec les municipalités sont avant tout l'affaire du gouvernement du Québec, M. Duclos ne cache toutefois pas que le gouvernement Trudeau souhaiterait une relation plus directe avec les villes.

«Je le souhaite parce que dans la grande majorité des cas, je suis certain que c'est une meilleure source de concertation, a-t-il dit. Notre souhait est d'être en interaction avec l'ensemble des partenaires. Je pense que ça va se faire, parce que le gouvernement du Québec est heureux de mettre les partenaires à la même table. Mais techniquement, tout ça demande l'approbation du gouvernement du Québec», a poursuivi M. Duclos qui rencontrera Régis Labeaume avec qui il s'est entretenu samedi. L'élu fédéral souhaite aussi s'entretenir bientôt avec le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

***

Londres, Barcelone, Sydney...

Le nouveau ministre Jean-Yves Duclos a trimballé son baluchon au cours de ses études et de sa carrière. Il a notamment habité cinq ans à Londres, deux ans à Barcelone et six mois à Sydney en Australie. Au Canada, il a séjourné à Edmonton et à Ottawa. De toutes ces villes, il a apprécié particulièrement Barcelone qui, en certains points, ressemble à Québec, a-t-il dit en entrevue au Soleil. Londres a toutefois été plus longue à apprivoiser, a raconté M. Duclos.

«C'est une ville que j'ai trouvée difficile au début», a-t-il dit à propos de cette capitale britannique où il est arrivé pour étudier en 1988. «Durant six mois, je n'ai pas vu le soleil une seule fois. C'était gris et froid. Je me suis acheté un vélo parce que même le métro était trop cher», a-t-il relaté.

Puis, un jour de mars, il a vu une éclaircie dans le ciel.

«J'ai vu le soleil. Je me suis arrêté entre deux édifices, je suis descendu de mon vélo et j'ai regardé le soleil, a lancé M. Duclos. Après ça, j'ai trouvé la ville charmante.»

***

Partisan du Canadien... pour l'instant

Le nouveau ministre fédéral et député de Québec Jean-Yves Duclos le dit sans gêne : il est un partisan du Tricolore.

«Je suis pour l'instant un fan du Canadien de Montréal. Si les Nordiques revenaient, je reverrais mon choix», a-t-il toutefois nuancé lors d'un segment de l'entrevue au Soleil portant sur le retour éventuel des Nordiques. «On a maintenant l'infrastructure», a-t-il dit, sans aller plus loin dans ses prédictions quant à l'arrivée éventuelle d'une franchise de la Ligue nationale de hockey dans la capitale.

L'économiste n'a pas non plus trop élaboré quant aux retombées financières d'une telle équipe pour Québec. «Ça va au-delà des éléments purement économiques, il y a aussi des éléments de fierté, de présence sociale dans notre pays nordique. Il y a des choses qui vont au-delà de l'économie», a-t-il dit.

Les collègues scientifiques «démuselés»

Redonner le droit de parole à la communauté scientifique est un des facteurs qui ont incité Jean-Yves Duclos à se porter candidat pour les libéraux de Justin Trudeau. Le nouveau ministre des Familles, des Enfants et du Développement social n'a pas manqué en entrevue au Soleil lundi de souligner que l'un des premiers gestes du nouveau gouvernement a été de «démuseler» les chercheurs fédéraux.

Dans le monde universitaire aussi, l'air était devenu «lourd», dit cet économiste de l'Université Laval. Les scientifiques pouvaient encore parler, mais il sentait la «chape de plomb» qui pesait sur ses collègues professionnels du gouvernement sous Harper.

«L'espoir d'un climat politique et social plus léger et plus ouvert» est parmi les principales raisons l'ayant convaincu de se lancer en politique. Les autres? «La présence du Québec à Ottawa et les grands enjeux économiques et sociaux auxquels on fait face au national comme à l'international.»  

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