Groupes communautaires: un mouvement de grogne «sans précédent»

Après la grève de nombreux groupes d'employés de... (Photothèque Le Soleil)

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Après la grève de nombreux groupes d'employés de l'État la semaine dernière - dont les enseignants -, c'est maintenant au tour des membres d'organismes communautaires de la province de manifester contre les mesures d'austérité du gouvernement Couillard.

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(Québec) Un mouvement de grogne «sans précédent» s'empare lundi matin de quelque 1300 groupes communautaires au Québec - une centaine dans la région -, qui enclenchent une grève de deux jours visant à «dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement Couillard».

«On n'a jamais vu ça!» souligne François Saillant, porte-parole du mouvement On ferme! Le communautaire, dehors contre l'austérité. À Québec même, il s'agit d'une «mobilisation extraordinaire» d'une ampleur unique, croit Vania Wright-Larin, porte-parole du Regroupement d'éducation populaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC). «D'après moi, c'est une première.»

Le mouvement est d'autant plus hors du commun qu'il est issu du milieu communautaire, dont les membres, ajoute-t-il, n'ont pas l'habitude de manifester publiquement leur mécontentement. «On est surpris de l'ampleur du mouvement. Beaucoup de ces organismes n'ont pas cette culture de manifestation», indique M. Saillant. «Il faut vraiment qu'ils soient rendus au bout du rouleau.»

La mobilisation est issue des campagnes nationales Je tiens à ma communauté, je soutiens le communautaire et Les droits, ça se défend, qui réclament respectivement 225 millions $ supplémentaires par année pour les 3000 organismes en santé et services sociaux et 40 millions $ supplémentaires par année pour les 320 groupes de défense collective des droits. Le mouvement demande également l'indexation annuelle des subventions versées à l'ensemble des organismes.

À titre d'exemple, François Saillant rappelle que le financement alloué aux organismes québécois en défense des droits se situe à 17 millions $ annuellement, soit en moyenne 53 000 $ par organisme, et ce, depuis 10 ans. «Il n'y a eu aucune indexation au cours des 10 dernières années.» Une situation que dénonce aussi haut et fort Vania Wright-Larin. «On ne sait même pas si on sera capable de boucler le budget de l'année en cours», d'autant plus que l'entente entre le gouvernement et les groupes de défense collective des droits arrive à échéance dans cinq mois. «Après le 31 mars, c'est le noir total, on ne nous dit rien.»

M. Saillant parle d'un «sous-financement chronique qui s'empire d'année en année» dans tout le milieu communautaire, et qui est aggravé par le fait que les mesures d'austérité en place actuellement «aggravent les besoins» auxquels les organismes communautaires doivent subvenir.

Une centaine d'organismes «en action» à Québec

À Québec, 75 % des groupes communautaires disent avoir besoin d'argent supplémentaire pour pouvoir maintenir leurs services, selon M. Wright-Larin.

«Mais on ne se bat pas seulement pour notre financement», tient-il à préciser. «La mission de l'organisme est au coeur de ce qu'on fait, et quand on est plus capable de faire notre mission...»

«Ce gouvernement est complètement décroché de la réalité des groupes communautaires. Il nous prend pour de la main-d'oeuvre bon marché et bafoue littéralement l'importance de notre mission d'éducation populaire, de défense des droits, de prévention.»

Une centaine d'organismes communautaires de Québec ferment donc leurs portes lundi et mardi, et descendent dans la rue pour se faire entendre. «On aime mieux mettre la clé dans la porte pour deux jours que le gouvernement mette la clé dans la porte à tout jamais», illustre François Saillant.

Au menu : manifestations, piquets de grève et occupation de bureaux, entre autres. Le tout culminera par une manifestation régionale, dont le départ est prévu mardi soir à la place de l'Université-du-Québec. 

Vania Wright-Larin est sans équivoque : «Les groupes qui décident de fermer leurs portes, c'est pour se mettre en action.» Des actions dérangeantes pour la population sont à prévoir? «On essaie de cibler nos événements et de déranger les bonnes personnes», répond-il. Et il dit avoir confiance que le message envoyé par cette démarche sera bien compris. «C'est pas un message qui est contre la population, et le but n'est pas de déranger la population, au contraire. C'est de leur faire comprendre que les changements qui se font en ce moment, ils ont plus d'impacts que ce qu'on leur dit.»

=> Actions annoncées à Québec

LUNDI

  • 7h : Action de visibilité sur le boulevard Laurier (entre l'autoroute Robert-Bourassa et la route de l'Église)
  • 7h30 : Chaînes humaines devant plusieurs écoles (dont Jean-de-Brébeuf, Sacré-Coeur, Saint-Jean-Baptiste et Anne-Hébert) dans le cadre du mouvement Je protège mon école publique
  • 8h30 : Action de visibilité aux intersections Sainte-Foy-Salaberry et Dorchester-Lalemant
  • 15h : Piquetage à l'intersection de la Couronne-Charest
  • 16h : Piquetage à l'intersection Marie-de-l'Incarnation-Charest

MARDI

  • 10h : Manifestation (départ : parvis de l'église Saint-Jean-Baptiste)
  • 14h : Grève collective à la place de l'Université-du-Québec
  • 18h : Manifestation régionale (départ : place de l'Université-du-Québec)

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