Abus contre les autochtones: Sioui interpelle Couillard

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Le premier ministre Philippe Couillard avait revêtu la même chemise traditionnelle que celle du grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, lors d'une visite à Wendake, le 17 juillet 2014 .

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, souhaite que le premier ministre Couillard lui-même préside un éventuel sommet sur la sécurité et la justice au sein des Premières Nations, dans la foulée des allégations d'abus et de violence à l'endroit de femmes autochtones, à Val-d'Or.

Déplorant que le rapport de la commission royale d'enquête Erasmus-Dussault sur les peuples autochtones - un modèle en son genre, à son avis - accumule la poussière sur les tablettes, M. Sioui considère primordial que le plus important politicien de la province prenne une bonne fois pour toutes le taureau par les cornes. «M. Couillard est quelqu'un qui a du leadership, avec un sens aigu de l'écoute», ajoutant qu'il gagnerait, dans cette éventualité, à être appuyé par «une délégation de ministres importants».

Pour l'instant, la ministre de la Sécurité publique du Québec, Lise Thériault, refuse de tenir une enquête publique sur les femmes autochtones, comme le réclament le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. La ministre penche plutôt pour la plus large dénonciation possible des abus, avant de penser à la suite des choses.

«Des sommets, on n'en a eu que trop, c'est vrai. Il faut se parler, mais pas seulement se parler. Ce qu'on réclame aussi, c'est de l'action», mentionne M. Sioui, en entrevue au Soleil.

Retenu par ses obligations à Wendake, le grand chef a délégué la responsable de la condition féminine de la communauté, Line Gros-Louis, pour le représenter, mardi, en Abitibi, à la grande rencontre des chefs des Premières Nations du Québec convoquée par Ghislain Picard.

M. Sioui insiste sur la nécessité d'être «solidaires», dans un premier temps, des prétendues victimes. Plus tôt en journée, dans un communiqué, il évoquait l'importance de ne pas «rester insensible devant la gravité des faits allégués par nos mères, nos soeurs, nos tantes et nos filles des Premières Nations qui ont trouvé la force et le courage de parler.

«Maintenant, ajoutait-il, il faut que tout doute soit dissipé. La crainte et la peur du système judiciaire n'ont pas leur place, surtout quand on est une victime. [...] La dénonciation par ces femmes doit être saluée, respectée et, surtout, elles doivent obtenir tout l'appui nécessaire afin qu'elles puissent se rendre au terme de leurs démarches et que justice soit rendue.»

Pas que dans l'Ouest

Au-delà des témoignages dévoilés par Radio-Canada, il serait illusoire de croire, selon le grand chef, que les nombreuses disparitions non élucidées de femmes autochtones se limitent à l'ouest du pays. «Ça ne se peut pas que ça se passe pas ici aussi. Comme si le Québec vivait un love story ou une histoire à l'eau de rose avec les autochtones.»

La ministre Thériault, qui est apparue chamboulée en conférence de presse, vendredi, jouit de la confiance «totale» de M. Sioui. «Elle ne pleurait pas pour la presse. C'est quelqu'un qui connaît les conditions dans lesquelles vivent les Premières Nations. Elle a été touchée par les témoignages entendus. Nous sommes chanceux que ce soit elle la ministre de la Sécurité publique.»

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