Toxicomanie: repartir à zéro

Marianne Aubichon, Samuel Duclos-Huet et Camylle Mercier, trois... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Marianne Aubichon, Samuel Duclos-Huet et Camylle Mercier, trois jeunes qui ont suivi un programme de réadaptation en toxicomanie au Centre Le Portage.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Ils ont perdu une partie de leur adolescence. Il y a eu des pleurs et des cris. Des craintes et des souffrances. Mais ce passé est révolu. Aujourd'hui, ils sont résolument tournés vers l'avenir.

Ce "ils" porte plusieurs noms. C'est, entre autres, Camylle, Samuel et Marianne. Les trois jeunes adultes ont suivi un programme de réadaptation en toxicomanie au Centre Le Portage.

Ils portent en eux une histoire commune. Une consommation excessive de drogues diverses les a fait quitter l'école, puis il y a eu cette déchirure familiale. Bien souvent, les parents, à bout de ressources, vont jusqu'à faire choisir leur enfant : une thérapie ou la porte. «J'ai choisi de partir de chez moi jusqu'à ce que je me rende compte que je ne pouvais pas continuer ainsi», raconte Marianne, abstinente depuis six mois.

Psychose et thérapies

De son côté, Samuel, qui n'a pas consommé depuis neuf mois, a fini par demander de l'aide lui-même après avoir fait une psychose toxique. Enfin, Camylle est sobre depuis un an et demi après avoir suivi deux thérapies.

Alors que leur principale préoccupation était autrefois de trouver de l'argent pour se procurer des stupéfiants, ils ont aujourd'hui la tête pleine de projets. «Je suis retournée aux études et je veux devenir travailleuse sociale», se réjouit Camylle. Après avoir terminé son secondaire, Samuel compte faire ses sciences naturelles. «C'est ce que j'apprécie le plus, pouvoir m'instruire», confie-t-il.

La thérapie leur a fait prendre conscience des raisons de leur consommation. Avant même de retourner sur les bancs d'école ou de réintégrer le marché du travail, il a fallu apprendre qui ils étaient et travailler sur eux-mêmes. «Avec du recul, on devient empathique envers nos parents. On comprend mieux comment ils ont vécu tout ça», dit Marianne. Un discours qu'elle n'aurait pas tenu il y a encore peu de temps.

Jeannot Mercier et Nilda Bond sont les «fiers» parents de Camylle. Ils étaient sur la ligne de front. «Ce n'était pas facile, reconnaît la mère. Quand on se rend compte que notre enfant est toxicomane, ça donne un choc. L'enfant se ferme et tu te sens impuissant. Après vient la culpabilité. On se demande ce qu'on a fait de mal», renchérit le père.

Cependant, ils n'ont jamais abandonné. Ils ont eux-mêmes reçu de l'aide, puis tenté d'accompagner Camylle sans la juger. «On est fier de la voir cheminer», s'exclame Mme Bond, les yeux brillants.

Que ça fasse quatre, six mois ou plus d'un an d'abstinence, les trois jeunes sont unanimes. «On se sent solide», lancent-ils, sans sourciller, malgré le risque d'une rechute. Pour ça, il a aussi fallu faire du ménage dans leur entourage. Les amis de party de l'époque ne font plus partie de leur vie. Plus question de fréquenter des gens qui consomment, même de façon récréative.

Couper les liens avec des gens qu'on aime est difficile. La bonne nouvelle est qu'il est possible de se refaire un réseau social, clament-ils.

Sabrina McGillis, son conjoint, Olivier Paci, la petite... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Sabrina McGillis, son conjoint, Olivier Paci, la petite Rachel et Pierre-Alexandre Bruneau

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Les enfants comme élément déclencheur

À l'aube de la trentaine, Sabrina McGillis et Pierre-Alexandre Bruneau en ont fini des drogues et de l'alcool. La première souhaite élever dans la sobriété ses deux enfants tandis que le second espère former une famille.

«C'est ma fille, qui avait trois ans, qui m'a convaincue d'aller en thérapie.» Sabrina considérait qu'elle avait assez perdu de temps. Elle ne s'imaginait pas élever la petite Mégan, à moitié perdue dans les «vapeurs». Fait particulier, elle a appris être enceinte d'un second enfant au moment où elle faisait son entrée au Centre Le Portage. Elle est sobre depuis un an et a entrepris un retour aux études.

«J'étais toujours sur une dérape. J'avais une bonne ou une mauvaise nouvelle, je consommais», relate, pour sa part, Pierre-Alexandre, abstinent depuis seulement quatre mois. Il sait pertinemment que la vraie thérapie débute une fois qu'on est sorti du centre. Une situation qu'il est prêt à affronter malgré le stress que cela engendre.

«C'est un travail qui dure toute une vie», laisse-t-il tomber. Une vie qu'il compte passer avec un être cher. J'avais des copines, mais ça ne fonctionnait pas. Mon choix était d'arrêter de consommer ou passer ma vie seul. Ça adonne que je veux fonder une famille.»

Comme pour 68 autres «finissants» du programme, Le Portage témoignait, dimanche, de leur courage et de leur détermination vers la réhabilitation.

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