Les réfugiés rohingyas désillusionnés

Les familles accueillies à Québec viennent du camp... (Photo tirée du site panoramio.com)

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Les familles accueillies à Québec viennent du camp de Kutupalong, où les conditions de vie seraient très difficiles. L'eau et la nourriture y sont rares, et la corruption sévit.

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(Québec) Les réfugiés rohingyas ont quitté le Bangladesh avec la promesse de pouvoir faire venir plus tard les parents qu'ils laissaient derrière.

Six ou sept ans ont passé et ils attendent toujours, pas découragés mais désillusionnés.

Leurs appels aux autorités publiques du Canada n'ont pas donné de résultats. 

La porte du camp Kutupalong, au Bangladesh, où séjournent plus de 11 000 réfugiés rohingyas semble s'être refermée pour des raisons politiques locales nébuleuses.

Une hypothèse veut qu'en retenant les réfugiés au camp et en leur rendant la vie difficile, le Bangladesh veut dissuader d'autres migrants de traverser sa frontière. Ce pays compte parmi les plus pauvres et les plus vulnérables aux catastrophes naturelles.

Une autre hypothèse voudrait au contraire que le Bangladesh devrait laisser partir les réfugiés pour soulager la pression dans les camps. 

Une dépêche de l'AFP datée du printemps dernier faisait état de l'intention du Bangladesh de délocaliser sur une île isolée des réfugiés rohingyas vivant dans des villages désorganisés autour du camp officiel de Kutupalong. 

Ces réfugiés sont perçus comme un frein au développement touristique des plages de la région. Ce projet de délocation a fait réagir le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU qui met en garde le Bangladesh.

Le Canada a été le premier pays à «sélectionner» des réfugiés rohingyas qui sont arrivés à partir de 2008.

Au total, 300 réfugiés sont débarqués à Québec, à Surrey (Colombie-Britannique) et à Kitchener (Ontario), où se trouve aujourd'hui la plus importante communauté.

Le Canada pourrait-il faire plus pour la réunification des familles de Rohingyas?

Probable, mais l'accueil de réfugiés est devenu un sujet délicat en cet automne électoral.

J'ai tenté de valider des chiffres auprès du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration (CIC). Je voulais aussi connaître les critères de sélection pour les réfugiés admis et les intentions du Canada à l'endroit des Rohingyas.

Le Ministère a pris acte des questions, mais n'avait pas encore daigné y répondre au moment de mettre sous presse.

L'ONU estime que la minorité rohingya est une des plus persécutées sur la planète et un des cas les plus flagrants d'apatrides.

Issue de la Birmanie (aujourd'hui Myanmar), cette minorité musulmane a été dépouillée en 1982 du droit à la citoyenneté par la majorité bouddhiste.

Elle est depuis victime de violences, de discriminations et d'exclusions généralisées.

Même la figure emblématique Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix (1991), est restée silencieuse sur le sort des Rohingyas.

Lorsque questionnée sur ce silence, elle a dit craindre d'attiser les tensions entre bouddhistes et musulmans.

Certains croient aussi qu'elle ne voulait pas nuire à ses appuis lors des élections.

Incidemment, la commission électorale du Myanmar a rejeté cet automne la candidature de 17 des 18 candidats rohingyas qui espéraient siéger au parlement sous les couleurs d'un parti prônant la démocratie et les droits de l'homme.

Depuis le début des années 80, plus d'un million de Rohingyas ont fui vers des pays voisins, dont plus de 250 000 au Bangladesh. L'exode des boat people se poursuivait encore cet automne.

Les familles accueillies à Québec proviennent du camp de Kutupalong, une petite ville de fortune aux maisons brinquebalantes. On y dispense des services d'éducation et de santé minimaux. L'eau et la nourriture manquent. Il n'y a pas de liberté de circulation, la corruption sévit et la sécurité est mal assurée.

Des organisations internationales comme Médecins sans frontières font état de conditions de vie pitoyables, similaires à l'apartheid. 

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