Pascale Navarro: la parité pour contrer «l'illusion d'égalité»

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Dans son ouvrage largement documenté, Pascale Navarro l'écrit : souhaiter la parité n'a rien d'anti-hommes. Elle martèle au contraire la nécessité de mettre la gent masculine dans le coup.

La Presse, David Boily

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) Doit-on imposer aux partis politiques de présenter autant de femmes que d'hommes aux élections? La question revient régulièrement. Et chaque fois, l'idée d'un quota se bute à de la résistance, souvent des femmes elles-mêmes. Une raison pour abandonner l'idée? Au contraire, plaide l'auteure Pascale Navarro, selon qui la parité est la seule véritable façon d'incarner l'égalité dans la société.

Alors que les Canadiens iront aux urnes le 19 octobre, la question de la proportion de femmes sur les banquettes des parlements est dans l'air. 

La semaine dernière, le Conseil du statut de la femme a publié un avis dans lequel il demande au gouvernement du Québec d'obliger les partis à avoir entre 40 % et 60 % de femmes parmi leurs candidates.

Quelques jours plus tôt, mi-septembre, la journaliste et auteure Pascale Navarro publiait Femmes et pouvoir : les changements nécessaires, livre dans lequel elle plaide haut et fort pour la parité.

Oui, dit-elle, on peut souhaiter que les partis politiques se dotent de véritables règles pour atteindre un minimum de 40 % de femmes candidates. Une idée qui n'est ni dépassée ni réductrice pour les femmes, plaide-t-elle en soulignant qu'une centaine de pays dans le monde l'ont déjà fait. Au Québec, seul Québec solidaire s'impose de présenter autant de femmes que d'hommes aux élections.

Mais la critique guette toujours. Et c'est généralement la même : les femmes ne veulent pas être choisies uniquement parce qu'elles sont des femmes. 

«Une règle n'empêche pas que les candidates doivent tout de même faire une campagne efficace pour remporter leur élection», nuance Pascale Navarro dans le segment de son livre visant à déboulonner le mythe selon lequel les quotas électoraux sont une forme de favoritisme. «Femmes ou hommes, les candidats doivent convaincre l'électorat qu'ils sont les meilleurs pour les représenter.»

Mythes

Son court ouvrage de 94 pages est truffé de tels «mythes» que l'auteure féministe s'efforce de mettre en perspective, de documenter à force d'arguments, d'une forme «d'éducation» et d'exemples d'ailleurs dans le monde.

De statistiques aussi, dont celles-ci, révélatrices : le Québec figure au 44e rang et le Canada au 48e rang quant au nombre de femmes députées. 

Pourtant, les enjeux qu'on y discute, les lois qu'on y vote touchent toute la population. «Dans la vie courante, les femmes sont présentes. On a une égalité dans la vie de tous les jours, mais pas là où se prennent les décisions», explique Pascale Navarro en entrevue au Soleil

Plus qu'un chiffre sur les banquettes des parlements ou des conseils municipaux, la parité souhaitée vise avant tout la mixité, la diversité des voix. Davantage de femmes en politique amènerait un regard différent sur toutes les questions sociales, économiques, la santé, les ressources naturelles, plaide l'auteure. Elle cite l'exemple des femmes autochtones dont la réalité est souvent ignorée ou la question salariale, où des inégalités persistent.

Et les hommes?

Dans son ouvrage largement documenté, Pascale Navarro l'écrit : souhaiter la parité n'a rien d'anti-hommes, assure celle qui martèle au contraire la nécessité de mettre la gent masculine dans le coup. L'ancien premier ministre libéral Jean Charest est d'ailleurs interviewé dans le bouquin, lui qui a fait adopter en 2006 la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État où est inscrite l'obligation à la parité. 

Selon celui qui a dirigé le Québec de 2003 à 2012, la préoccupation pour avoir davantage de femmes en politique est constante et, oui, elle nécessite une forme d'effort. «Le problème, c'est que les gens croient naïvement que ça se règle à la veille des élections. C'est faux : il faut préparer cela en amont. Il faut préparer les candidatures. Et si on relâche, on revient à nos vieilles habitudes», dit M. Charest. 

En parler maintenant pour que les choses changent et que l'idée fasse son chemin est justement l'intention de Pascale Navarro. Et les campagnes électorales sont un bon moment pour tenir cette réflexion et voir venir, estime-t-elle. «L'idéal est que les partis s'en préoccupent, conclut-elle. Il y a un momentum. Il faut changer les règles du jeu.»

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