La vie après la réserve

Sylvie Hervieux-Fontaine a perdu une cousine, Tanya Pinette,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Sylvie Hervieux-Fontaine a perdu une cousine, Tanya Pinette, en 2000. Elle a été assassinée par son petit ami alors qu'elle n'avait que 15 ans. Selon Mme Hervieux-Fontaine, si sa cousine avait été mieux encadrée, elle serait toujours en vie.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Pour une femme autochtone, quitter une réserve peut s'avérer un gros défi. Toutefois, la vie après n'est pas toujours de tout repos.

Sylvie Hervieux-Fontaine a déménagé avec sa mère alors qu'elle était âgée de seulement trois ans. Bien qu'elle n'ait pas vraiment connu la vie dans une réserve, elle sait très bien comment cela s'y passe. «Toute ma famille est encore dans la réserve de Pessamit [entre Baie-Comeau et Forestville]», dit au Soleil la jeune femme, qui a participé dimanche à la vigile à la mémoire des femmes autochtones assassinées et disparues.

D'ailleurs, Mme Hervieux-Fontaine a perdu une cousine en 2000, Tanya Pinette, qui était âgée de 15 ans lorsque son ami de coeur l'a assassinée à Québec. «Elle avait des problèmes de consommation. Elle demeurait au centre des jeunes L'Escale», raconte-t-elle. «Si elle avait été mieux encadrée, peut-être qu'elle serait encore ici aujourd'hui.»

Mme Hervieux-Fontaine aimerait que le gouvernement offre plus d'encadrement aux autochtones désirant sortir de leur réserve. «La vie dans une réserve, c'est être laissé à soi-même. Les jeunes voient leurs parents soit consommer ou boire et ils font la même chose», déplore celle qui a aussi eu des problèmes de consommation, tout comme sa mère. «J'ai pris ma première bière à 13 ans. À 16 ans, je consommais de l'ecstasy, du speed et de la cocaïne. À 18 ans, j'ai arrêté lorsque je suis tombée enceinte.»

Loin des drogues et de l'alcool

Âgée de 27 ans et mère monoparentale de deux enfants, un garçon de trois ans et une petite fille de huit ans, Mme Hervieux-Fontaine affirme avoir maintenant tourné le dos aux drogues et à l'alcool et souhaite offrir une meilleure vie à ses «deux amours».

«J'ai été victime de violence conjugale. Je pensais que c'était ça, l'amour, je n'ai pas eu un modèle de famille parfaite... Si j'avais été dans une réserve, on aurait dit : "ça, ce n'est pas grave". Mais, ici, cette situation n'est pas prise à la légère», se réjouit la femme, qui a accouché de son premier enfant avec une ecchymose sur la joue. «Mon chum m'avait battu la veille. Quelques années plus tard, ça s'est terminé lorsqu'il m'a fracturé la mâchoire.»

Par la suite, elle a eu un autre amoureux, elle n'est toutefois plus avec celui-ci.

Aujourd'hui, Mme Hervieux-Fontaine se demande comment elle a pu endurer de tels gestes. «Ça suffit! Beaucoup de femmes se cachent encore, mais c'est important de le dire.»

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