Des amies surnommées «salope»

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Selon Jasmin Roy, les filles commencent à employer un langage ordurier pour se parler entre elles, parfois aussi tôt qu'à huit ans.

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(Québec) L'auteur et conférencier Jasmin Roy a profité mercredi de son passage en commission parlementaire pour sensibiliser les députés à un autre genre de discours haineux, celui des jeunes filles qui se traitent de «salope» et de «bitch», tantôt pour se rabaisser, tantôt pour... marquer leur amitié.

«Les discours haineux, ça ne vient pas juste d'ailleurs, des étrangers. [...] Il y a des choses qui se passent ici. Il y a une éducation collective à faire sur les filles», a déclaré le président de la fondation qui porte son nom alors qu'il répondait aux questions des députés sur le projet de loi 59.

Selon Jasmin Roy, les filles commencent à employer un langage ordurier pour se parler entre elles parfois aussi tôt qu'à huit ans. 

«Et c'est partout, de Montréal à Fermont, en passant par Chicoutimi. Les filles se traitent de salope, de bitch ou de pute pour se rabaisser, mais aussi pour marquer leur amitié. En couple, elles acceptent même que leur amoureux les appelle comme ça. Elles croient que s'il n'est pas fâché, ce n'est pas grave, que c'est le ton qui fait la différence», s'inquiète en entrevue M. Roy, qui sortira fin octobre un livre et un documentaire intitulés #bitch - Les filles et la violence.

«Il y a une banalisation du langage ordurier chez les filles qui devrait nous inquiéter», insiste Jasmin Roy, selon qui le phénomène semble être apparu ou s'être accru avec les réseaux sociaux. 

M. Roy croit qu'il y a un rapprochement à faire entre cette banalisation de la violence chez les filles et la violence dans les relations amoureuses, qui a crû chez les 15-25 ans. 

«Une étude l'a démontré récemment, les filles ne peuvent pas changer trop souvent de chum sans qu'elles soient perçues comme des putes ou des salopes, alors que les gars sont valorisés pour ça. La fille va donc peut-être choisir de rester dans une relation inadéquate plutôt que d'en commencer une nouvelle pour éviter d'être ostracisée», se désole celui qui a fait de la violence, de l'intimidation et de la discrimination à l'école son cheval de bataille.

Selon Jasmin Roy, il est grand temps de parler de l'histoire des droits des femmes dans les écoles. «On peut en parler à travers une dictée, des statistiques en mathématiques... On n'a pas besoin d'argent pour ça, ça prend juste une intention pédagogique», croit-il.

Mémoire

Ce concept d'«intention pédagogique», Jasmin Roy l'a évoqué à quelques reprises durant la présentation de son mémoire sur le projet de loi 59, mercredi.

À son avis, la lutte contre les discours haineux et ceux incitant à la violence passe d'abord et avant tout par la prévention, l'éducation et un dialogue ouvert autour de la diversité.

«Il faut éviter que ce projet de loi suscite la crainte de l'autre. Dans sa forme actuelle, il peut sembler répressif», croit M. Roy, selon qui la loi doit viser «les cas extrêmes qui ne répondront pas aux efforts de prévention et d'éducation».

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