La cyberintimidation, limitée mais «très néfaste»

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Ce sont 6,8 % des élèves du primaire et 7,7 % du secondaire qui déclarent avoir été, une ou deux fois, la cible de messages humiliants ou de fausses rumeurs sur Internet au cours de l'année scolaire.

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(Québec) Le phénomène de l'intimidation dans le cyberespace «est parfois surévalué par les médias et la population», révèle un comité d'experts mandaté par l'Assemblée nationale. Mais tout aussi limitée soit la «cyberintimidation», elle est «très néfaste» pour les victimes.

Il n'y a pas d'épidémie de harcèlement entre jeunes sur Internet, sur les cellulaires, concluent les spécialistes dont le rapport Ensemble contre l'intimidation a été déposé mercredi au parlement. «Il est impossible de conclure à une tendance à la hausse des comportements problématiques chez les jeunes», insistent les auteurs.

Au Québec, les «cyberagressions» sont plutôt rares, précisent-ils en citant une enquête nationale réalisée auprès de 56 000 jeunes dont les résultats ont été publiés en 2014. «Ce sont 6,8 % des élèves du primaire et 7,7 % du secondaire qui déclarent avoir été, une ou deux fois, la cible de messages humiliants ou de fausses rumeurs sur Internet au cours de l'année scolaire.» Ils sont bien moins nombreux à faire les frais d'une campagne de dénigrement intensive et soutenue : environ 1 % à 2 %.

Les conséquences sont cependant importantes : perte d'estime de soi, isolement social, dépression, angoisse, idées suicidaires, problèmes d'apprentissage, absentéisme scolaire, décrochage, vulnérabilité, sentiment de culpabilité, perte de sécurité, atteinte à la réputation, perte d'amis..., énumèrent les experts.

Ces effets peuvent être décuplés lorsque l'intimidation survient en ligne, notamment parce que la victime est atteinte dans son intimité, dans sa vie privée, ajoutent-ils. Parfois, aussi, l'identité des agresseurs y est cachée sous un pseudonyme, ce qui ajoute à l'angoisse. 

Et un acte unique d'agression peut prendre des proportions démesurées, les médias sociaux et le courriel permettant de relayer rapidement le message à un grand nombre d'internautes : «L'auditoire est presque illimité. [...] Le fait que le cyberespace transcende le temps et les frontières complique les mesures de protection personnelle et nuit à la cessation des actes de cyberintimidation.»

Recommandations

Alors, ces experts ont trouvé des remèdes? Ils proposent quoi pour enrayer la cyberintimidation? Tout le monde est concerné, préviennent-ils.

Ils ont donc émis une série de recommandations qui ont atterri sur les bureaux des ministres de la Santé, de l'Éducation et de la Justice. En gros, les auteurs visent la promotion de comportements empreints de respect et de civisme, l'engagement de tous les acteurs de la société pour réduire les conséquences de la cyberintimidation, la formation des intervenants pour qu'ils puissent bien éduquer et épauler les victimes. Finalement, ils suggèrent le financement de recherches afin d'étayer les connaissances en matière d'intimidation dans le cyberespace.

Le comité d'experts sur la cyber-intimidation a été créé par le gouvernement à la suite du Forum sur la lutte contre l'intimidation de l'automne 2014. Il regroupe des intervenants provenant des milieux universitaire, policier, scolaire, gouvernemental ainsi que d'organismes communautaires.

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