Adil Charkaoui boudé par les députés

Adil Charkaoui, présent en commission parlementaire à titre... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Adil Charkaoui, présent en commission parlementaire à titre de président du Collectif québécois contre l'islamophobie, rejette l'ensemble du projet de loi 59 contre les discours haineux, ce qui lui a valu un accueil glacial des députés.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le passage du prédicateur Adil Charkaoui au parlement a tourné au vinaigre, mardi soir, alors que les députés ont carrément refusé d'échanger avec lui en commission parlementaire.

Le controversé président du Centre communautaire islamique de l'est de Montréal, qui a été associé à des cas de radicalisation de jeunes, n'a pas reçu l'accueil le plus chaleureux à l'étude du projet de loi 59 contre les discours haineux. Il était à Québec à titre de président du Collectif québécois contre l'islamophobie (CQCI).

Son rejet d'emblée de l'ensemble de la pièce législative a été interprété comme un refus de collaborer par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. Elle s'est donc abstenue de lui poser des questions. La péquiste Agnès Maltais, outrée d'avoir lu un texte du site The Muslim News qui prédisait avec excitation une soirée de confrontation avec les parlementaires, a fait de même. Idem pour la caquiste Nathalie Roy, qui a lancé à M. Charkaoui : «Vous ne représentez pas la communauté musulmane, vous n'avez aucune crédibilité et, pour moi, les échanges sont terminés.»

Des quatre femmes députées qui avaient le crachoir, seule Manon Massé, de Québec solidaire, s'est risquée à une question. Mais sa formation politique ne disposait que de trois minutes en temps de parole. 

Résultat : à peine la moitié de l'heure qui aurait pu être consacrée au passage du prédicateur a été utilisée. Du rarement vu dans l'histoire parlementaire récente.

Seules quelques minutes étaient accordées à M. Charkaoui pour répondre aux commentaires des députées. Le président de la commission, le libéral Guy Ouellette, le rappelait à l'ordre rapidement dès que ses propos s'éloignaient du cadre du projet de loi 59. 

«On n'a pas besoin d'un projet de loi pour nous faire taire, s'est indigné le président du CQCI. Il n'y a pas de question, pas d'échange. Je n'ai pas la possibilité de répondre à des commentaires faits par vous. Là, quand il n'y a pas de question, on passe tout simplement à autre chose. [...] C'est une honte.» 

«Fruit de pressions populaires»

En somme, selon le président du CQCI, le projet de loi 59 brime la liberté d'expression, il ne s'appuie sur aucune étude, il est flou sur ses définitions, il cible la communauté musulmane et ne lutte pas contre l'islamophobie. La pièce législative est selon lui le fruit de pressions populaires sur le gouvernement, alimentées par l'épisode de la Charte des valeurs et moussées par des médias de masse, pour «diaboliser» la communauté musulmane. À son avis, ce projet de loi ne passerait pas le test des tribunaux. 

M. Charkaoui ne considère pas que de rire des religions est de l'islamophobie, à moins qu'il y ait une récurrence abusive. 

Il n'a pas prisé se faire dire qu'il ne représente pas la communauté musulmane. «C'est une idée vraiment qui date du colonialisme, a-t-il pesté. Quand on dit aux indigènes : "On va choisir vos représentants". C'est une idée qui est fondamentalement raciste.» 

De l'avis de la péquiste Agnès Maltais, il n'y avait pas possibilité d'avoir des échanges sereins avec M. Charkaoui. «On avait tous vu le Muslim News qui disait : "Sortez vos chips, vos Coke, vos peanuts, la soirée va être chaude". Il y a des gens qui attendaient la grosse confrontation agressive. On ne voulait pas tomber là-dedans.»

«On sait que ce personnage-là est incapable de condamner l'État islamique, ce qui s'est passé avec Charlie Hebdo. Comment cet homme-là peut venir nous faire la leçon?»

Nathalie Roy
Députée de la Coalition avenir Québec

Le prédicateur pourrait-il se servir du traitement qui lui a été réservé pour poser en victime et justifier le ressentiment de certains envers la société? La caquiste Nathalie Roy croit que, d'une façon ou d'une autre, M. Charkaoui aurait tenté de jouer cette carte. «On sait que ce personnage-là est incapable de condamner l'État islamique, ce qui s'est passé avec Charlie Hebdo [...], a dit la caquiste. Comment cet homme-là peut venir nous faire la leçon?»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer