Jacques Duval, le roi de la danse sociale

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Avec son habit bleu pâle, sa cravate colorée, son franc-parler et ses histoires, Jacques Duval inspire tout de suite la confiance.

LE SOLEIL, JEAN-MARIE VILLENEUVE

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(Québec) Le Soleil a rendez-vous avec Jacques Duval, qui célèbre les 50 ans de son école de danse cette année, un bel après-midi ensoleillé. «Chanceuse!» nous lance la dame à l'accueil, avec un grand sourire. Le même sourire qu'affichait notre réceptionniste lorsque le professeur de danse est venu en personne nous remettre son autobiographie au journal, il y a quelques semaines.

En 53 ans de carrière, Jacques Duval a vu passer plus de 80 000 élèves, dont plusieurs lui doivent beaucoup plus que d'avoir appris des pas de merengue et de cha-cha-cha. Il leur a permis de garder la forme, de trouver l'amour ou de sauver leur couple, de se joindre à une communauté et, surtout, d'avoir du plaisir.

Jacques Duval (son nom d'artiste, choisi avant que le coureur automobile du même nom fasse les manchettes) fait danser les gens depuis les années 60. Après quelques années à Québec, où il travaille aussi au Soleil et chez Simons, il s'est rapidement lancé à son compte pour offrir des cours de danse dans tout le Bas-Saint-Laurent et jusqu'au Nouveau-Brunswick. Il a ouvert son école de danse à Rimouski, puis est revenu dans la capitale au milieu des années 70.

L'an dernier, lorsque le cancer de sa femme Céline a refait surface, il a décidé de vendre son immeuble du boulevard de L'Auvergne à Paillard, de louer les trois salles de danse au sous-sol et de ralentir un peu. «Je vais faire quoi si j'arrête? Je donne encore des cours et j'anime la soirée de danse du samedi depuis 45 ans!» lance le passionné, qui travaille maintenant40 heures par semaine au lieu de 60.

Franc parleur

Avec son habit bleu pâle, sa cravate colorée, son franc-parler et ses histoires, Jacques Duval inspire tout de suite la confiance. Il a fêté ses 70 ans en mai. «Le jour où je suis né, la guerre s'est finie», aime-t-il rappeler.

La vie de Jacques Duval est une série d'anecdotes, de rencontres et de coups d'audace. «Si j'étais venu au monde 30 ans plus tard, je serais peut-être humoriste au lieu de professeur de danse», soutient-il. Les mauvaises langues ne l'ont jamais arrêté. «Moi, je ne suis pas la parade, j'ouvre la parade. Je ne regarde pas de chaque côté pour voir ce que les autres font, je regarde devant.»

L'administration de l'école, qui compte une vingtaine d'employés, commence toutefois à lui peser un peu. Même s'il a une bonne équipe de professeurs, dont certains travaillent pour lui depuis plus de30 ans, il n'y a personne pour prendre le relais à la tête de l'école.

Celle-ci est occupée sept jours sur sept, du matin au soir. De 1700 à 1800 personnes y défilent chaque semaine. «C'est plus qu'une polyvalente», note fièrement M. Duval. Lors de notre passage, la semaine avant le début de la session, des mordus passaient l'après-midi à répéter des pas, la musique «dans le piton». «On n'est pas un club de l'âge d'or, ici. Les gens ne sont pas là pour parler.» Mais la clientèle vieillit, non? «Pas nécessairement, répond Jacques Duval. Il y a toujours eu des gens d'un certain âge, mais il y en a qui prennent des cours parce qu'ils se marient, ou parce qu'ils ont vu des émissions de télévision.»

La série documentaire Sortons danser, diffusée par Historia cet été, accordait d'ailleurs une grande place à l'École de danse Jacques Duval. On peut toujours la visionner en ligne.

Voyager et donnerau suivant

En plus de son école de danse, Jacques Duval a aussi ouvert une agence de voyages en 1981 et orchestre chaque année plusieurs voyages organisés en Europe, en Asie et dans les pays chauds. Même si les deux tiers des participants sont aussi ses élèves, «la danse est secondaire dans les voyages», note-t-il. À l'étranger, ses qualités d'animateurs et ses innombrables histoires donnent le ton. «Je ne suis pas un accompagnateur, une plante verte dans le coin, je suis un animateur, et les gens vont voir tout ce qu'il va y avoir à voir», promet-il. M. Duval est aussi très impliqué au Club Rotary et la Société Grand Village.

Célibataire cherche bon danseur

«Des milliers» de couples sont formés au fil des cours de danse de Jacques Duval, qui fut le premier à donner des cours de danse pour personnes seules en 1985. La même année, une loi fédérale simplifie les démarches de divorce.

Dans ces cours, deux lignes se font face et les gens changent de partenaire 10 ou 15 fois par leçon. De fil en aiguille, les gens s'invitent à aller danser le samedi soir et changent pour les cours de couples. Quelques centaines de célibataires ont commencé les cours cette semaine, et Jacques Duval jure qu'à la fin, il y en aura une cinquantaine seulement. «Il y en a qu'on déniaise pas rien qu'un peu», glisse-t-il.

Le 10 octobre, deux amoureux qui se sont connus au centre de danse Jacques Duval uniront d'ailleurs leurs destinées sur les lieux de leur coup de foudre.

Salon de la mariée

On n'est pas étonné d'apprendre que le professeur de danse soit l'un des fondateurs du Salon de la mariée de Québec, qu'il a organisé au Castel Bellevue, au patinodrome, puis au Centre de foires pendant 16 ans, avant de passer le flambeau.

La maladie de sa partenaire de vie, et de danse, est un dur moment à passer pour l'éternel amoureux. «Ce qui me fait du bien, c'est quand j'arrive ici. Je dis toujours à mes profs que lorsqu'ils rentrent ici, ils laissent leurs problèmes dans le char. Je fais pareil», dit-il. Il a mis la danse en couple entre parenthèses. «Il y en a des fois qui viennent me chercher le samedi soir, mais je ne suis pas capable. Pas tout de suite.»

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Sous l'égide de Jacques Duval, la danse est un loisir et un plaisir.

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S'adapter aux modes

Si l'École de danse Jacques Duval a traversé les époques et a atteint son 50e anniversaire, c'est que son fondateur a su s'adapter aux modes et miser sur le plaisir.

Il enseigne aux débutants une posture plus confortable que pour la danse de compétition. Sous son égide, la danse est un loisir et un plaisir. Ce qui ne l'empêche pas d'élaborer des leçons réglées à la minute près, qu'il fait payer une à la fois. «S'il y en a 3 ou 4 % qui ne reviennent pas, c'est beau.»

Même s'il est spécialisé en danses sociales et en danses latines (on le surnommera même «Pedro le Mexicain» au début de sa carrière), Jacques Duval n'hésite pas à donner des cours de danse en ligne, considérée comme «quétaine» par les puristes.

En 1977, il développe une technique pour enseigner à danser le disco en couple, inspiré par La fièvre du samedi soir. «C'est le film qui a redonné le goût aux gens de faire de la danse sociale, après que les Beatles eurent tout gâché avec le gogo», raconte M. Duval. En 1989, on le considère comme «le roi de la lambada» à Québec. Puis il engage des spécialistes pour donner des cours de danse country, de Zumba, de tango argentin, alors que lui-même crée un nouveau concept qui fait fureur : la danse santé, un cours suivi par 500 personnes par semaine. «C'est bon pour l'exercice, pour la mémoire, pour le social. Les gens s'ennuient lorsqu'ils prennent leur retraite», a constaté M. Duval.

À ceux qui disent que la danse sociale est en déclin, il répond : «Je n'ai jamais eu de déclin. J'ai toujours été capable d'aller chercher quelque chose de nouveau qui faisait une différence.»

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