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Le Québec et l'Ontario s'unissent pour la protection de la jeunesse

Le Québec et l'Ontario peuvent et doivent s'épauler,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Québec et l'Ontario peuvent et doivent s'épauler, croit Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones et procureure générale de l'Ontario, au côté du ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le Québec et l'Ontario signeront aujourd'hui une entente en matière de protection de la jeunesse. À terme, l'une et l'autre des provinces pourront, au nom de sa partenaire, intervenir pour exécuter un mandat des services de protection de la jeunesse.

Le besoin à cet égard est apparu en novembre 2013 lorsqu'une quarantaine de familles d'une secte juive ultra-orthodoxe avaient fui Sainte-Agathe pour l'Ontario et, plus tard, le Guatemala. À ce moment-là, un tribunal avait décrété que l'Ontario n'avait pas l'autorité légale pour intervenir auprès de ces fondamentalistes de Lev Tahor au nom de la Protection de la jeunesse du Québec. Une centaine d'enfants étaient concernés.

Une situation comme celle-là ne devrait plus se reproduire une fois que l'entente de réciprocité aura été paraphée.

Elle le sera lors de la réunion commune des gouvernements du Québec et de l'Ontario, qui se déroulera aujourd'hui dans la capitale québécoise.

Ce sera la cinquième rencontre du genre. La toute première s'était tenue en 2008.

Francophonie

Le Québec et l'Ontario peuvent et doivent s'épauler, dit Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones et procureure générale de l'Ontario. Particulièrement en matière de francophonie, de son point de vue.

En entrevue avec Le Soleil, jeudi, Mme Meilleur a rappelé et réitéré l'une des demandes figurant dans la déclaration commune produite à l'issue de la dernière rencontre des conseils des ministres du Québec et de l'Ontario, en novembre 2014.

Celle-ci pressait le «gouvernement fédéral d'agir rapidement en matière d'immigration francophone afin que le poids démographique des francophones soit maintenu partout au Canada».

«Il faut que la proportion de la population francophone en Ontario croisse au même rythme que l'ensemble de la population, sinon notre poids démographique diminue», dit Madeleine Meilleur. La proportion des Franco-Ontariens a glissé à 3,5 % au fil du temps.

Le gouvernement ontarien veut faire passer la proportion des francophones sur son sol à 5 % d'ici cinq ans.

Or, le pourcentage de francophones émigrant dans les provinces canadiennes, si l'on exclut le Québec, est de seulement 1,4 % à l'heure actuelle.

En 2003, le gouvernement fédéral s'était pourtant engagé à faire passer cette proportion à 4,4 % en 2008. Il a reporté l'atteinte de son objectif à 2023. «On dépend de la collaboration du fédéral», rappelle Madeleine Meilleur en ajoutant que le gouvernement canadien doit faire plus et plus vite.

«Il faut au minimum qu'il y ait de l'immigration francophone à la hauteur de ceux qui sont de langue maternelle française dans les autres provinces», renchérit Jean-Marc Fournier, ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne.

M. Fournier se réjouit du fait que «tous les ministres de la francophonie de chaque province et territoire souhaitent avoir plus d'immigrants qui parlent français». Il y voit un message politique; un reflet des fondements du Canada.

Le gouvernement de Toronto rappelle régulièrement que l'Ontario est le lieu de résidence d'environ 610 000 francophones.

Jean-Marc Fournier appuie par ailleurs la demande de l'Ontario de devenir membre de l'Organisation internationale de la francophonie.

Dans un autre dossier, M. Fournier et Mme Meilleur disent vouloir maintenir la pression sur Ottawa pour qu'il «appuie la Société Radio-Canada dans la réalisation de son mandat, qui consiste à offrir des services de radio et de télévision en français partout au Canada de manière à refléter les besoins particuliers des francophones». Il s'agit du libellé de leur déclaration commune de l'an dernier.

«Radio-Canada est ce qui unit» les francophones hors Québec, insiste la ministre ontarienne.

«Institutionnaliser»

La rencontre d'aujourd'hui sera, dit-on, l'occasion de faire le point sur les travaux entrepris en 2014 à Toronto et «d'amorcer de nouvelles collaborations». Le postulat est de dynamiser et de renforcer l'économie du «Canada central».

Entre le Québec et l'Ontario, il est généralement question de développement économique, de lutte contre les changements climatiques, d'approvisionnement énergétique et de francophonie. En plus de protection à l'enfance, on devrait aussi discuter de forêts aujourd'hui.

Après celle de 2008, de telles rencontres conjointes ont eu lieu en 2009, en 2010 et en 2014, donc. Elles ont connu une éclipse en 2011, 2012 et 2013.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et son homologue ontarienne, Kathleen Wynne, veulent les institutionnaliser.

Le Québec et l'Ontario regroupent 22 millions de citoyens. Les deux provinces représentent 55 % du PIB canadien et comptent pour 53 % du commerce interprovincial.

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