Fête arc-en-ciel: les drag queens trop flamboyantes pour leur propre communauté?

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Chaque soir, lorsque le soleil se couche, M. Barabé se transforme en Reglisse.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La vision de la société à l'égard des drag queens a bien changé au cours des 20 dernières années, estime Claude Barabé, drag queen depuis 18 ans. «Avant, c'était plus difficile avec la population en général, et avec les gais et lesbiennes, cela allait très bien. Aujourd'hui, c'est notre propre communauté qui nous critique.»

Rencontré samedi dans la rue Saint-Jean alors qu'il participait à la Fête Arc-en-ciel, celui qui porte comme nom de scène Réglisse, affirme qu'être une drag queen est beaucoup mieux perçu à Québec en 2015 qu'à ses débuts dans le métier à l'âge de 29 ans. «Les hétérosexuels aiment maintenant nos spectacles et nos parades, se réjouit-il. Mais, dans notre communauté, c'est rendu beaucoup plus difficile. On a tellement voulu être comme les autres. On a tellement revendiqué les mêmes droits que c'est rendu que les gens nous regardent et nous disent que nous ne sommes pas une belle image pour notre communauté. C'est une forme d'exclusion.»

Conscient qu'il est «beaucoup plus flamboyant», M. Barabé trouve tout même très décevant ce changement de mentalité. Malgré tout, il n'est pas question pour lui de changer de vocation. C'est pourquoi il tenait à participer aux festivités entourant la Fête Arc-en-ciel, qui a attiré plusieurs milliers de personnes rue Saint-Jean, samedi.

«La communauté gaie est souvent critiquée. Les gens nous demandent pourquoi on est toujours en train de crier qu'on est gai ou lesbienne. Bien c'est grâce à ça qu'aujourd'hui, on est rendus des citoyens à part entière. Pour reprendre une phrase d'Agnès Maltais : "Faire des gros événements, c'est montrer au monde qu'on existe. Cela veut dire aussi aider les pays où l'homosexualité est encore illégale"», soutient-il.

«J'adore ça»

Chaque soir, lorsque le soleil se couche, M. Barabé se transforme en Réglisse. Il lui faut environ une heure pour se préparer avant de monter sur scène. «C'est la vie qui m'a amené là, et j'adore ça», confie celui qui pratiquait le métier de clown dans une fête foraine quand il était jeune.

«Il ne faut pas avoir peur de dire qu'on est gai ou lesbienne, conseille-t-il. Les gens de notre communauté qui s'assument n'ont pas de préjugés, c'est souvent ceux qui ne s'assument pas qui vivent des préjugés et des rejets. Si tu t'acceptes, les autres vont le faire aux alentours.»

Samedi, plusieurs activités étaient à l'horaire à la Fête Arc-en-ciel, notamment un roller derby à place D'Youville et un spectacle de Michèle Richard en soirée.

Pour la dernière journée de l'événement, aujourd'hui, une marche de solidarité est organisée à 13h à place D'Youville. La rue Saint-Jean sera fermée à la circulation automobile.

Pour avoir plus d'information sur les activités d'aujourd'hui, vous pouvez consulter le site : Arcencielquebec.ca/activites/fete-arc-en-ciel/programmation

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