Petit migrant mort sur la plage : la famille voulait émigrer au Canada

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La Presse Canadienne, l'Agence France-Presse
Le Soleil

(Vancouver et Athènes) Une Canadienne de la région de Vancouver avait tenté en vain, en mars dernier, de parrainer trois Syriens membres de sa famille qui ont fait partie, cette semaine, d'un groupe de 12 migrants qui se sont noyés en tentant d'arriver en Grèce par la mer Méditerranée. Parmi eux, le petit Aylan Kurdi, dont la photo choque la communauté internationale.

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Dans le groupe de 12 malheureux figuraient 5 enfants. Le cadavre de l'un d'eux, celui d'un petit garçon, a été photographié gisant face contre sable sur une plage de la Turquie après avoir été poussé par les vagues.

Cette photographie a fait la une d'une multitude de médias d'à travers le monde, suscitant l'indignation internationale.

Le député néodémocrate Fin Donnelly, qui sollicite un nouveau mandat aux élections du 19 octobre dans Port Moody-Coquitlam, en Colombie-Britannique, a confirmé à La Presse Canadienne que les petits garçons Galip et Aylan Kurdi, respectivement âgés de 5 et de 3 ans, ainsi que leur mère Rehan, avaient péri dans le naufrage alors que le père des enfants, Abdullah, a survécu.

Le député Donnelly affirme qu'en mars dernier, il a livré au ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration Chris Alexander une demande de parrainage signée par Teema Kurdi, la soeur du survivant du drame, mais que cette demande a été rejetée.

Fin Donnelly signale que Mme Kurdi a constaté avec horreur le décès des gens qu'elle voulait parrainer en voyant les photographies du petit garçon mort sur la plage turque.

La distance maritime entre Bodrum, en Turquie, et l'île de Kos, en Grèce, où les migrants voulaient accoster, n'est longue que de quelques kilomètres, mais la traversée est très dangereuse.

230 000 migrants en Grèce

Plus de 230 000 migrants ont rallié la Grèce par la mer depuis le début de l'année, contre environ 17 500 pour la même période en 2014, a indiqué jeudi le ministre adjoint grec à la Marine marchande, Nikos Zoïs.

«Plus de 80%» de ces arrivants, comptabilisés par les garde-côtes du pays «sont des réfugiés», éligibles à recevoir l'asile politique, a-t-il précisé, au cours d'une conférence de presse donnée en présence d'autres ministres sur les mesures préparées par le pays pour mieux gérer ce flux.

«Quand je l'ai vu, je suis restée figée, glacée», témoigne la photographe turque

ANKARA - La journaliste à l'origine des photos d'un enfant syrien de trois ans qui ont horrifié le monde entier a confié jeudi avoir été «glacée» lorsqu'elle a aperçu le corps sans vie de la victime échoué sur une plage de la station balnéaire de Bodrum (sud-ouest).

«Quand je l'ai vu, je suis restée figée, glacée. Il n'y avait malheureusement plus rien à faire pour cet enfant. J'ai fait mon métier», a témoigné la photographe de l'agence de presse privée Dogan, Nilüfer Demir, sur la chaîne d'information CNN-Türk.

«Nous nous baladons régulièrement sur ces plages depuis quelques mois. Mais hier c'était différent. Nous avons d'abord vu le corps inanimé du plus petit garçon, puis celui de son frère aîné. En les photographiant, j'ai simplement voulu refléter le drame de ces gens.»

Nilüfer Demir
Photographe de l'agence de presse privée Dogan

«Nous nous baladons régulièrement sur ces plages depuis quelques mois. Mais hier c'était différent. Nous avons d'abord vu le corps inanimé du plus petit garçon, puis celui de son frère aîné. En les photographiant, j'ai simplement voulu refléter le drame de ces gens», a-t-elle ajouté avec pudeur.

Le premier enfant, Ayral Kurdi, vêtu d'un tee-shirt rouge et d'un short bleu, gisait le visage contre le sable de la plage de Bodrum.

La journaliste a ajouté que le corps de son frère, Galip, cinq ans, et celui de leur mère, Rehan, ont été retrouvés sur la même plage.

Ils sont morts dans le naufrage de leur embarcation, dans la nuit de mardi à mercredi, qui tentait de rallier depuis Bodrum l'île grecque de Kos, porte d'entrée dans l'Union européenne (UE), comme des milliers d'autres réfugiés avant eux.

Originaires de Kobané

Selon un sauveteur turc interrogé par l'AFP, les trois victimes sont originaires de la ville kurde de Kobané, dans le nord de la Syrie, assiégée pendant plusieurs mois par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avant d'être reprise en janvier par les forces kurdes.

Cette famille syrienne souhaitait rejoindre le Canada, où certains de leurs proches sont déjà établis, a rapporté la presse canadienne. Selon l'édition en ligne du Ottawa Citizen qui cite une proche, le père de cette famille, Abdullah, qui a survécu au naufrage, a confié vouloir rentrer à Kobané pour y enterrer sa femme et ses deux enfants.

Les images choc des deux enfants noyés ont fait le tour du monde relayés par les réseaux sociaux et largement reprises par la presse européenne.

«Jamais je n'ai pensé que ces images feraient un tel effet», a affirmé Nilüfer Demir, expliquant avoir déjà photographié des migrants noyés sur les plages turques.

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