Crise des migrants: l'Europe s'attaque enfin au problème

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Sur la «route des Balkans», des milliers de migrants - principalement Syriens, Irakiens et Afghans- poursuivaient leur périple vers l'espace Schengen à pied, en bus, en train.

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Csaba SEGESVARI, Serene ASSIR
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Plusieurs dirigeants européens sont montés au créneau, dimanche, en faveur du droit d'asile des réfugiés, au moment où des milliers de migrants progressaient sur la route des Balkans dans l'espoir de gagner l'espace Schengen - une zone englobant 26 États européens fonctionnant comme un ensemble unique où il n'y a pas de contrôles internes pour passer d'un pays à l'autre.

À l'appel de Berlin, Londres et Paris, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se réuniront le 14 septembre «pour avancer concrètement» par rapport à la crise migratoire. Les gouvernements français et italiens se sont prononcés dimanche pour une action rapide en faveur de l'octroi de l'asile aux réfugiés.

L'Italie fera de l'obtention d'un droit d'asile européen la bataille des prochains mois, a affirmé dimanche le président du Conseil Matteo Renzi.

«L'Europe doit cesser de s'émouvoir et commencer à se mouvoir. On doit choisir enfin [...] d'avoir une politique d'immigration européenne, avec un droit d'asile européen», a-t-il martelé dans une entrevue au quotidien Corriere della Sera.

Les migrants qui «fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis [...] traités dignement, abrités, soignés», a abondé le premier ministre français, Manuel Valls.

Sur la «route des Balkans», des milliers de migrants - principalement Syriens, Irakiens et Afghans- poursuivaient leur périple vers l'espace Schengen à pied, en bus, en train.

Des centaines d'entre eux ont continué dimanche de franchir la frontière serbo-hongroise, en dépit de l'achèvement d'une clôture de barbelés par la Hongrie - qui a enregistré 50000 arrivées au mois d'août - sur les 175 km de frontière.

Rares étaient les migrants à entrer en Hongrie en se faufilant sous la clôture de barbelés, sur laquelle on pouvait voir de nombreux lambeaux de vêtements. La grande majorité d'entre eux empruntaient la voie de chemin de fer où aucune barrière n'a été érigée, et où les trains ne passent qu'à très faible allure.

Des membres des forces spéciales de la police longeaient les champs avec des bergers allemands en muselière.

Voyage humiliant

Dans le sud de la Serbie, dans l'air poussiéreux d'un centre d'accueil de migrants de Presevo, Samar, Syrienne de 40 ans et mère de deux adolescents, était assise sur un morceau de carton en attendant que son mari finisse les démarches pour les enregistrer auprès des autorités serbes.

«Le pire dans ce voyage, c'est l'humiliation», a-t-elle confié. «Nous sommes dans un labyrinthe, allant de file d'attente en file d'attente, et maintenant ici, en Serbie, la police nous crie dessus comme si nous étions des animaux», a déclaré les larmes aux yeux cette réfugiée qui a fui Damas.

Un employé de l'agence gouvernementale serbe pour les réfugiés et les migrants a reconnu que les services de son pays étaient dépassés par l'afflux de migrants.

«Le gouvernement serbe veut les aider mais nous n'avons l'infrastructure nécessaire que pour un millier de personnes», a indiqué Dejan Milisavisevic. Or, chaque jour, «2000 à 3000 personnes arrivent».

Les chiffres de migrants quittant quotidiennement la Grèce, pays par lequel ils transitent, pour l'Europe de l'Ouest varient selon les sources. Si l'ONU parle de 1500personnes, d'autres sources évoquent plutôt 3500 arrivées quotidiennes.

50 000
réfugiés ont franchi la frontière entre la Serbie et la Hongrie depuis le début du mois d'août
2000 à 3000
réfugiés arrivent chaque jour en Serbie, principalement de Grèce

14 septembre, le jour J

Les ministres de l'Intérieur des pays de l'Union européenne (UE) vont tenir une réunion d'urgence le 14 septembre à Bruxelles, à un moment où l'Europe tente de trouver des solutions communes face à l'aggravation de la crise migratoire.

La convocation d'une réunion des 28 États membres de l'UE intervient quelques heures après l'appel commun dans ce sens de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, dont les ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, Thomas de Maiziere et Theresa May, se sont rencontrés à ce sujet en marge d'une réunion à Paris de neuf pays européens consacrée à la sécurité dans les transports.

Le trio «a souligné la nécessité de prendre des mesures immédiates pour faire face au défi constitué par ces flux migratoires». Ils ont également demandé que soient d'urgence mis en place des centres d'accueil en Italie et en Grèce afin de procéder à l'identification des demandeurs d'asile et des migrants illégaux, et appelé à l'établissement d'une liste commune européenne énumérant les «pays d'origine sûrs» dont les migrants ne sont pas considérés a priori comme demandeurs d'asile.

Berlin s'attend à recevoir quelque 800000 demandes d'asile cette année, soit quatre fois plus que l'an dernier. Sur les sept premiers mois de l'année, le nombre de migrants arrivés aux frontières de l'UE a atteint environ 340000, contre 123500 pour la même période en 2014, selon l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.

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