Dix ans après Katrina, La Nouvelle-Orléans se souvient

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Des musiciens mènent la parade durant une cérémonie pour commémorer les dix ans de l'ouragan Katrina.

Associated Press

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Brian Boyles
Agence France-Presse
La Nouvelle-Orléans

Entre sons endiablés des fanfares et cérémonies solennelles, La Nouvelle-Orléans a marqué samedi le dixième anniversaire de l'ouragan Katrina, se souvenant des disparus et célébrant la renaissance de la ville de Louisiane.

«Même si l'ouragan Katrina nous a mis à genoux, nous n'avons pas laissé cette tempête nous détruire. C'est grâce à notre esprit de résistance», a déclaré le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, lors d'une cérémonie de dépôt de couronnes en présence de centaines de personnalités et de proches des victimes.

A 8h29 du matin, l'heure où la première digue a cédé, les autorités ont déposé des couronnes de fleurs dans le quartier du Lower Ninth Ward, l'un des plus pauvres de la ville, majoritairement noir, et le plus durement frappé par les inondations. Une fanfare y a mené une «fête de la résilience», et d'autres concerts étaient prévus partout dans la ville tout au long de cette journée forte en émotions.

La cérémonie au cimetière de la Charity Hospital, qui vient culminer une semaine de commémorations en tous genres, a rendu hommage en particulier aux victimes dont les corps n'ont jamais été identifiés.

Ailleurs, à Biloxi notamment, dans le Mississippi, également fortement touché, les cloches ont sonné samedi matin à l'heure exacte où l'ouragan avait atteint les côtes américaines.

Lorsque l'ouragan de catégorie 5 Katrina a frappé la côte sud des Etats-Unis le 29 août 2005, La Nouvelle-Orléans, en partie construite sous le niveau de la mer, a coulé.

Sous la pression de la montée des eaux, des dizaines de digues mal entretenues ont cédé, laissant passer des flots boueux qui ont inondé 80% de La Nouvelle-Orléans.

L'eau est montée si vite que des habitants sont morts noyés. Des centaines d'autres se sont réfugiés sur leurs toits, isolés par les flots.

Les rares endroits restés au sec ont sombré dans le chaos, des dizaines de milliers de personnes désespérées attendant pendant plusieurs jours des vivres et de l'eau.

Au total, plus de 1.800 personnes sont mortes, la plupart dans cette ville, et un million d'habitants ont dû quitter leurs maisons. La facture totale a dépassé les 150 milliards de dollars.

«Tous ceux d'entre nous en âge de nous en souvenir n'oublierons jamais les images de nos concitoyens dans une mer de misère et de ruines», a déclaré l'ancien président George W. Bush en visitant une école de La Nouvelle-Orléans vendredi.

Vivement critiqué à l'époque pour sa gestion de la crise, il a confié avoir été touché par la détermination de la ville à se reconstruire, avec «un esprit encore plus fort qu'avant l'ouragan».

=========> En photos : Renaître après Katrina

Le jazz y fait pleurer

Des maisons colorées sur pilotis se dressent çà et là aujourd'hui à la place des carcasses pourries rongées par les eaux stagnantes des inondations.

La musique et les odeurs de plats cajuns flottent à nouveau dans les rues bouillonnantes du Quartier Français.

L'industrie du tourisme explose, avec neuf millions de visiteurs l'an passé. La criminalité baisse, jusqu'à atteindre le plus bas taux d'homicides en 43 ans en 2014. Des start-ups s'installent dans la ville, où une réforme du système scolaire porte déjà ses fruits, avec plus de diplômés et un meilleur niveau.

Critiquant l'attitude de l'administration Bush, le président Barack Obama, qui s'y est rendu jeudi, a salué la «résilience extraordinaire» de ceux qui sont revenus à La Nouvelle-Orléans pour réparer maisons et commerces détruits.

«Notre travail ne sera pas terminé tant que, dans cette ville, une famille moyenne noire gagnera moitié moins qu'une famille moyenne blanche», a-t-il toutefois souligné.

Depuis 300 ans, La Nouvelle-Orléans «est la porte d'entrée menant vers l'âme de l'Amérique», a déclaré M. Obama, rendant hommage à une cité «où le jazz fait pleurer, les enterrements font danser».

La saveur d'une ville autrefois plus afro-caribéenne et créole qu'américaine s'est pourtant en partie diluée dans la tempête, selon certains habitants.

Beaucoup ne sont jamais revenus: la ville compte aujourd'hui 100.000 habitants de moins qu'avant Katrina, et ce malgré l'arrivée de nombreux nouveaux résidents. La part de la population noire a nettement baissé, passant de 68% en 2000 à 60% en 2013.

Samedi, des habitants de La Nouvelle-Orléans faisaient d'ailleurs part d'une certaine colère rentrée. «Je pense que nous devrions nous rappeler qu'il y a tant de gens qui n'ont rien dans notre communauté, qu'ils sont perdus. Il est important que nous fassions tout ce que nous pouvons pour les aider eux aussi», relevait Kathleen Whalen, une habitante.

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