La rédemption de Marianne

Marianne Aubichon a participé à la traversée à... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Marianne Aubichon a participé à la traversée à la nage du fleuve Saint-Laurent dont les fonds récoltés allaient à Portage.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Après cinq ans à avoir été prisonnière de la drogue et de l'alcool, Marianne Aubichon a dû «réapprendre à marcher» d'elle-même.

La pente n'a pas été de tout repos à remonter pour l'adolescente aujourd'hui âgée de 18 ans, qui avoue avoir perdu beaucoup d'amis au cours de cette période plus sombre.

Ses problèmes de consommation ont débuté à l'âge de 12 ans. Elle pratiquait alors la natation, le patinage de vitesse, le vélo de route et elle participait même à des triathlons. Elle était abonnée aux médailles d'or.

«J'étais une très grande sportive. C'était une passion pour moi. Je faisais du patinage de vitesse et j'étais deuxième au Canada dans ma catégorie», souligne celle qui avait pour idole la patineuse Kalyna Roberge.

Mais du jour au lendemain, une vilaine blessure aux Jeux du Québec l'a mise au rancart. «J'ai eu une entorse cervicale et deux vertèbres de déplacées dans le dos. J'ai tout arrêté et je cherchais toujours de l'adrénaline. Je me suis alors retournée vers la consommation d'alcool», raconte ouvertement au Soleil la femme originaire de Saint-Romuald, à Lévis.

Durant un an, la jeune athlète a été suivie par un physiothérapeute et un massothérapeute sportif. «J'ai passé plusieurs scanners, et les médecins m'ont dit un jour que la situation ne se rétablissait pas. Ils m'ont alors dit que je ne pouvais plus continuer [le patinage], car c'était trop dangereux. Je pouvais rester paralysée s'il arrivait autre chose d'autre à mon cou.»

Une bière... puis 24

C'est à partir de ce moment que la vie de Mme Aubichon a basculé. Ce qui n'était au départ qu'une bière de temps en temps avec des amis est vite devenu une caisse de 24 par jour, seule à la maison. Et lorsque la bière n'a plus eu d'effet sur son corps, c'est vers l'alcool fort qu'elle s'est tournée. «À 13 ans, l'alcool était déjà pour moi un problème», confie-t-elle.

Alors que ses amis allaient voir un film au cinéma ou allaient magasiner, Mme Aubichon investissait plutôt son argent de poche dans sa dépendance. «Je consommais chaque jour. C'était à tout moment. J'ai toujours consommé seule. Mes parents ne savaient pas que j'avais un problème. J'étais malgré tout une bonne élève à l'école et j'avais de bonnes notes. Je paraissais comme la petite fille parfaite. Toutefois, le soir, et parfois même à l'école, j'étais sous consommation.»

À 16 ans, toujours à la recherche d'adrénaline, elle a décidé d'essayer les amphétamines et la cocaïne. «Je mélangeais alcool et drogues. C'était chaque jour. J'en avais besoin. Je travaillais 25 heures semaine comme caissière au Canadian Tire et j'investissais tous là-dedans. Je n'avais pas d'argent pour me gâter.»

Malgré ses problèmes de drogue et d'alcool, Mme Aubichon a tout de même réussi «de justesse» à obtenir son diplôme d'études secondaires.

Constatant les problèmes de leur fille, ses parents lui ont alors fortement conseillé de consulter. «J'étais vraiment plus la même fille. C'était soit que j'allais en centre de désintoxication ou que je quittais la maison. Mes parents ne voulaient plus rien savoir. Moi, je continuais à me dire qu'il n'y avait pas de problème.»

En janvier 2015, Mme Aubichon franchit finalement les portes de l'organisme Portage, qui aide les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie. Les trois premiers mois, l'adolescente n'avait aucunement l'intention de changer ses habitudes de vie.

«Il faut vraiment que cela vienne de toi pour t'en sortir. Je m'en foutais au départ, souligne-t-elle. Après quelques mois, j'ai fait une rechute durant mon programme et c'est là que je me suis regardée dans le miroir et j'ai dit : "Faut que tu changes, car ce n'est pas à ça que tu veux ressembler."»

Le grand ménage

Depuis le mois de juin, Mme Aubichon a terminé sa cure de désintoxication. Elle a d'ailleurs renoué avec le sport et fait un grand ménage dans sa vie. «J'ai tassé le monde [à problème]», affirme-t-elle. «Le deuil d'une dépendance est quelque chose de difficile, mais une fois que c'est fait, c'est la plus belle chose que j'ai pu faire de toute ma vie.»

Samedi, elle a participé à la traversée à la nage du fleuve Saint-Laurent dont les fonds récoltés allaient à Portage. Une vingtaine de personnes, y compris le ministre sortant et candidat dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Steven Blaney, ont pris part à la troisième édition de l'événement, qui a permis de récolter 40 000 $.

«C'est surtout le courant et les vagues qui me faisaient le plus peur», soutient fièrement Mme Aubichon, qui a pris le départ à 12h15 au bassin Brown à Québec et a terminé sa course à 13h20 au parc de l'Anse-Tibbits, à Lévis.

Et pour les projets? «Recommencer à faire des triathlons, et l'un de mes défis serait de faire un Ironman», conclut celle qui souhaite poursuivre ses études et travailler en éducation spécialisée. «On m'a beaucoup donné. Maintenant, je veux redonner!»

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