Le fentanyl, un problème de société

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La Direction de santé publique de la Capitale-Nationale a répertorié 11 cas de surdoses sévères, dont trois décès, liés à la consommation de fentanyl au cours des derniers mois seulement.

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(Québec) Les trois décès liés au fentanyl enregistrés à Québec, rapportés dans Le Soleil de mercredi, s'ajoutent à une très longue liste au pays. Entre 2009 et 2014, 655 personnes ont trouvé la mort après une surdose de «la petite bleue», et encore plus si l'on considère les cas où cette drogue a été un facteur contributif.

Les drogues de synthèse, et particulièrement le fentanyl contrefait, ont fait l'objet de discussions au cours des derniers jours, au Centre des congrès de Québec. Les 350 dirigeants et experts invités par l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) ont fait le constat qu'il s'agissait de bien plus que d'un simple problème de drogue. Il s'agit aussi d'un problème de société.

«Ce n'est pas qu'une affaire de drogue synthétique, c'est un problème de crime organisé. [...] Ce sont les trafiquants qui permettent leur circulation dans nos rues», a déclaré Clive Weighill, président de l'ACCP, qui dressait mercredi un bilan du 110e congrès de l'Association.

«Depuis 2009, plus de 655 décès sont attribuables à la consommation de fentanyl», a-t-il poursuivi, citant un récent rapport du Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies. «Le nombre [de morts] est encore bien supérieur pour les cas où le fentanyl est un facteur contributif.»

À l'instar d'une précédente sortie sur la prévention de la radicalisation chez les citoyens canadiens, M. Weighill a fait appel à la communauté, mercredi, pour qu'elle soutienne les autorités dans la lutte contre les drogues. «Ce n'est pas une affaire purement policière. C'est un problème contemporain pour le Canada», a-t-il dit, s'adressant notamment aux parents et aux différents intervenants de santé publique.

Situation «sérieuse et préoccupante»

Par ailleurs, cette drogue 100 fois plus toxique que la morphine et 40 fois plus puissante que l'héroïne suscite l'inquiétude chez les spécialistes en santé communautaire de Québec, à la suite des trois décès et de 11 cas de surdose survenus dans les derniers mois. Une situation qualifiée de «sérieuse et préoccupante» par la Dre Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil à la Direction régionale de la santé publique de la Capitale-Nationale (DSP), qui invite la population «à la vigilance».

La vente de fentanyl sur le marché noir, sous la forme d'un comprimé bleu portant l'inscription A-215, a entraîné son lot de tragédies parmi les consommateurs de drogues, au point que la DSP, une fois alertée par la police, à la fin de juin, a rapidement diffusé des avertissements aux professionnels de la santé. Des bribes d'information non confirmées sur la présence de «la petite bleue» sur le marché clandestin circulaient alors depuis deux mois.

«Un groupe de travail a été mis sur pied et se réunit régulièrement afin de faire le point», explique la Dre Thériault, précisant que d'autres décès et surdoses liés à sa consommation n'ont pas été répertoriés ailleurs au Québec «pour le moment».

Utilisé d'abord pour le contrôle de la douleur au cours d'interventions chirurgicales, le fentanyl est parfois utilisé comme drogue récréative. À l'instar des opiacés, la substance entraîne des effets euphorisants et de bien-être.

«Mais si la dose est trop importante, poursuit la Dre Thériault, la personne peut se retrouver en détresse respiratoire. Sa respiration ressemble à un ronflement. Les lèvres deviennent bleues, la peau froide et moite. Il peut y avoir perte de conscience.» Les consommateurs intoxiqués, dont la moyenne d'âge était d'environ 30 ans, ont tous été conduits à l'hôpital pour y subir des manoeuvres de réanimation.

Selon la spécialiste, la vigilance est de mise lors de l'achat de ces comprimés contrefaits, souvent vendus comme de l'oxycodone. «C'est moins dispendieux que d'autres drogues, alors le prix peut entrer en ligne de compte. Il faut éviter de le prendre avec d'autres substances et ne pas consommer seul.»

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