Fêtes de la Nouvelle-France: le nouveau voyage de la dernière goélette

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(Québec) Le travail d'une vie se conclut mercredi pour le capitaine Didier Épars, propriétaire de la goélette Grosse-Île. C'est qu'après l'avoir acquise en 1992 et l'avoir restaurée depuis, M. Épars rend officiellement le navire patrimonial aux eaux du fleuve Saint-Laurent mercredi soir, alors que le public pourra y embarquer pour la première fois.

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«C'est un grand moment pour moi», a confié au Soleil le capitaine Didier Épars, empreint d'émotion. «C'est 20 ans de travail, 20 ans de vie.» 

Le Soleil, Frédéric Matte

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La goélette Grosse-Île

Le Soleil, Erick Labbé

«C'est un grand moment pour moi», confie au Soleil M. Épars, empreint d'émotion. «C'est 20 ans de travail, 20 ans de vie» qui aboutiront dans les prochains jours, alors que les planches du navire seront foulées par des centaines de curieux.

Des curieux qui voudront voir en action la «dernière goélette du fleuve Saint-Laurent», maintenue dans son état d'origine malgré les travaux de restauration qui y ont été effectués, tient à souligner M. Épars.

L'histoire de la goélette Grosse-Île débute en 1951, moment où elle est mise à l'eau pour la première fois. Le nom le dit, le navire, qui appartenait au ministère de la Défense, desservait à l'époque Grosse-Île. Pour les pieds non marins, une goélette est un voilier à deux mâts, dont le grand mât est normalement situé à l'arrière.

Plus de 40 ans après, Didier Épars achète le navire d'un particulier de La Baie dans l'optique d'y mener à bien un projet social, celui de participer à la réinsertion sociale de jeunes en difficulté en leur apprenant à travailler sur un bateau. La goélette Grosse-Île est le bateau idéal pour un tel projet, se dit-il à l'époque, car le travail d'équipe y est primordial. C'est que le navire, dont les mécanismes sont d'origine, nécessite le travail manuel de plusieurs matelots pour être maintenu à flot.

Bien vite, M. Épars, originaire de la Suisse et arrivé au Québec en 1979, réalise toutefois la valeur patrimoniale de sa nouvelle acquisition, et se met en tête de la restaurer. «Je ne savais pas à ce moment que ça me prendrait 20 ans à faire!»

Le capitaine n'est pourtant pas un passionné d'histoire, assure-t-il au Soleil, mais précise avoir une «passion pour l'authenticité».

Musée vivant

Au cours des 20 dernières années, il a donc complètement retapé sa goélette, tout en prenant bien soin d'y garder l'esprit d'origine. Il souhaitait y créer un «musée vivant». 

Des panneaux de métal ont par exemple été installés sur toute la longueur des deux mâts, comme ça se faisait à l'époque, afin d'en assurer une plus grande solidité. 

Le capitaine Épars, dont l'idole n'est nul autre que Samuel de Champlain, n'a également utilisé «que du bois de la forêt laurentienne» pour restaurer l'intérieur du navire. Le mélèze, le pin rouge, le pin blanc et le chêne rouge y sont donc abondants. Seuls changements à la structure d'origine : ceux nécessaires afin de respecter les normes canadiennes actuelles de navigation, et quelques petits changements qui ajoutent au confort des passagers, admet M. Épars.

Également, une cuisine au goût du jour et conçue selon les normes du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, car des repas pourront y être servis.

À son grand étonnement, M. Épars s'est, malgré tout ce travail acharné, buté à de l'incompréhension de la part du public et de financeurs potentiels, incertains de l'utilité de remettre en fonction un bateau d'époque.

Et pourtant, lance-t-il, «les goélettes ont ravitaillé tout le Canada depuis 400 ans!»

«Mon fonds de pension»

Par manque de financement public, la majorité de ses commanditaires proviennent donc du secteur privé, souligne l'instigateur du projet, et de sa poche personnelle. «Vous marchez présentement sur mon fonds de pension», lance-t-il d'ailleurs à la blague, alors que Le Soleil et l'équipage sillonnent le fleuve Saint-Laurent à bord du fameux navire, qui déploie toute sa prestance pour l'occasion. Il prend vie sous le regard attentif de cinq matelots, dont le capitaine Épars, qui manient sept voiles étalées sur un bateau long de 84 pieds.

Six sorties en goélette d'une durée d'environ trois heures seront offertes au public durant les Fêtes de la Nouvelle-France, qui s'amorcent mercredi. Quatre d'entre elles seront faites sous la forme d'une activité commentée, présentée à 10h de jeudi à dimanche, alors que deux autres sorties - non commentées - sont proposées mercredi soir et samedi à l'occasion des Grands Feux Loto-Québec.

Après les Fêtes de la Nouvelle-France, la goélette continuera d'offrir des croisières sur le fleuve Saint-Laurent, sous l'organisation de Didier Épars et de son entreprise, Goélette Grosse-Île. 

Et qu'adviendra-t-il du navire à l'hiver? Direction les Antilles, où M. Épars et son équipe continueront d'offrir des croisières, dans un décor un peu plus exotique.

Le capitaine Didier Épars, propriétaire de la goélette... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Le capitaine Didier Épars, propriétaire de la goélette Grosse-Île, Stéphan Parent, directeur général des Fêtes de la Nouvelle-France, et André Kirouac, directeur du Musée naval de Québec

Le Soleil, Erick Labbé

=> Aperçu des activités

Voici les activités incontournables des Fêtes de la Nouvelle-France, selon Stéphan Parent, le directeur général : 

  • Animation et ateliers sur la vie portuaire: Spécialistes en escrime ancestrale, chirurgien de navire et artisans notamment au menu; de mercredi à dimanche au bassin Louise 
  • 5 à 7 des Bouchées de la mer: dégustation de mets et de vins cadrant avec l'époque de la Nouvelle-France. Explications de l'historienne Catherine Ferland sur place; vendredi et samedi dès 17h à bord de la goélette Grosse-Île (prix : 55 $)
  • Reconstitution de la bataille de Phips-Frontenac: version théâtralisée de la célèbre bataille de 1690; samedi dès 21h au quai 22 du bassin Louise

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