Suicide: les médias invités à laisser de côté le sensationalisme

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«Il importe notamment de ne pas faire preuve de sensationnalisme, de ne pas évoquer le moyen choisi, de ne pas lier un événement malheureux à une seule cause, comme l'intimidation, et de ne pas glorifier ou romancer ce type d'évènement», écrit l'AQPS dans son avis.

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(Québec) Au lendemain de la médiatisation du suicide d'un adolescent originaire de Lévis, l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a lancé hier un avis aux médias, les invitant à éviter «le sensationnalisme» et à faire preuve de prudence dans le traitement de tels drames.

Prenant soin de ne viser aucun média, la porte-parole de l'AQPS, Catherine Rioux, a affirmé que cette mise en garde, qu'elle qualifie plutôt de rafraîchissement de mémoire, était déjà prévue depuis quelque temps. De récents drames intrafamiliaux, dont un survenu début juillet dans la région de Montréal, avaient déclenché la réflexion à l'AQPS.

Au bout de quelques minutes d'entretien, Mme Rioux a finalement admis que les reportages d'hier, témoignant du suicide d'un adolescent de Lévis, ont accéléré le processus, «surtout que c'est un jeune de 14 ans».

Dans les divers topos publiés ou diffusés vendredi, les parents du jeune homme, qui a commis l'irréparable une semaine auparavant, expliquent que leur fils était victime d'intimidation à l'école.

Selon l'AQPS, les motifs de la famille pour sortir ainsi publiquement étaient bons, eux qui souhaitaient lancer le message aux jeunes qui vivraient de l'intimidation d'en parler avant de plonger. «Le sujet étant très sensible, sa médiatisation peut contribuer à la prévention du suicide», a d'ailleurs souligné Mme Rioux.

Le coeur du message de l'AQPS concerne toutefois le traitement de l'information. Et les rappels, s'ils sont généraux, tournent autour du thème central du cas de Lévis, soit l'intimidation. «Il importe notamment de ne pas faire preuve de sensationnalisme, de ne pas évoquer le moyen choisi, de ne pas lier un événement malheureux à une seule cause, comme l'intimidation, et de ne pas glorifier ou romancer ce type d'évènement», écrit l'AQPS dans son avis.

Mme Rioux précise qu'il est encore plus important d'être prudent lorsqu'il s'agit d'adolescents. «On a voulu être rapide [à réagir]. Les jeunes, y'a un peu plus d'impulsivité dans leur action. Il y a certains suicides qui peuvent faire contagion», a-t-elle expliqué. Elle a cité en exemple le cas de Marjorie Raymond, dont l'histoire avait fait grand bruit en 2011, non sans conséquence.

La porte-parole de l'AQPS soutient qu'il est important de comprendre qu'un tel geste ne s'explique pas par une seule cause, mais bien par un ensemble de facteurs. L'intimidation «en est un parmi d'autres». Elle croit également que les ressources d'aide mises de l'avant au Québec, dont la ligne 1 866 APPELLE (277-3553), doivent être davantage citées. «Notre position, c'est pas qu'on n'en parle pas du tout. C'est un grave problème de santé publique. Il y en a 1100 par année, 3 par jour [données de 2012]».

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