Monastère des Augustines: durer encore 375 ans

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(Québec) Le monastère des Augustines, qui ouvrira ses portes le 1er août, compte profiter de la montée en flèche du tourisme de ressourcement et de mieux-être pour tirer son épingle du jeu. «C'est vraiment un segment qui est en croissance incroyable à l'international et on prédit qu'il n'y aura pas assez de lieux comme celui-ci pour répondre à la demande d'ici cinq ans», soutient Isabelle Duchesneau, directrice générale du monastère.

En conférence de presse lundi, la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines a remis les clés du bâtiment complètement rénové au monastère des Augustines, l'organisme sans but lucratif qui aura dorénavant pour mission de gérer le complexe hôtelier et muséal.

«Nous recevons en toute humilité un flambeau qui brûle depuis 375 ans», a déclaré Evan Price, président du conseil d'administration du monastère. «On ne sait pas ce que nous réserve l'avenir», ajoute M. Price, même s'il se dit confiant. Il souhaite que cet hôtel s'inscrive dans l'histoire et dure un autre 375 ans. 

Pour bâtir sa future réputation, l'organisation compte sur l'expérience client et le bouche-à-oreille. Ceux qui y séjourneront pourront profiter d'un programme laïc de mieux-être, incluant de la nourriture santé, de la méditation et différents ateliers. 

Déjà, le monastère a reçu un signe positif de l'industrie. L'organisation internationale Healing Hotels of the World lui a demandé de se joindre à son réseau, avant même l'ouverture officielle. «Ce n'est pas leur processus habituel. Normalement, ils vont visiter les établissements avant», explique Marcel Barthe, président du conseil d'administration de la fiducie.  

Seulement trois centres au Canada font partie de cette association. En plus du monastère des Augustines, il y a le Deerfields, tout près de Toronto et le Grail Springs Holistic Retreat & Spa, situé à Bancroft, en Ontario. 

L'équipe du monastère est aussi constituée de gens chevronnés de l'industrie hôtelière et touristique, ce qui devrait lui donner un coup de pouce. Mme Duchesneau a longtemps été enseignante en gestion hôtelière, M. Price est copropriétaire de l'Auberge Saint-Antoine, et il travaille sur le conseil d'administration avec Robert Mercure, dg du Château Frontenac, Claire Simard, ex-dg du Musée de la civilisation, et Robert Bouchard, cofondateur du groupe Conscientia. 

«Je ne vois pas le monastère comme de la compétition, parce que ce qu'il offre est complètement différent. On travaille plutôt à améliorer tous ensemble la destination qu'est la ville de Québec», explique M. Price.

Dernière touche

Lors de la visite de presse lundi, l'hôtel avait encore des airs de chantier de construction, alors qu'on complétait l'aménagement paysager et l'ameublement des chambres. Mais on nous assure que l'énorme chantier de 42 millions $, qui a duré deux ans et demi et fait travailler environ 1000 personnes, tire bel et bien à sa fin. 

«Ça a été l'un des plus importants chantiers de réhabilitation patrimoniale au Canada», soutient M. Barthe. Les Augustines ont déboursé 4,4 millions $, la Ville de Québec 6,3 millions $, tandis que les gouvernements fédéral et provincial ont complété la mise. 

Dans les petites chambres, la sobriété est de mise. Seules les courtepointes faites à la main ajoutent une touche de couleur. On a tout misé sur le confort des matelas, question que les touristes puissent jouir d'un sommeil réparateur. 

On achève également l'aménagement du musée, qui exhibera en permanence un millier d'objets ayant appartenu aux Augustines. «Nos mères n'étaient pas des collectionneuses. Mais elles avaient le sens de vouloir transmettre ce qu'elles vivaient», raconte soeur Lise Tanguay, supérieure générale. On a conservé par exemple les premières seringues, de même que le premier rein artificiel utilisé par le voisin du monastère, L'Hôtel-Dieu de Québec.

Les premières réservations pour les 65 chambres du monastère vont bon train, mais aucune date n'affiche encore complet, confirme Sébastien Vézina, responsable des communications.

Du répit pour les aidants naturels

D'ici trois à cinq ans, le monastère des Augustines prévoit s'autofinancer entièrement et même dégager des surplus. Mais on n'attendra pas jusque là pour perpétuer la mission sociale des Augustines, soit de donner du répit aux aidants naturels.

«Pendant que l'aidé est aidé par quelqu'un d'autre à la maison, l'aidant va venir se ressourcer ici», explique Marcel Barthe.

On prévoit aussi offrir des chambres à prix modique aux proches de malades qui séjournent à l'Hôtel-Dieu.

La vocation de l'hôpital du Vieux-Québec est toutefois appelée à changer dans les prochaines années. Celui-ci pourrait même être fermé. Dans ce cas, le monastère offrira le service aux hôpitaux environnants. «Mais on nous a informés publiquement qu'on travaille au maintien d'une certaine vocation santé à l'Hôtel-Dieu de Québec», soutient M. Barthe.

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