Allaitement en public: Québec toujours au neutre

Gatineau envisage la possibilité que certains de ses... (Photo Shutterstock, Dmytro Vietrov)

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Gatineau envisage la possibilité que certains de ses bâtiments se retrouvent sur La petite route du lait, une carte retraçant tous les lieux où il est possible d'allaiter sans tracas.

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(Québec) La Ville de Québec pourrait-elle en faire plus pour aider les mères qui choisissent d'allaiter leurs nourrissons? Alors que Gatineau est à implanter des mesures favorables à l'allaitement en public sur son territoire, la capitale est au neutre sur la question, ne s'étant dotée d'aucune politique et n'ayant pris aucune position sur cette pratique. Quoique le maire, Régis Labeaume, aime bien ce qui se trame en Outaouais.

La Ville de Gatineau a pris une longueur d'avance sur plusieurs municipalités de la province, en 2013, lorsque son conseil municipal a adopté une série de mesures visant à favoriser la pratique de l'allaitement dans les lieux publics municipaux. Une histoire de maman expulsée d'une piscine publique a poussé les autorités municipales à clarifier la situation auprès de la population, mais surtout chez les employés de la Ville.

«Depuis l'adoption de ces mesures par le conseil municipal, les employés municipaux concernés ont été informés que l'allaitement est permis n'importe où et n'importe quand», a expliqué Nancy Villeneuve, porte-parole de la Ville de Gatineau.

D'une pierre deux coups

De l'équipement a été acheté pour permettre aux mères d'allaiter lors de certaines activités extérieures organisées par la Ville et dans les propriétés municipales. Le logo international des destinations «Amis des bébés» doit être affiché dès cette année dans les endroits ciblés par l'administration municipale.

La Ville envisage également la possibilité que certains de ses bâtiments se retrouvent sur La petite route du lait - initiative du Centre intégré de santé et de services de l'Outaouais -, une carte retraçant tous les lieux, privés ou publics, à Gatineau comme en périphérie, où il est possible d'allaiter sans tracas.

Les démarches semblent fonctionner, du moins au dire de Yvan Moreau, responsable du développement communautaire à la Ville de Gatineau. Selon ce dernier, l'administration a fait une pierre deux coups. D'une part, «les femmes se sentent bienvenues», de l'autre, les employés, du surveillant de piscine occasionnel à l'employé permanent, sont au courant du droit d'allaiter des citoyennes.

Mis au parfum des mesures adoptées dans l'ouest de la province, Régis Labeaume s'est montré ouvert pour Québec, brandissant lui-même la question lors d'un bain de foule, il y a quelques semaines, dans Limoilou, à la vue d'une poussette.

Joint par Le Soleil, son attaché de presse, Paul-Christian Nolin, a confirmé que M. Labeaume avait bel et bien montré une certaine ouverture pour de telles mesures. Mais rien n'a encore avancé concrètement, a-t-il ajouté, prudent. «On n'en est qu'aux premiers balbutiements. [...] Nous sommes ouverts à toute mesure permettant d'améliorer la qualité de vie des citoyens.»

En attente d'un signal fort

Chez Mamie-Lait, groupe d'entraide à l'allaitement basé dans la capitale, il est clair qu'une prise de position de la Ville de Québec enverrait un signal fort à la population et aux employés municipaux.

«L'avantage d'une politique est que tout le monde est au courant. [...] Je pense que ce serait favorable pour toutes les mères, pour celles d'aujourd'hui et celles dans le futur», a affirmé Stéphanie Deschenes, consultante en allaitement chez Mamie-Lait. «[À Québec], on est encore au neutre. Ça pourrait être intéressant. Je sais qu'il [Régis Labeaume] avait ouvert les oreilles là-dessus.»

Selon elle, il est évident qu'il y a encore de l'éducation à faire auprès des citoyens sur l'allaitement. Et ce, même si la Santé publique de la province recommande déjà cette pratique qu'elle considère «meilleure pour la santé».

«On veut que t'allaites, mais pas trop longtemps, pis chez vous!» a-t-elle résumé. «C'est surtout vis-à-vis l'âge des bébés. C'est cute un bébé de 3 mois, mais un bébé de 13 mois qu'on allaite encore... Plus on va en voir, plus on va être ouverts. Notre limite psychologique est pas très élevée [au Québec].»

Pour l'instant, la seule politique d'allaitement à Québec semble résider dans le regard que portent les autres sur les jeunes parents. «On se demande vraiment à quelle place on peut sortir. Juste aller à l'épicerie, si le bébé se met à pleurer, tout de suite on voit les regards des gens qui se tournent vers nous», a-t-elle donné en exemple. Alors allaiter... «Il faut que ça bouge.»

«Le but, c'est de dire : "On met une politique de l'allaitement, mais on prend une politique de tous les bébés.'' Le but est de s'ouvrir aux parents, de dire "on vous aime", qu'on a le goût d'être une ville jeune, en santé, qui s'occupe des jeunes parents.»

Taux d'allaitement dans la région de la Capitale-Nationale selon l'âge du nourrisson

Lors du séjour en maison de naissance/centre hospitalier: 82 %

À 2 mois: 62 %

À 4 mois: 55 %

À 6 mois: 45 %

Source : Institut de la statistique du Québec, étude de 2005-2006

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