Le mariage gai légalisé partout aux États-Unis

L'avocats John Lewis (à gauche) et son mari... (Photo AP, Jeff Chiu)

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L'avocats John Lewis (à gauche) et son mari Stuart Gaffney, s'embrassent  devant l'Hôtel de ville de San Francisco après que la Cour suprême des États-Unis ait légalisé vendredi le mariage des homosexuels partout dans le pays.

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Chantal Valery
Agence France-Presse
Washington

«L'Histoire a été écrite!». Dans une décision qualifiée de toutes parts d'historique, la Cour suprême des États-Unis a légalisé vendredi le mariage des homosexuels partout dans le pays.
La nouvelle a été accueillie dans une explosion de joie sur les marches du temple de la justice américaine.

Partout, les drapeaux gays étaient agités et les comptes Twitter et Facebook de la Maison Blanche arboraient les couleurs arc-en-ciel. Une chorale gay de Washington a entonné un nouvel hymne national sur sa liberté de se marier.

«L'Histoire a été écrite, et vous en faites partie!», s'est félicitée la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU). «Ce moment a pris des décennies, c'est un jour incroyable pour la liberté et pour l'Amérique».

Le président Barack Obama s'est immédiatement réjoui de cette «grande étape dans notre marche vers l'égalité». «C'est une victoire pour l'Amérique», a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche, en félicitant tous ceux qui ont «passé des années, voire des décennies, à travailler et prier pour que le changement intervienne».

«Nous ne pourrions pas être plus fiers», a renchéri le vice-président Joe Biden, qui plaidait pour le mariage pour tous.

Deux ans jour pour jour après avoir décrété que le mariage n'était pas réservé aux couples hétérosexuels, la haute Cour a jugé que les 14 Etats américains (sur 50) qui refusent aujourd'hui d'unir deux personnes de même sexe devaient non seulement les marier mais en plus reconnaître leur mariage lorsqu'il a été célébré ailleurs.

Au nom de l'égalité de tous devant la loi, «le 14e Amendement requiert d'un Etat qu'il célèbre un mariage entre deux personnes de même sexe», a écrit le juge Anthony Kennedy, s'exprimant au nom de la majorité de la Cour suprême.

«Le droit au mariage est fondamental», a jugé la haute Cour, qui était saisie par seize homosexuels de quatre Etats interdisant leur mariage. «Les décisions sur le mariage font partie des plus intimes qu'un individu puisse prendre. Et c'est vrai de toutes les personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle», a ajouté le juge Kennedy.

Le jour anniversaire de ses deux précédentes décisions en faveur des gays (les 26 juin 2003 et 2013), la haute Cour a en outre réaffirmé que les couples homosexuels avaient les mêmes droits que les couples hétérosexuels de «satisfaire une association intime», et estimé que les Etats qui interdisent le mariage homosexuel «font du tort et humilient les enfants des couples de même sexe».

«Nous jubilons, pas seulement pour notre famille mais pour les centaines de milliers de familles dans ce pays», s'est exclamée l'une des plaignantes, April DeBoer.

Attendu pour être l'arbitre suprême dans cette décision, un juge conservateur connu comme un fervent défenseur des droits des gays, a ajouté son vote à celui des quatre juges progressistes pour permettre aux homosexuels de se marier aux quatre coins des Etats-Unis.

«La Cour a considéré la Constitution comme une chose vivante et noté que la société américaine était parvenue à une profonde reconnaissance de l'identité et de la dignité des gays, lesbiennes et bisexuels», a commenté à l'AFP le professeur David Cruz.

«Putsch judiciaire»

Le président de la haute Cour, John Roberts, s'y est opposé, ainsi que les trois autres juges conservateurs. Ils estiment que «cette Cour n'est pas une législature». «Que le mariage homosexuel soit une bonne idée ne devrait pas nous concerner» mais est du ressort de la loi, a écrit le juge Roberts.

Connu pour ses formules imagées, le juge ultra-conservateur Antonin Scalia a parlé de son côté de «putsch judiciaire» qui «vole au peuple la liberté de se gouverner lui-même».

«Aucune Cour ne peut renverser la loi de la nature», a abondé l'organisation Family Research Council, qui voit là «un abus de pouvoir».

La conférence des évêques catholiques américains a fustigé «l'erreur tragique» de la Cour qui «heurte le bon sens et les plus vulnérables d'entre nous, surtout les enfants», et promis de continuer à suivre l'enseignement divin qui fait du mariage «l'union d'un homme et d'une femme».

«Aucun tribunal, aucune loi, aucune règle ni aucune parole ne changeront la vérité simple que le mariage est l'union entre un homme et une femme», a protesté le ministre de la Justice du Texas, Ken Paxton, suggérant qu'il ferait de la résistance pour appliquer la décision.

Mais la ministre de la Justice Loretta Lynch a souligné qu'elle ne se faisait guère d'illusion: «les difficultés légales sont encore devant nous (...) et cette marche doit se poursuivre, cette cause perdurera jusqu'à ce que tous les Américains, quelle que soit leur orientation sexuelle, obtiennent l'égalité des droits qu'ils méritent».

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