Coupes dans les CPE: un «gros défi» à relever

Les coupes du gouvernement dans les CPE inquiètent... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les coupes du gouvernement dans les CPE inquiètent Pascale Turenne, directrice générale du CPE Patro Bouts d'Choux dans Charlesbourg.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les compressions gouvernementales de 74 millions $ imposées aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies privées subventionnées seront pour chaque établissement un «gros défi à relever», affirme la directrice générale du CPE Patro Bouts d'Choux, Pascale Turenne, inquiète pour les années à venir.

Le ministère de la Famille imposera aux CPE une réduction de 2,95 % de leur budget de fonctionnement, ce qui représente un montant de 36,9 millions $ pour 2015-2016. Québec prévoit aussi aller chercher 12,3 millions $ dans les surplus accumulés dans le réseau. Les bureaux coordonnateurs seront ponctionnés quant à eux de 2,3 millions $.

Jointe par Le Soleil vendredi, la directrice générale du CPE Patro Bouts d'Choux a confié que son établissement allait notamment devoir réévaluer la nécessité de chacun de ses postes à l'interne afin de pouvoir respecter son nouveau budget. Le CPE de Charlesbourg compte 19 employés et 80 places.

«Nous avons subi plusieurs coupures et gels par le passé. Nous avons déjà dû nous réorganiser et être créatifs», soutient au Soleil Mme Turenne, qui travaille dans le réseau des CPE depuis une quinzaine d'années. «Ce ne sera pas nécessairement des suppressions de postes, c'est plus une diminution au niveau du temps de travail.»

Pour l'heure, le conseil d'administration du CPE Patro Bouts d'Choux a formé un comité qui est chargé d'analyser l'importance de chacun des postes. «Lorsque l'on regarde où on peut aller chercher des sous, on pense à la préparation pédagogique, de la formation, des rencontres de parents et au niveau du matériel éducatif. C'est nos tout-petits qui en payent le prix!» ajoute la directrice générale. «On souhaite bien sûr que cela ait le moins d'impact possible sur la qualité du service. Pour y parvenir, il va falloir faire beaucoup de cabrioles».

Au cours des dernières années, le CPE Patro Bouts d'Choux a notamment dû couper plusieurs heures de travail dans l'administration et auprès de la responsable de l'alimentation. Avec une réduction de 2,95 % de son budget (1 300 000 $), c'est environ 38 350 $ qu'aura en moins dans ses poches le CPE.

«Les coupures de 2,95 % combinées à l'augmentation du coût de la vie, que ce soit, par exemple, pour l'alimentation ou le loyer, dans le concret, cela représente plus de 2,95 % d'augmentation», affirme Mme Turenne. «Les augmentations du coût de la vie, il faut aussi les assumer», ajoute-t-elle. «C'est inquiétant pour la suite des choses... surtout si l'on veut offrir le même service dans les années futures.»

Quant à la possibilité de couper dans les repas et les collations pour atteindre la cible budgétaire, Mme Turenne assure que cette option n'est pas envisagée pour le moment.

Pour ce qui est du fait que le gouvernement pige dans les surplus accumulés dans le réseau, la directrice générale estime que cela va avoir un effet direct sur le développement des CPE.

«Cette somme-là, ce n'est pas de l'argent que les corporations conservent pour un profit, c'est pour d'éventuels projets, comme l'entretien des bâtiments, le réaménagement de la cour, de nouveaux équipements», explique Mme Turenne. «C'est de l'argent qui retourne aux enfants. Par exemple, pour nous, nous avons un projet d'une deuxième installation de 60 places. Initialement, le projet devait voir le jour en 2016. Nous avons été reportés par le Ministère en 2020-2021. Si on n'a plus cet argent pour d'éventuels projets, certains pourraient être en péril. Personne ne nous a demandé pourquoi on conserve cet argent...», déplore-t-elle.

Pour les garderies privées subventionnées, Québec prévoit aller chercher 22 millions $ dans le fonctionnement avec une compression de 3,9 %. Les compressions qui entreront en vigueur le 1er août seront rétroactives au 1er avril.

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