Congés parentaux: le modèle québécois cité comme l'un des meilleurs du monde

Le fait que les pères puissent prendre un... (Photothèque La Presse)

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Le fait que les pères puissent prendre un congé payé à la suite de la naissance d'un enfant est une valeur ajoutée appréciable, faisant de la politique parentale québécoise un modèle à suivre.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le modèle québécois en matière de congés parentaux, dont peuvent autant profiter le père que la mère, est cité en exemple comme étant l'un des meilleurs du monde par le Center for American Progress, un institut de recherche politique indépendant à tendance progressiste qui milite pour l'adoption de mesures semblables aux États-Unis.

«La politique québécoise en matière de congés parentaux, c'est vraiment l'une des références au niveau international», lance Sarah Jane Glynn, directrice des politiques féminines au Center for American Progress, en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Tout d'abord, que le Canada ait une politique en ce sens, c'est déjà beaucoup mieux que les États-Unis, où dans plusieurs États, il n'y a pas de congé payé garanti. Ce qui est encore plus intéressant au Québec toutefois, c'est le fait que les congés parentaux puissent autant être utilisés par le père que par la mère. C'est un aspect qui permet d'annuler certains effets pervers des politiques familiales adoptées dans certains pays.»

C'est en 2006, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, qu'a été mis en oeuvre le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) à la suite de plusieurs mois de négociations avec le gouvernement fédéral.

Conséquences imprévues

Mme Glynn fait remarquer que certaines politiques familiales, comme celles permettant aux mères de travailler à temps partiel ou de bénéficier de sommes importantes lors d'un congé de maternité, peuvent indirectement freiner les possibilités d'avancement des femmes au travail.

«Lorsque les politiques s'adressent seulement ou surtout aux femmes, on constate que, même si c'est illégal, plusieurs entreprises vont moins embaucher les femmes pour éviter de devoir payer des congés de maternité», indique Mme Glynn.

Le Center for American Progress a également constaté qu'au Chili, où les employeurs sont tenus de fournir un service de gardiennage aux mères qui travaillent, les femmes gagnent des salaires moins élevés.

«Je ne dirais pas que ces politiques ont l'effet inverse de ce qui était prévu, mais plutôt qu'elles ont des conséquences imprévues. La façon d'éviter cela est de faire comme vous le faites au Québec, c'est-à-dire d'avoir une politique familiale neutre dont peuvent autant profiter les pères que les mères», poursuit Sarah Jane Glynn.

Paternité

Cet élément est important pour Mme Glynn, puisqu'il n'associe pas seulement la grossesse aux travailleuses, mais bien à l'ensemble de la main-d'oeuvre. «Ça devient quelque chose que font les êtres humains par opposition à quelque chose que les femmes font, donc les conséquences imprévues pour les femmes sont beaucoup moins présentes dans un régime comme le vôtre.»

Elle rappelle également qu'aux États-Unis, la plupart des pères prennent congé pendant deux semaines ou moins à la suite de la naissance d'un enfant. «Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas, c'est que dans leur cas, c'est souvent un congé non payé! On le voit au Québec : quand les pères ont accès à un congé payé à un taux intéressant, ils en profitent.»

Chez nos voisins du sud, la Californie, le Rhode Island et le New Jersey sont les seuls États à avoir des politiques parentales neutres, qui sont toutefois moins généreuses que le RQAP.

«Tout dépend aussi de la raison pour laquelle la politique parentale a été adoptée. Dans des pays comme la République tchèque, qui souhaitait augmenter son taux de naissance, on offre de longs congés de maternité et pas de congés de paternité, alors qu'au Québec, le but était aussi de promouvoir l'égalité des sexes», termine-t-elle en ajoutant que l'un n'empêche pas l'autre, puisque le nombre de naissances au Québec a augmenté de façon importante dans les trois années qui ont suivi l'adoption du RQAP.

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