Pensionnats indiens: «Un livre au complet sur un côté très obscur que le Canada a caché»

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L'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Michèle Audette

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) «Enfin, on ne peut plus se fermer les yeux», a réagi la leader autochtone, Michèle Audette, après le dépôt du rapport très attendu de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui a tranché que les pensionnats indiens ont contribué à rien de moins qu'un «génocide culturel» pendant plus de 100 ans.

«C'est honorable et positif, c'est un livre au complet sur un côté très obscur que le Canada a caché», a commenté l'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, qui a qualifié «d'audacieuse» la commission pour être allée aussi loin. «Ils [les commissaires] ont tout couvert, l'aspect social, économique, légal, la santé et l'éducation et les relations avec les gouvernements.» 

Le volumineux rapport contient 94 recommandations aussi variées qu'une plus grande indépendance des services policiers, une augmentation du financement du diffuseur public et l'instauration d'un jour férié en l'honneur des survivants. Les auteurs réclament aussi des excuses officielles du pape à l'endroit de ces victimes.

«Je ne suis pas naïve, la plupart de ces recommandations vont devenir poussiéreuses, mais est-ce que les militants, leaders et les élus ne pourraient pas en prendre quelques-unes et les mettre dans un plan d'action commun? Le pouvoir peut être très local, au sein d'une communauté ou d'une région comme la Manicouagan», propose Mme Audette.

Les commissaires demandent aussi à ce que les gouvernements fédéral, provincial et municipal adoptent et mettent en place la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans le cadre de cette «réconciliation». Innue de Mani-Utenam sur la Côte-Nord, Michèle Audette dit d'ailleurs croire à une réconciliation possible entre les gouvernements et les peuples autochtones. 

«Le gouvernement en place fait tout pour empêcher cette réconciliation, mais les autres partis d'opposition, ils ont réellement la chance d'avoir un livre avec des pages blanches et, cette fois-ci, d'écrire une histoire conjointe», soulève celle qui a récemment tenté, en vain, de remporter l'investiture libérale dans Manicouagan. «Ça peut prendre 40 ans, comme ça peut prendre 10 ans, mais j'y crois.»

Quelque 150 000 enfants ont fréquenté les 130 pensionnats autochtones du Canada, financés par le gouvernement pendant 120 ans. Le rapport de la commission révèle que la négligence était «institutionnalisée» et que les élèves ont été soumis à des sévices «physiques et sexuels». Le dernier établissement, situé près de Régina en Saskatchewan, a été fermé en 1996.

Le travail de la Commission de vérité et réconciliation s'est déroulé sur six ans, pendant lesquels 6750 survivants et témoins ont été entendus.

 

Avec La Presse canadienne

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