Policiers à l'entraînement: des balles par milliers

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Même s'il est très rare qu'ils aient à se servir de leur arme dans le cadre de leur travail, les policiers doivent se rendre au champ de tir afin de peaufiner leur technique. Par exemple, l'an dernier, chaque policier de la Sûreté du Québec a tiré environ 260 balles de 9 mm.

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(Québec) Vous pensez que les policiers québécois n'auront à dégainer leur arme de service qu'en de très rares occasions au cours de leur carrière? Détrompez-vous! Seulement à la Sûreté du Québec (SQ), les agents tirent environ 1,5million de balles 9mm par année, a constaté Le Soleil.

La SQ vient d'ailleurs de renouveler son contrat d'approvisionnement pour deux ans. Elle décaissera près de 1,5 million $ pour les trois millions de cartouches commandées.

À 5762 policiers recensés dans le rapport annuel 2013-2014, un calcul simpliste nous permet d'avancer que chacun des agents appuie sur la détente en moyenne plus de 260 fois par année!

Pourtant, un policier dégaine rarement dans le cadre de son travail. «C'est exceptionnel, très exceptionnel», confirme le sergent Hugo Fournier, un porte-parole de la SQ.

Alors, ils tirent sur qui ou sur quoi pour qu'on ait besoin de trois millions de balles? «Dans les cinq dernières années, ça varie entre 1million et 1,5 million de munitions qui sont commandées chaque année», expose-t-il. «[C'est] pour la requalification annuelle de tir pour chaque policier de la Sûreté.»

«Chaque policier doit se requalifier chaque année en tir pour être en mesure de manoeuvrer son arme de façon convenable, d'exercer son travail avec l'arme.»

Puisque tous les agents ont un pistolet Glock, ils doivent tous se présenter au centre de tir (en théorie), explique le sergent Fournier. «Chaque policier de la Sûreté est armé, que ce soit un enquêteur, un officier ou un patrouilleur. Donc, ils doivent tous se requalifier annuellement.»

Pas comme dans les films

Et ça ressemble à quoi une requalification en tir? Oubliez tout de suite l'imaginaire des films d'action américains dans lesquels les agents armés sautent, puis font une pirouette avant d'abattre un mannequin de bois se levant subitement... Les participants se rendent simplement dans un centre de tir. Au bout de la salle, il y a des cibles. «Il y a différentes techniques; rapproché, plus loin.»

«Notre arme peut tirer plusieurs balles en quelques secondes. C'est vite passé, 200 [balles].»

Et, dans les autres corps policiers, la règle imposant la visite annuelle au club de tir est-elle la même? Oui.

Au Service de police de la Ville de Québec, par exemple, le policier doit participer à deux séances de tir par année, explique Pierre Poirier, agent aux communications. Chaque fois, il utilise 30balles de 9 mm dans son «pistolet Walther [P990 action double]». Total, 60munitions, plus quelques cartouches de pratique. À multiplier par 30 officiers-cadres, 692 policiers réguliers et 155 temporaires.

Des absents au champ de tir

Tous les policiers du Québec sont obligés de participer chaque année à une classe de tir pour maîtriser leur arme de service... On est pourtant loin du compte.

La réglementation encadrant le travail policier est claire. S'il porte une arme, l'agent doit être formé une fois l'an pour s'en servir, confirme Alexandra Paré, des relations médias du ministère de la Sécurité publique. «Il est inscrit à la pratique policière "Armes de services, armes de support" que le directeur d'un corps de police s'assure que tous les policiers à qui il remet une arme de service ou de support se requalifient au moins une fois l'an, selon les normes établies par l'École nationale de police du Québec.»

Il appartient aux chefs des différents services d'appliquer la règle. «Chaque corps de police voit à la qualification de ses propres policiers», corrobore Andrée Doré, conseillère en communication de l'École nationale de police.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) traîne cependant la patte. Seulement 5 % des 4613 policiers avaient renouvelé leurs qualifications en tir durant l'année 2013, avait révélé le Journal de Montréal. Nous avons demandé au SPVM s'il s'était ressaisi en 2014... On n'a pas été en mesure de nous fournir les données.

«C'est 80 % à la Sûreté [du Québec]», note pour sa part le sergent Hugo Fournier, du service des communications. N'est-ce pas censé être 100 %? «Oui effectivement. Normalement, ce devrait être 100 %. Par contre, il y a des situations particulières qui font que les gens ne se requalifient pas : grossesse, maladie et compagnie.»

Et au Service de police de la Ville de Québec? Pierre Poirier, agent aux communications, répond par courriel : «En 2014 : qualifications à environ 97 % [le 3 % restant sont en raison de maladie, non-disponibilités, etc.].»

****

Qui forme les policiers en tir?

Au Québec, c'est l'École nationale de police qui forme les «moniteurs»: «On en a 257 qui sont répartis dans les 31 corps de police», détaille Andrée Doré, conseillère en communication. Une fois le «moniteur» rentré à la maison, c'est lui qui s'occupe de la formation locale de tous ses collègues. La première fois qu'un candidat moniteur se présente à Nicolet, il y séjourne deux semaines et dégaine en grand: «On parle d'environ 850balles par personne.» Il devra ensuite revenir tous les trois ans pour se rafraîchir; ce sera alors autour 150 balles en deux jours.

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