Le journaliste sportif Albert Ladouceur s'éteint à l'âge de 63 ans

Albert Ladouceur luttait contre un cancer du pancréas, dont... (Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil)

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Albert Ladouceur luttait contre un cancer du pancréas, dont il avait appris l'existence le 12 août 2013.

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(Québec) Le journaliste sportif Albert Ladouceur est décédé samedi à l'âge de 63 ans.

Il combattait un cancer du pancréas depuis près de deux ans. Malgré la maladie dont il avait appris l'existence le 12 août 2013, M. Ladouceur n'a jamais baissé les bras. Il n'a jamais eu peur de parler ouvertement de son cancer. D'ailleurs, au mois d'avril 2014, il a publié un livre aux Éditions de l'homme, Déjoué par le cancer, dont la préface était signée par l'ex-Nordiques Peter Stastny. Il y a quelques semaines, il a publié un autre bouquin, Raconte-moi les Nordiques.

«Il s'accrochait à l'espoir de voir l'amphithéâtre», a confié Alain Crête, qui est venu saluer à l'hôpital M. Ladouceur vendredi à Québec. «J'ai connu Albert en 1984 ou en 1985, alors que je commençais à faire la description des matchs des Nordiques. Ç'a cliqué entre nous de façon extraordinaire. Non seulement nous avons été des collègues de travail, mais nous étions également des amis. Même lorsque j'ai quitté Québec pour Montréal, nous sommes restés en contact. Albert a été un complice dans ma vie professionnelle et personnelle. C'était un compagnon de tout instant. Il représente un pan de ma vie que je n'oublierai jamais.»

Recruté en 1973 par le Montréal-Matin, M. Ladouceur a toujours été un amoureux des sports. Il a contribué durant quelques années à la couverture des matchs du Canadien de Montréal.

C'est en 1978, lorsque le quotidien montréalais a fermé ses portes, qu'il a fait ses valises pour la capitale pour se joindre à l'équipe du Journal de Québec. Il se verra alors confier la couverture des Nordiques à temps pour le début de la saison 1979, la première de l'équipe dans la Ligue nationale de hockey (LNH) après la fusion avec l'Association mondiale de hockey. Il a d'ailleurs couvert toutes les saisons des Nordiques jusqu'au déménagement de la formation en 1995 au Colorado.

«C'est triste de savoir qu'Albert nous a maintenant quittés. Nous avons eu dernièrement une visite de l'amphithéâtre avec lui», souligne Dave Pichette, qui a porté les couleurs des Nordiques de 1980 à 1984. «Depuis l'âge de 20 ans que je le connais. C'était un gars qui était respecté. Il a fait un travail extraordinaire avec nous dans le temps des Nordiques.»

Lors de sa visite du nouvel amphithéâtre, en compagnie d'une douzaine d'anciens joueurs des Nordiques, M. Ladouceur avait confié dans un article du Journal de Québec «avoir le sentiment du devoir accompli». «Juste de voir que tout le monde a répondu positivement à l'invitation, c'est venu me chercher. Aujourd'hui, j'ai une relation différente avec les anciens joueurs des Nordiques, et il existe une camaraderie entre nous. En cette période difficile, j'ai le sentiment du devoir accompli.[...] Je pense qu'on peut être fiers. C'est une superbe bâtisse. Je pense qu'une fois qu'elle sera terminée, les Québécois pourront se bomber le torse», avait-il ajouté au sujet de l'amphithéâtre.

Malgré son long combat face à la maladie, M. Ladouceur a continué de publier des chroniques dans le Journal de Québec. Son dernier papier remonte au 17 avril et s'intitulait «Un choix pour une équipe dans le pétrin».

En plus d'une longue carrière à couvrir des matchs de hockey, M. Ladouceur a aussi fait sa marque dans le domaine de la boxe.

Dans une entrevue qu'il avait accordée en octobre 2013, il avait d'ailleurs cité sa couverture du combat de championnat du monde des poids lourds entre Muhammad Ali et Leon Spinks, en septembre 1978 à La Nouvelle-Orléans, comme l'un des moments les plus mémorables de sa carrière.

Avec La Presse Canadienne

«J'aimais beaucoup Albert, un homme simple et chaleureux, une belle personne. Il y a quelques semaines, je l'ai accompagné lors de sa dernière visite à l'amphithéâtre. Je conserverai précieusement le souvenir de cette rencontre où, malgré sa très grande fatigue, Albert avait tenu à profiter de chacun des instants.»

Régis Labeaume, maire de Québec

«J'ai été en compétition avec Albert durant plus de 30 ans. C'était une saine compétition. Il était un gars enjoué et agréable de compagnie.»

Maurice Dumas, ancien journaliste et chroniqueur sportif au Soleil

Il n'y aura pas un autre Albert

Albert, c'était un ami. Quand je suis arrivé sur le beat des Nordiques au milieu des années 80, il était déjà solidement implanté dans le milieu. Concurrent ou pas, il m'a accueilli à bras ouverts et m'a fait découvrir toutes les villes de la Ligue nationale. Comme guide touristique, on ne pouvait demander mieux. Et aussi étrange que cela puisse sembler, j'ai travaillé plus souvent avec Albert qu'avec les collègues de mon propre journal.

Je suis triste, mais nous savions tous comment ça se terminerait le jour où il nous a annoncé qu'il combattait cette terrible maladie. Je suis triste, mais aussi soulagé de savoir qu'il a trouvé la paix.

Albert était le gars qui connaissait tout le monde... et que tout le monde connaissait. Un gars sociable comme pas deux. C'était sa marque de commerce. Un gars de détails aussi. Depuis le jour que je l'ai rencontré au milieu des années 80, il n'a jamais raté un de mes anniversaires. C'était immanquable, le téléphone sonnait toujours le 16 avril. Cette année, j'étais un peu inquiet parce qu'il était certainement passé 21h et je n'avais pas encore eu de ses nouvelles. Mais le téléphone a fini par sonner. On a jasé une quinzaine de minutes, il s'est excusé d'être un peu confus parce que le dosage de sa médication lui causait quelques problèmes. C'est la dernière fois qu'on s'est parlé.

Anecdote : Autant Albert était un ami, autant il voulait les exclusivités. Dans le bon vieux temps, avant Internet et les cellulaires, nos sources d'information lorsqu'on débarquait dans une autre ville, c'était les journaux. Le rusé Albert s'arrangeait toujours pour arriver le premier au kiosque à journaux de l'hôtel et achetait tous les journaux qu'il jetait à la poubelle... sauf son exemplaire bien à lui. On a fini par comprendre... Kevin Johnston

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