Église Saint-Jean-Baptiste: le chantier-école pour les artisans a la cote

C'est dans quatre jours que sera fermée l'église... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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C'est dans quatre jours que sera fermée l'église Saint-Jean-Baptiste. À l'aube de ce moment fatidique, plusieurs s'activent afin de sauver le bâtiment patrimonial en lui trouvant une nouvelle vocation.

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(Québec) Des apprentis forgerons, ferblantiers et maçons pour travailler sur l'église Saint-Jean-Baptiste? L'administration Labeaume aime bien la perspective de voir le bâtiment patrimonial servir de chantier-école pour permettre à des jeunes artisans d'assurer la relève de ces métiers en voie de disparition.

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L'église Saint-Jean-Baptiste

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La conseillère responsable du patrimoine, Julie Lemieux, ne cache pas son enthousiasme devant le projet de Chantiers-apprentissages sur lequel planche la Fondation Saint-Roch depuis plus de quatre ans.

«C'est vraiment porteur», a-t-elle indiqué au Soleil mercredi. En plus de toucher le patrimoine, le concept permet aussi la «transmission du savoir-faire». «Il réunit de bons ingrédients», a illustré Mme Lemieux.

La veille, en toute fin de conseil municipal, l'élue avait partagé son vif intérêt.

«La Fondation Saint-Roch travaille depuis de nombreuses années et a réussi à aller chercher des partenaires», avait-elle expliqué lors d'un échange portant sur le sort de l'église Saint-Jean-Baptiste.

L'idée de Chantiers-apprentissages de ce qui s'appelle informellement l'Institut québécois des métiers patrimoniaux du bâtiment est de permettre à des apprentis de s'exercer au métier directement sur le terrain en lien avec une formation donnée par un cégep. 

Il ne s'agit pas d'une école, mais plutôt d'une formation itinérante qui se terminerait pas l'obtention d'un diplôme collégial. 

Un peu comme dans la légendaire tradition française des Compagnons, ce type de formation pratique est basé sur l'apprentissage de personne à personne de métiers parfois pointus comme plâtrier traditionnel, couvreur ornemaniste ou tailleur de pierre. 

Jumeler les ambitions de la Fondation Saint-Roch au contexte actuel de la recherche sur l'avenir de l'église Saint-Jean-Baptiste apparaît plus que pertinent aux yeux de Julie Lemieux. «Ils cherchent un lieu pour incarner cet Institut et l'église Saint-Jean-Baptiste pourrait être un lieu exceptionnel», a commenté Mme Lemieux.

«On a envie d'approfondir ce projet-là parmi d'autres. Évidemment, ce ne sera pas le seul qui pourrait faire vivre l'église, mais on pourrait réduire les frais de rénovations avec un projet comme celui-là», a ajouté l'élue.

Réjouissance et prudence

À la Fondation Saint-Roch, la directrice générale, Magali Lavigne, se réjouit de cet appui public de la vice-présidente du comité exécutif.  

«On en est très, très heureux on aimerait relever le défi», a-t-elle dit au Soleil. 

Elle est toutefois restée prudente car il «reste beaucoup de choses à voir», a-t-elle nuancé.

N'empêche, si le passé est garant de l'avenir, l'idée pourrait faire son chemin alors que les relations de la Fondation Saint-Roch avec la Ville de Québec ont toujours été excellentes, selon Mme Lavigne.

«La Ville nous soutient, nous a conseillés. Ils voient tout le potentiel que ça peut apporter», dit-elle à propos des fonctionnaires des divisions du patrimoine, de la culture, de l'urbanisme, par exemple. Des personnes «intelligentes» envers qui Mme Lavigne ne tarit pas d'éloges.

Et être impliquée dans la restauration et la recherche d'une vocation pour une église ne serait pas une première, précise la directrice générale. La Fondation Saint-Roch a en effet été au centre des transformations de l'église Jacques-Cartier en coopérative où elle a actuellement ses locaux et du sous-sol de l'église Saint-Roch.

À l'époque, les gens de la Ville «ont été extrêmement aidants», dit-elle. Il est donc normal, estime Mme Lavigne, «qu'avec cette collaboration il y ait une ouverture» pour les Chantiers-apprentissages. «S'ils voient la pertinence, on serait très heureux de continuer dans cette veine», a-t-elle conclu.

Campagne citoyenne pour la sauvegarde du bâtiment

À quatre jours de la fermeture de l'église Saint-Jean-Baptiste, une «campagne de participation citoyenne» est lancée en ligne afin de sonder la population sur la nouvelle vocation à donner à ce vénérable lieu de culte. 

«L'église va rester debout que si les gens s'expriment. On a besoin de ce mouvement de base fondamental qu'est la volonté populaire. C'est une belle occasion de faire rêver la région sur les transformations possibles», a expliqué, mercredi en point de presse, dans l'église menacée de disparition, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, flanquée pour l'occasion de la conseillère municipale Anne Guérette et du président du conseil de quartier de Saint-Baptiste, Louis Dumoulin.

Ce geste est qualifié de «premier pas» en vue de trouver des alternatives à la sauvegarde de ce lieu patrimonial vieux de 130 ans, dont les frais d'entretien et de chauffage étaient devenus trop lourds à porter pour la fabrique au fil des ans. «C'est bien beau donner de l'argent, mais encore faut-il savoir pour quoi», estime Mme Maltais.

La sauvegarde de l'édifice passe par «une pluralité de fonctions, croit Anne Guérette. Il faut faire émerger des idées, à travers des projets réalistes, crédibles et viables à long terme. Le projet doit être porté par une voix collective forte.»

La députée Maltais se dit incapable d'imaginer la démolition de ce «monument national» qui sert à de multiples fonctions communautaires. «Imaginez une boule de démolition traverser cette église. Il y aurait un tollé international...»

Les citoyens intéressés à se faire entendre sont invités à se rendre à l'adresse votepour.ca/eglise. Le questionnaire a été fabriqué à partir de conseils d'experts en architecture et en protection du patrimoine «dans le but de générer de la valeur pour tous les acteurs qui réfléchiront sur les projets à venir». Les premiers résultats de la consultation seront dévoilés au début du mois prochain, lors d'une assemblée publique du conseil de quartier. 

Dans l'intervalle, une page d'histoire se tournera, dimanche, à 10h30, alors que l'abbé Pierre Gingras présidera un ultime office religieux. Les reliques seront ensuite transférées à l'église des Saint-Martyrs-Canadiens.

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