Requiem pour l'église Saint-Jean-Baptiste

L'église Saint-Jean-Baptiste... (Le Soleil, Yan Doublet)

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L'église Saint-Jean-Baptiste

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le dimanche 24 mai, à l'heure du midi, les cloches de l'église Saint-Jean-Baptiste retentiront pour la dernière fois dans le faubourg Saint-Jean, après une ultime célébration eucharistique. De guerre lasse, incapable de trouver le financement adéquat pour assurer son entretien, le conseil de fabrique jette l'éponge et s'en remet aux autorités gouvernementales pour trouver une nouvelle vocation au temple.

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Le curé Pierre Gingras présidera sa dernière messe à l'église Saint-Jean-Baptiste le 24 mai, jour de la Pentecôte. «Si l'église pouvait parler, je suis certain qu'elle nous dirait à peu près ceci : "Je suis en paix. Ma mission au milieu de vous est accomplie, mais sachez que la vôtre continue."» 

Le Soleil, Yan Doublet

L'abbé Pierre Gingras et les membres du conseil avaient le coeur lourd, mardi midi, en officialisant la fermeture de cette église vieille de près de 130 ans qui, à ses heures de gloire, accueillait jusqu'à 2500 fidèles le dimanche. L'entretien de l'édifice rognait une part de plus en plus importante du budget: quelque 800 000 $ depuis un an; plus de 5 millions $ depuis la fin des années 90.

Le responsable du département des fabriques au diocèse, Rémy Gagnon, estime l'ampleur des travaux à venir entre 10 et 12 millions $, à des années lumière des capacités financières de la paroisse. «Si rien n'est fait, la situation va devenir très grave. Les coûts vont grimper de façon exponentielle.»

«Comme organisme qui vit de la charité publique, on a donné tout ce qu'on pouvait, on ne peut plus continuer. À une autre instance de prendre la relève», laisse tomber l'abbé Gingras. L'église ne sera pas réduite à l'état profane (désacralisée), mais toutes les reliques seront transférées à l'église des Saint-Martyrs-Canadiens, coin Murray et Père-Marquette.

Pour la suite des choses, la balle est dans le camp du ministère québécois de la Culture, du Conseil du patrimoine religieux du Québec et de la Ville de Québec, fait-on valoir. Une table de concertation, de qui «on souhaite des réponses rapides», planche sur des pistes de solutions. On évoque, çà et là, une salle de réception ou de concert, un endroit pour accueillir les archives de l'Université Laval, mais encore rien de concret.

«Je verrais bien une école d'arts et métiers traditionnels pour enseigner l'art du vitrail, la sculpture ou la dorure, avance l'abbé Gingras. On ferait d'une pierre deux coups : on préserverait l'église et des métiers à l'abandon.»

Dans l'intervalle, le conseil de fabrique assurera «l'entretien minimal» à compter de la fin du mois. «Ce sera chauffé pour que rien ne se détériore, mais on s'entend qu'on ne cirera pas les planchers trois fois par année...», lance, sarcastique, l'abbé Gingras.

Distance malsaine

La messe de Pentecôte du 24 mai en sera une émotive, croit l'abbé Gingras, ajoutant que cette fête religieuse évoque aussi la renaissance. «On ne ferme pas un tel monument sans prendre le temps de bien faire les choses. Il y aura des rites accompagnateurs. Ce sera aussi l'occasion pour les paroissiens de se remémorer de beaux souvenirs.» Sur le plan personnel, le prêtre gardera toujours en mémoire les célébrations de la fête nationale qui se terminaient avec un dîner urbain, sur le parvis de l'église.

«Mais ce qui me fait le plus de peine, c'est la non-reconnaissance, le manque de respect à l'égard de ce qu'ont bâti nos ancêtres. À l'heure actuelle, au Québec, il y a une sorte de distance malsaine, voire de mépris, à l'égard de notre patrimoine religieux.»

Bâtiment classé immeuble patrimonial

Construite entre 1881 et 1886 après l'incendie du faubourg Saint-Jean par l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy, l'église Saint-Jean-Baptiste est un élément incontournable du patrimoine religieux de Québec. Sa valeur patrimoniale témoigne de l'influence du style Second Empire. Le clocher couronné d'une flèche conique rappelle l'influence de l'architecture des châteaux français, à la fin du XIXe siècle à Québec. L'intérieur du temple rassemble une grande richesse artistique, dont un baldaquin signé François-Pierre Gauvin (1912), un orgue de Napoléon Déry, reconstruit par la maison Casavant (1921), et des vitraux de la maison Bernard Leonard (1887). Le bâtiment a été classé immeuble patrimonial en 1991. 

Source : Guide d'autovisite Saint-Jean-Baptiste  

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