Séisme au Népal: au coeur du désastre

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Isabelle Carrière et son conjoint visitaient un temple quand la terre s'est mise à trembler furieusement. Ces temples en ruines montrent la désolation qui règne dans le pays.

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(Québec) «Les temples s'effondraient tout autour. Ça nous a pris un moment pour comprendre ce qui s'est passé. Il y avait plein de poussière. On ne voyait plus le temple où on était assis 2-3 minutes plus tôt; il s'est effondré aussi. Il y avait des débris partout, qui volaient dans tous les sens. Les oiseaux criaient. Très traumatisant. [...] J'ai attrapé mon conjoint et nous nous sommes accrochés l'un à l'autre. Je me souviens de lui avoir répété plusieurs fois : "Je t'aime" en le serrant dans mes bras.»

Après un long voyage qui l'a menée dans... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Après un long voyage qui l'a menée dans de nombreux pays, Isabelle Carrière rentrera bientôt à la maison. Elle n'oubliera jamais son périple au Népal. 

Photo tirée de Facebook

Mardi, Isabelle Carrière a pris le temps de nous raconter le Népal post-tremblement de terre. Surtout, le dédale administratif canadien pour obtenir de l'aide, pour revenir à la maison. «On veut rentrer près de nos familles.»

Ici, c'était la fin de l'avant-midi. Là-bas, c'était la nuit. Elle a néanmoins généreusement échangé avec nous durant près de deux heures.

Alors, le gouvernement canadien soutient-il Mme Carrière et son conjoint? Comme les autres compatriotes québécois et canadiens, ils dorment sous de grands chapiteaux installés par l'Oncle Sam dans la cour d'une organisation étatsunienne qui les a accueillis. Et ils mangent des rations militaires aussi étatsuniennes : gruau, ratatouille, lasagne végétarienne, penne... «Les Américains prennent un excellent soin de nous.»

Le soir du séisme, les deux employés du consulat canadien de Katmandou leur ont bien offert l'asile... «On s'est tous assis sur la pelouse de la petite cour centrale et on a attendu que ça passe.» Mais, le lendemain matin, on leur a demandé de partir.

«On a pris refuge à l'ambassade des UK [Angleterre] lorsqu'on a compris qu'on ne pouvait pas rester au consulat. Ils nous ont acceptés temporairement. Ils nous ont ensuite transférés au camp des États-Unis», raconte Isabelle Carrière.

Maintenant? «On fait des allers-retours entre le consulat et l'AMA [American Mission Association, là où ils logent]. On s'occupe comme on peut. Quand on a du WiFi [Internet], on contacte la famille. On cherche de l'info...»

«Les premières journées, c'était vraiment stressant, car les secousses étaient régulières.» Mardi, les plaques tectoniques s'étaient calmées. Mardi aussi, finalement, des diplomates canadiens sont débarqués sous les chapiteaux étatsuniens.

Et la suite de l'histoire, c'est quoi? On leur offre des places dans des avions militaires mercredi et jeudi; direction New Delhi, capitale de l'Inde. Après? «Après, on doit se débrouiller pour trouver un autre vol. [...] Ce n'est pas la meilleure option pour nous.» L'assurance voyage ne veut pas payer.

Toujours sous le choc

À 22h, heure de Katmandou, mardi, Isabelle Carrière répondait aux questions du journaliste en pianotant sur son cellulaire. Toujours sous le choc, elle ne savait pas quoi faire. «On réfléchit à nos options.»

Depuis son dortoir d'urgence, les images s'entrechoquaient dans son récit. Quand la terre a tremblé, samedi vers midi, les amoureux venaient de débarquer au Népal. Ils ont visité les temples d'un square protégé par l'UNESCO. Fatigués, ils sont descendus d'un monument sur lequel ils se reposaient. Ils n'ont fait que quelques pas... Le monument en question n'existe plus.

«On était encore sur le site, dans un espace un peu ouvert, une chance énorme. [...] Ça a duré longtemps, la première secousse. C'est incroyable qu'on ne soit pas blessés.»

Après le grand coup initial, le sol a bougé à plusieurs reprises. Isabelle et son copain étaient foudroyés. Ils sont restés sur place durant plus de quatre heures. Quatre heures, plantés. «On tremblait tous tellement le niveau de stress était élevé. On ne savait pas où aller. On se sentait impuissant et démuni.»

«On a vu un corps qui s'est fait sortir des décombres. Plusieurs blessés avec de graves blessures. J'ai vu une femme avec la tête enfoncée d'un côté... Des images qui sont extrêmement dures et bien trop horribles.»

Un couple de touristes originaires du Liban a alors trouvé les coordonnées du consulat canadien, où ils se sont rendus. Ce n'est que le lendemain, après une courte nuit, qu'ils ont osé retourner dans le quartier de leur hôtel. Surprise. L'hôtel voisin, collé sur le leur, n'existait plus. «Il s'est effondré dans la fontaine sacrée en face, se remémore Isabelle. Il y avait des corps enroulés dans une couverture près de l'hôtel en ruines.»

Chaque nouvelle secousse fait sursauter son coeur. Trop d'émotions. Voilà qui mettra un terme à son voyage autour du monde. Isabelle, qui a grandi à L'Assomption, a pris son envol le 9 août. «J'ai fait le chemin de Compostelle en France et en Espagne. J'ai retrouvé mon copain en Thaïlande. On a visité ensuite le Myanmar, le Cambodge, le Laos, la Malaysie, l'Indonésie et maintenant le Népal...» La prochaine destination sera moins exotique, plus familière.

L'hôtel où séjournait Isabelle Carrière est encore debout,... (Photo fournie par Isabelle Carrière) - image 2.0

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L'hôtel où séjournait Isabelle Carrière est encore debout, alors que l'hôtel voisin s'est complètement effondré. 

Photo fournie par Isabelle Carrière

Marche de solidarité à Québec

La diaspora népalaise et bhoutanaise de Québec organise une marche de solidarité samedi. On veut s'exprimer, s'activer, se souvenir des disparus et célébrer les survivants du puissant séisme qui a secoué le Népal samedi. Aussi, on poursuivra la collecte de dons pour la Croix-Rouge. Le rendez-vous d'abord prévu au Colisée devra finalement avoir lieu au parc Cartier-Brébeuf, dans le quartier Limoilou, à 13h. Mardi, au moment de mettre sous presse, les organisateurs attendaient toujours l'approbation du trajet par les policiers. Normalement, la troupe déambulera dans les rues jusqu'au parvis de l'église Saint-Roch, sur Saint-Joseph. Pour des détails, une page a été créée sur le réseau Facebook : Marche de solidarité pour le Népal. On peut également appeler au Marché Népalais au 581 981-7883.  

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