Des accidentés de la route font la grève de la faim

Nadia Grenier, de Saint-Romuald, se bat depuis bientôt... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Nadia Grenier, de Saint-Romuald, se bat depuis bientôt quatre ans pour faire reconnaître ses droits auprès de la SAAQ, à la suite de multiples séquelles découlant d'un accident de voiture.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Près d'une quarantaine de victimes d'accidents de la route, devenues inaptes au travail, prennent les grands moyens pour se faire entendre par la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ). À compter de mercredi matin, dans la foulée d'une manifestation devant l'Assemblée nationale, la plupart entameront une grève de la faim afin d'obtenir des réformes dans le traitement des demandes et des versements d'indemnités.

Nadia Grenier, l'une des instigatrices de la manifestation, n'est que l'ombre d'elle-même depuis qu'un accident de la circulation, sur le boulevard de la Rive-Sud, à Lévis, l'a laissée avec de multiples séquelles, il y a quatre ans. La jeune femme de 36 ans n'a jamais pu reprendre son travail de préposée auprès d'élèves handicapés, à la commission scolaire des Navigateurs. La SAAQ lui a coupé ses indemnités en mai 2012, les experts de l'organisme prétextant qu'elle pourrait être embauchée dans un hôpital. Un non-sens que la principale intéressée, diminuée physiquement, s'évertue à leur faire comprendre.

Douleurs chroniques et séquelles permanentes font maintenant partie du quotidien de la mère de famille de Saint-Romuald. «Tous les jours, la douleur est là. J'ai les articulations très raides. Après avoir pris ma douche, je dois attendre 45 minutes avant de me servir de mon séchoir tellement c'est exigeant pour mon bras. Je n'ai plus la même vie qu'avant, la même endurance. Le sport me manque, j'ai du mal à dormir, mais je n'ai pas le choix, je dois vivre avec. Mais j'aimerais tellement mieux travailler. À la SAAQ, on pense que je préfère rester à la maison, à faire semblant d'être malade, parce que c'est plus payant.»

Depuis cet épisode tragique, c'est la croix et la bannière pour plaider sa cause devant la SAAQ puisque l'organisme ne reconnaît pas la douleur chronique comme un obstacle à l'emploi. «Selon mes médecins, tous mes problèmes sont liés à l'accident. Je suis inapte à faire un travail, même léger. La SAAQ dit que je pourrais être embauchée dans un hôpital comme préposée, mais comment voulez-vous que je fasse, il y a des manipulations de malades à faire...»

Devant l'intransigeance de la SAAQ, la jeune femme a décidé de réunir un collectif d'accidentés de la route vivant la même problématique pour se faire entendre haut et fort. Une page Facebook (accidentés de la route victimes administration de la SAAQ) a été mise sur pied. 

«On crève déjà de faim. Il y a des gens qui se sont suicidés parce qu'ils n'étaient plus capables d'endurer ça, d'autres qui ont dû vendre leurs biens. C'est dur d'avoir à se battre et d'encaisser refus par-dessus refus. Ça devient inhumain. On est déjà fatigués, mais on va continuer parce qu'on tient à notre cause.»

Plus qu'une seule journée

Les revendications du groupe de manifestants sont nombreuses. On réclame entre autres que les douleurs chroniques (dont l'algodystrophie et la fibromyalgie) soient reconnues comme «un diagnostic de séquelles incapacitantes», que l'avis des médecins traitants des patients soit pris en compte dans les décisions; et que le mécanisme de révision des dossiers soit revu et simplifié.

Une rencontre de plus de deux heures s'est tenue vendredi, avec des fonctionnaires de la SAAQ qui ont pris note des griefs et des doléances des manifestants. «On s'est finalement rendu compte que c'était juste pour bien paraître», déplore Mme Grenier, excédée de passer «pour une fraudeuse» et d'avoir à se battre dans un moment de vulnérabilité pour faire reconnaître ses droits.

La grève de la faim n'en sera pas une d'une seule journée, insiste-t-elle. «On va s'installer devant le parlement avec nos chaises, nos sleeping bags et nos bouteilles d'eau. On va rester là tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas eu gain de cause.»

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