Un tournant majeur pour les Soeurs de la Charité de Saint-Louis

Soeur Alberte Piché discute avec le maire de... (Le Soleil, Yves Therrien)

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Soeur Alberte Piché discute avec le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lors de la première pelletée de terre du chantier de la résidence Louise-Élizabeth.

Le Soleil, Yves Therrien

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(Québec) L'un des derniers chapitres de la présence active des Soeurs de la Charité de Saint-Louis dans la grande région de Québec s'écrira et se construira dans les prochains mois après quelque 110 ans de présence de la communauté religieuse vouée à l'éducation.

Les couvents de Pont-Rouge et de Lévis (Bienville) disparaîtront du patrimoine des religieuses qui passeront du statut de propriétaire à celui de locataire sur les terrains qui leur appartiennent à Lévis. Le changement d'administration et le passage de la gestion à la société de gestion Cogir s'effectueront progressivement.

La décision a été prise au début du mois de relocaliser les infirmeries de Pont-Rouge et de Lévis pour les religieuses non autonomes dans un nouveau bâtiment qui sera géré par le privé. La centaine d'employés laïcs dans les deux lieux ont appris que leur lien d'emploi sera coupé dans 77 semaines, soit 18 mois.

Dans un discours émotif, soeur Alberte Piché, supérieure provinciale, rappelait la semaine dernière que les religieuses avaient discuté de leur avenir et de celui de leurs couvents avant d'envisager des solutions à long terme. Comme plusieurs communautés religieuses au Québec, il n'y a plus de relève au pays, bien qu'il y en ait dans les pays où elles ont été missionnaires.

«Nous avons quitté et nous quitterons des lieux de mission aimés... là où nous avons été heureuses. Lieux de mission où nous avons investi notre amour au coeur de nos vocations d'éducatrices. Quitter, a-t-elle avoué pendant la conférence de presse, c'est un renoncement. Choisir de vivre jusqu'au bout l'essentiel de notre vie religieuse, c'est un beau défi!»

Ce défi, il se vivra à quelques dizaines de mètres de la maison de Lévis, sur la butte plus au sud, où elles verront leur maison provinciale et le fleuve par où les premières religieuses sont arrivées en 1903.

La résidence Louise-Élisabeth, nom de jeune fille de leur fondatrice mère Saint-Louis, accueillera d'abord les religieuses des deux infirmeries de la communauté à compter d'octobre 2016.

Les 130 unités sur quatre étages, incluant les aires de service du rez-de-chaussée et l'infirmerie du premier étage, accueilleront les religieuses semi-autonomes et celles qui sont complètement autonomes puisque les deux couvents ayant accueilli des milliers d'élèves changeront de vocation. Celui de Pont-Rouge est déjà mis en vente et pourrait être racheté par la municipalité. La même offre a été faite à la ville de Lévis, mais le bâtiment n'est pas encore sur le marché des ventes.

Une longue réflexion

«Ce sont des temps émouvants, insistait soeur Piché. Il nous a fallu faire un cheminement dans une démarche très structurée avant de prendre une telle décision.» La longue réflexion a duré quelques années avant d'accepter de céder la gestion de leurs propriétés et de leurs services à une entreprise privée. «C'est une grande nouveauté qui inclut dépouillement et confiance», ajoute soeur Piché en parlant de l'avenir dans lequel la communauté explorera de nouvelles avenues à la mission d'éducation, qui devient une mission de compassion.

La construction du bâtiment de 11 158 mètres carrés a été confiée au Groupe Fotar. Il n'a pas été possible de savoir exactement l'ampleur financière du projet ni la valeur des propriétés mises en vente par la communauté religieuse.

Un peu d'histoire

En 2015, la communauté des Soeurs de la Charité de Saint-Louis compte 257 religieuses à l'oeuvre sur le territoire de la Chaudière-Appalaches, L'Amiante, Lévis, Montmagny, Portneuf et Québec. La moyenne d'âge y est de 79 ans. Plusieurs soeurs sont toujours actives dans différents milieux de vie où la communauté possède des résidences dans les quartiers résidentiels. Les premières écoles ont été fondées au début des années 1900 à Saint-Adrien-d'Irlande, près de Thetford, à Saint-Gédéon dans la Beauce, à Saint-Philémon et à Pont-Rouge, où le couvent est devenu une «école normale», c'est-à-dire le lieu de formation des enseignantes.

La communauté a enseigné à des milliers d'élèves dans la province, sinon à des dizaines de milliers, souvent dans des villages où elles étaient professeures et directrices des écoles, jusqu'à la création du ministère de l'Éducation dans les années 60. Après qu'elles aient été plus de 700 au Québec, principalement dans le monde de l'éducation, il ne reste aujourd'hui qu'une seule religieuse dans l'enseignement.

La fondatrice de la communauté, Marie-Louise-Élizabeth de Lamoignon, ou mère Saint-Louis, a été béatifiée en 2012 à Vannes, en Bretagne, où elle s'était installée en 1803 pour prendre soin des jeunes filles abandonnées à la suite de la Révolution française pour en faire des femmes accomplies.

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