Moisson Québec veut récupérer la viande invendue

Le projet de Moisson Québec vise à sauver... (Photothèque Le Soleil)

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Le projet de Moisson Québec vise à sauver la viande approchant de la date de péremption pour la redistribuer aux gens qui vivent dans l'insécurité alimentaire. Règle générale, les grandes épiceries jettent carrément la viande aux ordures ou la vendent pour une transformation en moulée.

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(Québec) Moisson Québec lancera sous peu un projet pilote visant à récupérer dans les grandes épiceries la viande approchant de la date de péremption pour la redistribuer aux gens qui vivent dans l'insécurité alimentaire. Si l'expérience s'avère un succès et entraîne un déploiement à plus grande échelle, l'organisme caritatif risque toutefois d'avoir à composer avec un manque d'espace.

«Moisson Montréal a lancé ce projet pilote dans 45 magasins et est très satisfait des résultats», explique la directrice générale de Moisson Québec, Élaine Côté, en marge du lancement de la 20e collecte de cette banque alimentaire, la seconde en importance au Québec. Moisson Québec vient en aide à 134 organismes qui rejoignent mensuellement plus de 34 350 personnes dans le besoin. De ce nombre, 12 400 enfants de moins de 18 ans.

Ce projet pilote devrait voir le jour le mois prochain, en collaboration avec les grandes bannières d'alimentation de la capitale. Il vise essentiellement à sauver la viande invendue en la plaçant au congélateur, avant sa date de péremption. Un camion de Moisson Québec fera la tournée pour le transport à l'entrepôt.

«Nous récupérons environ 4 % de la viande. Il y a moyen de faire davantage», mentionne Élaine Côté, soulignant que cette importante source de protéines, une denrée périssable nécessitant une congélation, se retrouve rarement dans les paniers de provisions. Règle générale, les grandes épiceries jettent carrément la viande aux ordures ou la vendent pour une transformation en moulée.

La directrice générale ajoute que cette initiative risque toutefois d'entraîner «des coûts énormes», puisque son organisme devra trouver une façon de stocker toute cette viande dans des congélateurs, histoire de respecter la réglementation en matière de manutention.

À l'étroit, dans ses locaux de la rue Hertz, à telle enseigne qu'il faut louer de l'espace pendant la très achalandée période des Fêtes, Moisson Québec devra en outre acheter des camions réfrigérés pour faire la collecte. Sans compter une onéreuse facture d'électricité pour les éventuels congélateurs. «On le fait parce qu'on pense que ça va permettre d'amasser davantage de produits de qualité et une plus grande variété de produits.»

Plus de 28 000 kilos

C'est dans un contexte d'insécurité alimentaire grandissante que Moisson Québec en appelle à la générosité du public pour garnir ses tablettes et ses goussets. D'ici samedi, quelque 2000 bénévoles accueilleront les clients dans 74 supermarchés de la région de Québec, afin de recueillir denrées non périssables et dons. L'objectif est de dépasser la récolte de l'an dernier : 28 000 kilos d'aliments et 155 000 $ en argent. Le coup de pouce financier peut aussi se faire via le site Web de Moisson Québec.

«Il n'y a pas de petits dons, précise Mme Côté. Toutes les sommes sont réinvesties en achat de denrées. Chaque don de 15 $ permet de nourrir une famille de quatre personnes pendant une semaine.»

Le bon Samaritain qui compte faire une épicerie pour Moisson Québec devrait oublier les biscuits et le papier hygiénique, deux denrées qui ne sont pas en rupture de stock. «Pensez à ce que vous voudriez avoir sur la table pour votre petit déjeuner, explique Mme Côté. Des confitures, du beurre d'arachide. De quoi faire un repas complet aussi : soupes en conserve, pâtes alimentaires, boîtes de thon, haricots. Comme dessert, des barres tendres ou des fruits en conserve.»

En poste depuis 17 ans, Élaine Côté est bien placée pour poser un regard sur l'évolution de l'insécurité alimentaire à Québec. D'une année à l'autre, les besoins sont grandissants. «On a toujours un peu le vertige quand on regarde les besoins par rapport à notre capacité d'approvisionnement et notre financement fragile.»

Dix-sept pour cent des bénéficiaires de Moisson Québec sont des travailleurs qui peinent à joindre les deux bouts. Les jeunes sont également en augmentation. «C'est inacceptable dans une société riche comme la nôtre», déplore-t-elle.

Isabelle Plante, finaliste à l'émission Les chefs! et nouvelle chef pâtissière aux restaurants Cosmos et au Centre des congrès et d'expositions de Lévis, agit cette année à titre de marraine d'honneur de la collecte.

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