Fouetter les consciences pour retrouver son fils

Hilda Legideño Vargas brandit une photo de son... (Photo Luz Rosas)

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Hilda Legideño Vargas brandit une photo de son fils kidnappé par les policiers mexicains en septembre.

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(Québec) Le 26 septembre, les policiers mexicains ont kidnappé son fils, tout comme 42 autres étudiants. Une attaque au cours de laquelle 6 personnes sont mortes, 25 ont été blessées. Elle ne l'a plus revu. Hilda Legideño Vargas débarque chez nous dès aujourd'hui en compagnie de Jorge Luis Clemente Balbuena, élève de la même école que son garçon. Ils veulent fouetter nos consciences. Surtout fouetter nos élus dans l'espoir qu'ils fassent pression sur le Mexique pour que la lumière soit faite sur ce crime d'envergure.

«Mon nom est Hilda Legideño Vargas, mère d'un des étudiants de l'école normale qui sont disparus. Je suis ici pour dénoncer toutes les violations des droits de la personne perpétrées par le gouvernement mexicain.»

En espagnol, la femme jointe à Vancouver, point de départ d'une tournée canadienne, s'exprime calmement. À ses côtés, un traducteur fait le pont avec le journaliste.

«C'est très difficile pour toute la famille», dit-elle. La douleur est intense. Depuis l'attaque du 26 septembre, Mme Legideño Vargas cherche son fils. Partout. Dans les rues de son village du sud du Mexique, à la ville voisine, dans les prisons, les hôpitaux. Sept mois plus tard, elle est désespérée. Malgré tout, la mère croit toujours qu'elle le ramènera à la maison. «Nous avons vraiment espoir de les retrouver vivants.»

Et elle parcourt le monde pour attaquer son gouvernement qu'elle accuse d'incurie. Elle est allée à Genève en février voir des représentants de l'ONU. Elle traverse maintenant le Canada.

La «caravane» de Hilda Legideño Vargas passera au Québec. Dès aujourd'hui, ils arriveront à Montréal. Le 23, la troupe sera à l'Assemblée nationale; on interpellera les députés. Québec solidaire prépare d'ailleurs une motion d'appui qui sera présentée à la chambre. Direction Ottawa, ensuite, pour un entretien avec le comité des droits internationaux de la personne.

Qu'attendez-vous des élus québécois, canadiens? Que les députés d'ici prennent position, fassent pression, réclament une nouvelle enquête, énumère Mme Legideño Vargas. Et que les diplomates s'activent pour que les recherches se poursuivent tant qu'on ne retrouve pas les disparus. Aussi qu'on retire le Mexique de la liste des pays dits sécuritaires.

Point final à l'enquête

En janvier, le Mexique a mis un point final à l'enquête, sans avoir mis la main sur les jeunes volatilisés. Les autorités auraient acquis la «certitude» que les 43 étudiants sont morts. On convient ouvertement qu'ils ont été kidnappés par des policiers municipaux mandatés par le maire. On pense qu'ils ont ensuite été tués par des membres d'un cartel de la drogue...

Le ministre mexicain de la Justice déclarait être parvenu, «sans aucun doute possible, à la conclusion que les étudiants ont été privés de leur liberté, puis qu'on leur a ôté la vie, avant de les incinérer et de les jeter dans la rivière San Juan».

Human Rights Watch et Aministie internationale avaient émis des doutes quant aux «certitudes» du ministre.

Il n'y a pas de corps. En fait, il y a beaucoup de corps, mais pas les bons. Les enquêteurs ont retrouvé plusieurs fosses communes en cherchant les étudiants.

«Nous vous demandons de ne pas oublier ces étudiants», implore Jorge Luis Clemente Balbuena. «Nous sommes des humains et nous avons des droits.» 

«Je suis étudiant au collège normal rural Raul Isidro Burgos à Ayotzinapa [...] Nous allons dans les autres pays parce que nous voulons informer la population au sujet de mes 43 compagnons disparus.»

Pourquoi tant d'efforts, tant de route? Pourquoi venir au Québec? «Parce qu'au Mexique, le gouvernement ne fait rien», insiste-t-il. Et l'État mexicain n'aimerait pas se faire sermonner par la communauté internationale.

Les familles des étudiants disparus sont tenaces. Des «caravanes» composées de militants, d'étudiants et des familles sillonnent le globe : Europe, Canada, États-Unis. Bientôt l'Amérique du Sud. Dans tous les pays, des organisations locales financent les voyages. Les parents des jeunes hommes promettent d'avancer au pas de charge tant qu'on ne leur rendra pas leurs enfants.  Avec Le Figaro, l'Agence France-Presse, Courrier international et Slate

École militante

L'école normale rurale Raul Isidro Burgos, l'établissement d'enseignement que fréquentaient les 43 disparus, est fermée depuis l'attaque des policiers. Jorge Luis Clemente Balbuena, élève de cette école, explique qu'il y a souvent eu des tensions avec les autorités étatiques.

Les gouvernements locaux n'apprécient pas les étudiants de l'institution plantée à proximité de la ville de Tixtla Guerrero dans le sud du Mexique, avance-t-il. On les accuserait régulièrement d'entorses à la loi. «C'est parce que les étudiants aident les citoyens à s'organiser pour défendre leurs droits», dit Jorge. Il faut souligner que l'école normale Ayotzinapa (son autre nom) est reconnue pour n'accepter que des élèves de familles ouvrières, des paysans; des hommes de 18 ans à 25 ans, parfois 30 ans. Elle est aussi reconnue pour son enseignement militant. On y forme des enseignants qui pousseront les petites gens à se lever. On y est revendicateurs et fiers de l'être. Les manifestations, les dénonciations, les syndicats, les fermiers, les associations sociales... «"Ils" n'aiment pas ça», dénonce Jorge.  

 

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