Agressions sexuelles: l'éducation, la meilleure arme

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La ministre de la Justice et de la Condition féminine Stéphanie Vallée a recueilli différents témoignages qui pourraient mener à un nouveau plan d'action contre les agressions sexuelles.

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(Québec) La banalisation de certains actes sexuels favoriserait une véritable «culture du viol», selon la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Elle recommande qu'on revienne à la base, avec des cours d'éducation sexuelle dans les écoles et une campagne de sensibilisation grand public.

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«Il faut redéfinir ce qu'est une agression sexuelle et la notion de consentement», a souligné Alexa Conradi, présidente de la FFQ, en commission parlementaire lundi.

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«Il faut redéfinir ce qu'est une agression sexuelle et la notion de consentement», a souligné Alexa Conradi, présidente de la FFQ, en commission parlementaire lundi, visiblement déçue que le Québec ait reculé ces dernières années en ce qui a trait aux stéréotypes sexuels.

Même constat pour Nathalie Duhamel, du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). Elle soutient qu'«on a l'air d'être bien mélangé dans le public» et propose qu'on s'attaque à ce problème comme on l'a fait pour l'alcool au volant, en mettant sur pied des campagnes-choc. Selon elle, avoir «un homme connu qui parle aux autres hommes» serait la meilleure façon de faire passer le message.

«On a besoin de vous là-dedans. On n'est pas capable de porter ça à bout de bras», a-t-elle ajouté à l'intention de Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et de la Condition féminine.

Les consultations particulières non partisanes, qui doivent durer deux semaines à l'Assemblée nationale, ont été mises sur pied à la suite du mouvement #AgressionNonDénoncée (#BeenRapedNeverReported), qui a envahi les médias sociaux en novembre. L'affaire Ghomeshi avait alors fait réagir des milliers de femmes qui ont spontanément décidé de raconter leurs histoires sur Twitter et Facebook.

Le gouvernement veut aussi mettre à jour son dernier plan d'action contre les agressions sexuelles, échu depuis 2013.

Devant la justice

Ces dernières années, on a cherché à judiciariser les agressions sexuelles, en encourageant les femmes à porter plainte contre leur agresseur. Sauf que le fardeau de la preuve et les délais du système judiciaire en ont rebuté plus d'une. Encore aujourd'hui, 90 % des agressions ne sont pas rapportées à la police.

«C'est très difficile de forcer une femme à le faire [dénoncer]», constate Mme Duhamel. C'est pourquoi il faudrait concentrer les efforts en prévention de ces crimes, et ce, dès l'école primaire.

Mme Conradi a rappelé que le gouvernement du Québec avait consenti, en 2010, au retour d'un programme d'éducation sexuelle à l'école, qui est disparu de la liste des matières enseignées depuis 2005. L'automne dernier, un projet-pilote était en gestation au ministère de l'Éducation pour la rentrée 2015. Reste à voir ce qu'en fera le nouveau ministre François Blais.

33 %
des Québécoises ont été agressées au cours de leur vie
97 %
des victimes d'agression sexuelle sont des femmes et des enfants
72 %
des victimes adultes connaissent leur agresseur

Source: ministère de la Sécurité publique

Les handicapées, ces proies

Environ 40 % des femmes souffrant d'un handicap physique subiront une agression sexuelle au cours de leur vie. Pour les handicapées intellectuelles, c'est encore pire.

«Les gens se disent : "C'est odieux! Qui oserait violer une femme handicapée?" Ça arrive très souvent, alors c'est un mythe qu'il faut briser», est venue dire Isabelle Boisvert, de l'Action des femmes handicapées de Montréal, en commission parlementaire lundi.

Celle qui est clouée à son fauteuil roulant a ensuite raconté au Soleil quelques exemples d'actes sexuels déplacés : un chauffeur de taxi adapté qui profite d'un transport pour agresser sa cliente, une jeune femme aveugle qui se fait peloter dans une foule, etc. Le hic, c'est que le tiers des agresseurs sont des proches aidants, comme le père, le frère ou le conjoint.

Ces agressions ne sont souvent pas dénoncées, parce que les femmes ont peur de perdre l'aide dont elles ont besoin.

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