La CAQ propose d'évaluer les immigrants trois ans après leur arrivée

L'importance du vivre-ensemble, de l'apprentissage du français et... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

L'importance du vivre-ensemble, de l'apprentissage du français et de l'atteinte des objectifs d'employabilité justifie une mesure d'évaluation des immigrants, estime le chef caquiste François Legault.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Il faut renvoyer dans son pays d'origine un immigrant qui, après trois ans, n'est pas parvenu à apprendre convenablement le français, n'a pas cherché un emploi et n'a pas respecté les valeurs québécoises, propose la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le chef caquiste François Legault et le député Simon Jolin-Barrette ont suggéré lundi l'implantation d'un «nouveau pacte» entre la société québécoise et ses immigrants. Un contrat qui prévoit un meilleur «partage de la responsabilité» entre les deux parties, selon eux.

Le gouvernement du Québec devrait offrir des cours de francisation plus adaptés à la réalité des nouveaux arrivants et investir davantage dans les programmes d'intégration. En contrepartie, la personne immigrante se soumettrait après trois ans à une évaluation. Si, au bout de ce délai, elle ne répond pas aux attentes, elle devrait retourner dans son pays d'origine. Sans égard à sa situation familiale.

Pour François Legault, cette situation n'est pas différente de celle des travailleurs temporaires ou d'un touriste. «Il y a des personnes qui, au bout de la durée du certificat, doivent retourner chez eux, a illustré M. Legault. Ils ne peuvent pas rester de façon permanente même s'ils se sont faits une blonde, un chum au Québec puis qu'ils ont eu un enfant. À un moment donné, il y a des lois.»

L'importance du vivre-ensemble, de l'apprentissage du français et de l'atteinte des objectifs d'employabilité justifie cette mesure, estime le chef caquiste.

Au bout de trois ans, un immigrant qui ne satisferait pas à l'une ou l'autre des conditions se verrait octroyer un ultime délai de grâce d'une année supplémentaire pour se conformer.

Le cours Objectif intégration, qui initie les nouveaux arrivants aux valeurs québécoises, serait rendu obligatoire. Un comité d'experts serait instauré pour évaluer le cas d'un immigrant qui, au cours de sa période de «transition», contreviendrait à la Charte des droits et libertés de la personne.

«Inquiétude fondée»

«Il y a actuellement une inquiétude fondée au Québec, affirme M. Legault. Veut-on avoir des futurs immigrants qui pourraient devenir des prédicateurs, qui viendraient dénigrer des valeurs fondamentales? Je pense que les Québécois ne souhaitent pas ça.»

Le député Jolin-Barrette, de Borduas, a par ailleurs noté qu'une nouvelle grille de sélection privilégierait davantage les qualifications professionnelles des immigrants et ceux qui accepteraient de s'installer en région. Une loi sur l'interculturalisme serait aussi adoptée.

La CAQ évalue à 80 millions $ par an le coût de sa réforme, qui nécessiterait entre autres l'embauche de personnel pour mener à bien les évaluations et accélérer le traitement des demandes. La réforme est aussi conditionnelle à ce qu'Ottawa accepte de transférer certains de ses pouvoirs en immigration au Québec.

Réforme «rebutante»

Si quelques constats sont bons dans l'analyse de la CAQ, sa réforme désavantagerait le Québec, estime la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil. La période d'instabilité de trois ans rebuterait plusieurs des immigrants dont le Québec a besoin pour pallier son vieillissement, selon elle. «Une personne ne va pas vendre sa maison et déménager sa famille dans un autre pays pour se retrouver devant autant d'incertitude, plaide-t-elle. Elle va choisir plutôt l'Ontario, l'Alberta ou la Colombie-Britannique.»

La ministre, qui doit déposer sa propre réforme cette année, est partisane d'une meilleure sélection et d'une efficacité accrue du processus d'accueil d'immigrants.

Mme Weil note aussi qu'Ottawa ne consentira «jamais» à transférer les pouvoirs nécessaires à la réforme de la CAQ. Un point de vue partagé par le Parti québécois. «Si François Legault désire entreprendre des négociations avec Ottawa pour que le Québec obtienne ses pleins droits en matière d'immigration, qu'il le dise ouvertement au lieu de proposer des solutions irréalistes», a commenté le député péquiste Maka Kotto.

=> La lettre de François Legaut dans notre section Opinions

Partager

À lire aussi

  • Gilbert Lavoie | L'épée de Damoclès

    Chroniqueurs

    L'épée de Damoclès

    «Le projet de loi favorise la francisation, la régionalisation et l'intégration, et plus particulièrement l'intégration en emploi. Il souligne aussi... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer