Le pont de Québec candidat au palmarès des sites les plus menacés

Les administrations de Québec et Lévis travaillent conjointement... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Les administrations de Québec et Lévis travaillent conjointement dans le dossier du pont de Québec.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les villes de Québec et de Lévis tentent de faire inscrire le pont de Québec au palmarès 2015 des sites les plus menacés au Canada.

Les administrations municipales de la rive nord et de la rive sud du Saint-Laurent travaillent conjointement dans ce dossier à haute saveur médiatique. Elles ont déposé mardi la candidature du vieux pont métallique, tout rouillé, auprès d'Héritage Canada, qui dresse chaque année la liste des 10sites les plus menacés au Canada.

Le but de l'organisme est d'«attirer l'attention nationale sur des sites menacés par suite de négligence, de manque de fonds, d'aménagement inadéquat et de faiblesses de la législation», peut-on lire sur son site Web. Les critères évalués sont l'importance du site, l'imminence de la menace et la possibilité d'une solution positive et créative ainsi que l'appui de la collectivité en faveur de sa préservation. Environ une centaine de candidatures sont soumises annuellement.

Parmi les sites primés l'an dernier, on trouvait le dernier cinéma historique du centre-ville d'Edmonton, quelques phares dans les Maritimes et le domaine des Pères de Sainte-Croix à Lac-Simon, en Outaouais.

«On trouvait que le timing était parfait. On espérait attirer un peu l'attention», a souligné mardi Paul-Christian Nolin, porte-parole du maire Régis Labeaume, faisant référence au passage du milliardaire Bill Gates à Ottawa.

Le plus gros actionnaire du CN, que les maires tentent de sensibiliser au sort du pont de Québec, rencontrera aujourd'hui le premier ministre canadien, Stephen Harper, pour discuter de développement international. Ce dernier a toutefois prévenu qu'il n'avait pas l'intention d'aborder le dossier du pont de Québec.

«Ironique»

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec n'a pas mis de temps à faire remarquer qu'Héritage Canada avait inclus dans le palmarès de 2011 le site patrimonial de Sillery, «menacé» par la construction d'immeubles en copropriété.

Paul Shoiry a jugé «ironique» que le maire de Québec fasse appel au même organisme alors qu'il «vient d'annoncer vendredi dernier la destruction du site patrimonial de Sillery.»

Le programme particulier d'urbanisme du secteur préparé par la Ville de Québec a récemment obtenu le feu vert du ministère de la Culture. Il prévoit le développement immobilier des grands domaines religieux de Sillery, à condition de conserver certaines propriétés patrimoniales et d'augmenter la proportion d'espaces verts, entre autres.

Selon M. Nolin, le maire de Québec respecte le travail d'Héritage Canada et «c'est d'ailleurs pour ça qu'on protège» le site patrimonial de Sillery en permettant le lotissement des propriétés religieuses avec, en contrepartie, un nouvel accès pour le grand public.

Les appuis publics étaient minces, mardi, pour l'ancien président de la Chambre de commerce de Québec, l'avocat Luc Paradis, qui demande au gouvernement fédéral de payer la nouvelle peinture du pont de Québec.

Seul le Nouveau Parti démocratique a sauté dans le train. Denis Blanchette, député de Louis-Hébert, a aussi rendu le fédéral responsable du «cul-de-sac» actuel. «Ce n'est pas parce qu'on a promis de l'argent qu'il n'y a plus rien à faire», a-t-il fait remarquer, invitant le gouvernement à discuter avec le CN. «Comment voulez-vous qu'on avance dans ce dossier-là si deux acteurs majeurs ne se parlent pas?» demande le néo-démocrate.

Sam Hamad, ministre provincial responsable de la Capitale-Nationale, a plutôt recentré le tir sur le CN. «Je comprends son dévouement, le président de la Chambre, mais il reste que le propriétaire actuellement, c'est le CN. Et on a vu que le gouvernement fédéral a fait un effort financier quand même. Donc, je suis pas d'accord», a déclaré le politicien, qui était de l'annonce de novembre où 100 millions $ ont été mis sur la table pour une nouvelle peinture, à condition que le CN en fasse autant.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part accroché sur la critique de son voyage à l'assemblée des actionnaires du CN à Memphis, au Tennessee, en avril. Me Paradis affirme que cela ne sert à rien d'interpeller les actionnaires, qui se rangent derrière la direction de l'entreprise.

«Nous autres, c'est pas les actionnaires qui nous intéressent. Il n'a pas compris. Nous autres, c'est un événement médiatique. Pensez-vous que je pense que je vais aller changer l'idée des actionnaires? On n'est pas stupides. Ce qu'on sait par exemple, c'est que ces assemblées-là sont très suivies par la presse. Nous autres, notre objectif, c'est de parler à ces gens-là qu'on ne voit pas normalement. Luc, je l'aime, mais celle-là, il ne l'a pas compris», a réagi M. Labeaume.

Avec Michel Corbeil et Valérie Gaudreau

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer