Manifestation et occupation de bureaux contre l'austérité

Des étudiants et des enseignants de cégeps ont... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Des étudiants et des enseignants de cégeps ont remis lundi un petit cadeau (des lettres et des papiers déchiquetés) au personnel du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

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(Québec) C'est parti pour une semaine de manifestations, de coups d'éclat et de dénonciations des coupes imposées par le gouvernement de Philippe Couillard au nom de l'austérité.

«À Québec, il va y avoir quelque chose pratiquement tous les jours», annonce la co-porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, Véronique Laflamme. Une quarantaine d'événements sont déjà inscrits au calendrier national, dont quelques-uns auront lieu dans la région. On ne claironne toutefois pas avant toutes les manifestations; il y aura aussi des surprises.

Justement, lundi, des militants de la capitale ont répondu à l'appel à la mobilisation lancé par la coalition. Des étudiants ont occupé les bureaux du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, au Complexe G de la colline parlementaire. Les cégépiens ne s'étaient pas annoncés. On réclamait notamment la gratuité scolaire, de meilleurs salaires pour les professeurs, la fin des réductions budgétaires.

Aucune arrestation n'a toutefois été nécessaire. Des policiers de la Ville de Québec ont été dépêchés sur les lieux vers 13h45. «La sécurité de l'endroit nous a contactés afin d'éviter que cela ne dégénère. Rendu sur place, on a demandé aux gens de quitter et ils ont collaboré. On parle d'une trentaine de personnes», a indiqué Pierre Poirier, porte-parole au Service de police de Québec.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a appelé à l'action, observe la porte-parole Camille Godbout. Le gouvernement libéral «arrogant» aurait soulevé la «colère». Les jeunes sortiront donc encore de leurs classes; ils préparent d'autres «dérangements». «Ça donne le ton pour le printemps à venir!»

Les groupes communautaires, les syndicats, les organisations populaires sont également de la partie. Plus tôt lundi, la Coalition pour la justice sociale avait visité quatre députés libéraux de la capitale. Plus tard, c'était au tour d'employés du Cégep de Sainte-Foy de faire un petit coucou au ministre Bolduc, à son bureau de circonscription cette fois. L'institution d'enseignement aurait essuyé des compressions de millions de dollars, rapportent-ils.

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics se targue de couvrir tout le Québec. Un peu partout, on voudrait «dénoncer les conséquences» des mesures budgétaires votées par le gouvernement, aux dires de Véronique Laflamme. «Déjà, l'effet des compressions du dernier budget est dramatique.» Et l'on craint que le budget nouveau, qui sera bientôt livré, soit «encore plus néfaste».

«Que le gouvernement change de cap et qu'il aille chercher l'argent où il y en a [...] au lieu de saccager les services publics et les programmes sociaux», charge Mme Laflamme. Il est où, cet argent? Dans la cagnotte de l'assurance médicaments mal gérée, dans la fiscalité trop basse des entreprises, dans le capital des institutions financières, avance-t-elle.

Les banques ciblées

C'est d'ailleurs sur ce clou qu'ont tapé d'autres protestataires lundi, à Montréal cette fois. Un groupe de marcheurs a d'abord déambulé devant les bureaux montréalais du premier ministre Philippe Couillard, non loin de la banque HSBC, avant de se rendre devant la tour BNP-Paribas. Ils se sont ensuite rendus à l'Association des banquiers canadiens; quelques dizaines d'entre eux ont occupé les bureaux.

«Nous, dans les services publics, on s'en rend compte tous les jours des coupures et des impacts que ces coupures-là ont sur les gens», a rapporté Christian Daigle, du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, qui s'est adressé aux manifestants au microphone. «Les coupures touchent tous les ministères. Et ce sont les gens les moins bien nantis et la classe moyenne qui écopent. On le voit dans les régions : les bureaux ferment et les délais s'allongent à la Régie du logement, à la Régie des rentes, à Emploi Québec. De plus en plus, ça touche également les grands centres. Ici dans la région de Montréal, il y a trois Centres locaux d'emploi qui sont sur le point de fermer.»

«Maudit qu'on les vit, les impacts de ces mesures-là dans nos groupes, et maudit qu'on riposte contre ces mesures-là! Ce sont des mesures qui touchent les personnes les plus vulnérables, particulièrement les femmes, parce que ça attaque nos services publics, nos services sociaux, en éducation, en santé, en services communautaires», a critiqué à son tour Lyse Cloutier, de la Coalition montréalaise pour la survie des services publics.

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics soutient regrouper «85 organisations sociales d'horizons divers». Des mouvements étudiants, des syndicats, des organismes communautaires, etc.

Avec Jean-Michel Genois Gagnon et La Presse canadienne

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