Église Saint-Jean-Baptiste: en quête d'une solution miracle

Les paroissiens tiennent à conserver la tenue de... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les paroissiens tiennent à conserver la tenue de services religieux à l'église Saint-Jean-Baptiste. Dimanche, il y avait d'ailleurs plus de monde qu'à l'habitude qui participait à la messe.

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(Québec) Le conseil de fabrique de l'église Saint-Jean-Baptiste se dit ouvert à toute proposition d'utilisation mixte du lieu de culte historique qui permettrait de financer son entretien. Mais plus que la volonté de préserver les murs, les paroissiens tiennent à conserver la tenue de services religieux.

«Le problème, c'est qu'il n'y a pas de success-story.» Sans vouloir baisser les bras, le secrétaire du conseil de fabrique, Jean-François Fortin, demeure réaliste. Jusqu'à présent, les recherches n'ont pas permis de trouver un modèle qui permet d'amasser les fonds nécessaires à l'entretien du bâtiment construit en 1881.

Dans ce contexte, la décision de fermer l'église le 24 mai est le fruit d'une longue réflexion. «Ça fait 15 ans qu'on se bat, poursuit-il. Mais cette fois, les chiffres ont remporté la bataille. On a un déficit de 160 000 $ par année», ajoute M. Fortin.

Cent soixante mille dollars, c'est le coût annuel d'entretien. Pendant que les frais augmentent, le nombre de contributeurs diminue. «Sur les 25 000 paroissiens, ils sont environ 1000 à financer l'église par la capitation. Le reste de l'argent provient des quêtes pendant les messes.»

L'église nécessite aussi des travaux structurels majeurs de 10 millions $. Si le gouvernement s'engage à payer 80 % de la facture, encore faut-il dénicher 2 millions $. Mission impossible dans le contexte budgétaire actuel de la fabrique (lire autre texte).

«Il y a des fissures dans les murs, de l'infiltration d'eau, le réseau électrique doit être refait et des vitraux et des fenêtres doivent être changés», énumère le secrétaire. Un filet protecteur a même été accroché sous le baldaquin du maître-autel parce que des débris s'en détachent.

Victime collatérale

La fermeture de l'église ferait une victime collatérale qui loge au sous-sol. La Saint-Vincent-de-Paul devra se trouver un nouveau local pour son service de distribution de nourriture. «Nous sommes à la recherche d'un endroit dans le secteur du faubourg pour que ça se poursuive, lance le diacre Pierre Lefebvre, qui célébrait le service religieux, dimanche. C'est préoccupant parce que 200 personnes utilisent ce service chaque semaine.»

M. Lefebvre a lancé un message clair durant la messe dominicale. L'entreprise de sauvetage amorcée doit aussi permettre de continuer à offrir des services religieux.

En attente du diocèse

Présentement, la balle est dans le camp du diocèse de Québec. C'est lui qui acceptera ou non la demande de fermeture de l'église que lui a adressée le conseil de fabrique. Le directeur des communications du diocèse, Jasmin Lemieux-Lefebvre, ne peut supputer la réponse. Cependant, il explique que le diocèse est sensible aux difficultés financières de l'église. Son soutien est passé de 50 000 $ il y a quelques années à 90 000 $ l'an passé et à 100 000 $ cette année.

Maintenir l'église ouverte avant tout

La conseillère Julie Lemieux souhaite que l'église Saint-Jean-Baptiste demeure ouverte au culte pour qu'elle demeure éligible à recevoir des subventions du ministère de la Culture.

La responsable des dossiers culturels et patrimoniaux à la Ville de Québec a déjà évoqué son intention de s'asseoir avec la fabrique, le diocèse et le gouvernement pour sauver l'église, classée monument historique en 1990. «Nous, on ne veut pas être le porteur de dossier, mais on veut être facilitant pour trouver une solution.»

Elle semble écarter l'option de la transformer en condos. «Ça ne serait pas simple. Une église classée, on ne pourra pas toucher à ça de cette façon-là, lance-t-elle. Il y avait aussi l'option d'en faire une salle de banquet et de réception. Une idée qui a du plomb dans l'aile. «Est-ce que le marché peut absorber ça encore? Je ne suis pas certaine. Il faut voir», ajoute la conseillère, qui dit compter beaucoup sur le ministère de la Culture pour régler ce dossier.

La première chose à faire est de la maintenir ouverte au culte. «Une église dite excédentaire n'a plus accès aux subventions pour la réfection du patrimoine religieux. Si elle ferme, l'enjeu devient plus grand.» Mme Lemieux demande donc au diocèse de ne pas répondre favorablement à la demande de la fabrique de la fermer.

Des paroissiens attristés

Paul Beaulé est né et a grandi dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste. L'homme qui y habite toujours est attristé à l'idée de perdre son église.

«Ce n'est pas juste d'enlever une église. C'est tout le patrimoine qui est derrière ça, lance celui qui participe chaque semaine aux célébrations religieuses. «Quand on ferme une église parce qu'il n'y a plus personne, je peux comprendre. Mais là, il y a encore des gens qui la fréquentent», ajoute-t-il.

Son attachement est senti. Son père a été vicaire de l'endroit et son grand-père, Pierre Beaulé, fait chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le pape Benoît XV. Il croit que la pérennité de l'église passe inévitablement par l'octroi de fonds publics. «C'est une obligation qu'a le gouvernement, martèle-t-il. Regarder comment ça se passe en Europe. Les pouvoirs publics s'en occupent. Je respecte la laïcité de l'État. Mais ici, il y a une question de patrimoine.»

Fidèles interpellés

Curieusement, il y avait plus de monde qu'à l'habitude qui participait hier à la messe du dimanche. Des résidents du quartier, comme cette dame prénommée Audette, ont senti le besoin d'assister à la célébration. «La nouvelle de la fermeture m'a interpellée même si je n'y viens pas souvent. Je trouve ça triste. C'est une richesse collective. C'est un musée. Il faut trouver un moyen de la maintenir ouverte», soutient-elle.

Carole Bergeron est partie de Saint-Nicolas, hier matin, pour visiter le lieu de culte. «J'ai visité plusieurs églises de la région de Québec, mais pas celle-ci. Je m'intéresse au patrimoine religieux et je pense que les autorités doivent trouver un moyen de conserver l'édifice ouvert au public et aux célébrations. Ça serait dommage de devoir la fermer.»

Il y a 239 églises propriétés des fabriques de paroisses sur le territoire du diocèse de Québec. Depuis 1980, 37 églises ont été vendues. De ce nombre, 26 sont officiellement fermées.

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