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Terrorisme: la lutte s'intensifie à Québec

Les attentats perpétrés à Ottawa en septembre ayant... (Photothèque Le Soleil)

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Les attentats perpétrés à Ottawa en septembre ayant incité le gouvernement canadien à hausser d'un cran la sécurité contre de potentielles attaques terroristes, la Gendarmerie royale du Canada a créé une équipe spécialisée d'enquêteurs pour lutter contre le terrorisme dans la Vieille Capitale. Elle a officiellement lancé ses activités lundi.

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(Québec) La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a créé une équipe spécialisée d'enquêteurs pour lutter contre la menace terroriste et la montée de mouvements extrémistes potentiels dans la capitale nationale et dans l'est du Québec.

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La caporale Caroline Côté 

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

L'équipe intégrée est officiellement en poste depuis lundi. Elle est composée d'enquêteurs de la GRC, de la Sûreté du Québec et du Service de police de la Ville de Québec. Son port d'attache est le bureau du détachement de Québec, voisin de l'aéroport. «Ça va augmenter notre efficacité opérationnelle», raconte la caporale Caroline Côté.

«Le rôle de l'équipe est d'intervenir rapidement lorsqu'une information transmise laisse penser qu'il pourrait y avoir un certain degré de menace à la sécurité immédiate. Elle enquête aussi sur des renseignements, pouvant laisser croire la présence d'un mouvement extrémiste», explique la porte-parole de la GRC.

Cette nouvelle escouade est une extension de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) créée après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. L'EISN n'a jamais cessé ses activités au niveau national. Cependant, elle n'était plus opérationnelle dans la capitale.

«C'est comme si nous avions réactivé l'équipe qui était en place en 2001. C'est quelque chose qui a déjà existé», précise la caporale. La GRC a donc redéfini le rôle d'enquêteurs en poste au bureau de Québec.

Un autre rôle de la GRC est de former des coordonnateurs d'information de la menace terroriste chez tous les premiers répondants de la région de Québec. Des pompiers, des policiers et des membres de la police des plaines d'Abraham ont participé à la plus récente formation donnée la semaine dernière. Cette formation existe depuis 2011.

La GRC possède aussi des bureaux à Sainte-Georges de Beauce, à Saguenay, à Sept-Îles, à Rimouski et à Gaspé. Le territoire de couverture d'intervention de l'escouade de Québec s'étend donc à tout l'est de la province.

Pour des raisons de «nature opérationnelle», Mme Côté ne veut pas dévoiler le nombre d'enquêteurs membres de l'équipe. Elle ne peut pas plus confirmer si des enquêtes sont en cours. «Aucune menace directe ne plane sur Québec. Ce redéploiement de nos effectifs permet de répondre aux nombreuses plaintes que nous recevons», évoque la policière.

La création de cette équipe répond à la volonté des gouvernements de hausser d'un cran la sécurité contre de potentielles attaques terroristes à la suite des attentats perpétrés à la fin 2014.

«Les yeux et les oreilles»

Le 20 octobre, Martin Couture-Rouleau, un sympathisant de l'État islamique, a foncé avec sa voiture sur deux militaires qui marchaient vers les bureaux du ministère des Anciens Combattants de Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'adjudant Patrice Vincent.

Le 22 octobre, Michael Zehaf Bibeau débarque armé au Parlement d'Ottawa et abat le caporal Nathan Cirillo, qui montait la garde devant le Monument commémoratif de guerre.

La caporale Côté insiste sur le fait que «les citoyens sont les yeux et les oreilles des forces policières» dans la lutte contre le terrorisme. «Toutes les informations qui sont transmises sont vérifiées qu'elles soient fondées ou non», lance-t-elle, indiquant qu'il y a une ligne directe pour transmettre des renseignements (1 800 420-5805).

Un cas connu

Québec n'est pas à l'abri d'informations laissant croire que des individus habitant son territoire peuvent vouloir commettre un acte terroriste. En 2013, une enquête sur un complot pour attaquer un train de VIA Rail effectuant la liaison entre Toronto et New York avait mené jusqu'à un étudiant de l'Université Laval, alors résident du quartier Saint-Roch.

Le Tunisien Ahmed Abassi avait été arrêté aux États-Unis en 2013 après s'être vu refuser un visa pour revenir au Canada à la suite d'un voyage dans son pays d'origine. Un agent du FBI, Tamer, était infiltré dans son milieu. Dès son arrivée aux États-Unis, Abassi a menti aux douaniers en disant qu'il travaillerait pour Tamer, et ce, afin d'obtenir le droit de rester chez nos voisins du sud.

Il avait été arrêté et accusé d'avoir fait de fausses déclarations dans le but de faciliter un acte terroriste international. Selon le FBI, l'homme de 28 ans aurait contribué à radicaliser Chiheb Esseghaier, l'un des accusés dans le complot.

Après 17 mois de détention, les accusations de terrorisme qui pesaient contre lui ont été abandonnées et il a été déporté en Tunisie. Les seules accusations retenues sont en matière d'immigration.

En fin de semaine, Le Soleil laissait savoir que M. Abassi demandait des excuses au gouvernement canadien pour l'avoir livré aux États-Unis et avoir ruiné sa vie. Par la voie de son attaché de presse, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a formulé le commentaire suivant : «Le Canada n'est pas un asile pour les immigrants illégaux qui ne respectent pas les lois canadiennes.»

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