Aide à l'itinérance à Québec: menaces de fermeture

La Maison de Lauberivière (photo), La Maison Dauphine,... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La Maison de Lauberivière (photo), La Maison Dauphine, L'Armée du Salut, la YWCA, la Maison Revivre et Point de repères font partie du Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Plus de la moitié des organismes d'aide à l'itinérance de la capitale, à l'approche axée davantage sur la prévention, sont menacés de coupes de services, voire de disparition, d'ici quelques mois si le gouvernement fédéral persiste dans sa décision d'appliquer un programme pancanadien d'aide au logement.

«Il s'agit d'un des plus grands reculs en matière d'itinérance depuis des années. Nous sommes très inquiets», dénonce Jimena Michea, coordonnatrice du Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec, dont font partie La Maison de Lauberivière, La Maison Dauphine, L'Armée du Salut, la YWCA, la Maison Revivre et Point de repères. Au total, 36 organismes, dont le budget représente 2,3 millions $ et quelque 70 emplois d'intervenants sociaux et de travailleurs de rue.

Conçue pour s'appliquer d'un océan à l'autre, peu importe le caractère distinct des communautés, la nouvelle Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) du gouvernement Harper vise d'abord l'aide au logement. Or, et c'est justement là que le bât blesse, estime Mme Michea, bon nombre d'organismes de Québec travaillent en prévention.

Depuis un an et demi, ces organismes vont de sursis en sursis, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L'entrée en vigueur du nouveau programme «mur à mur», qui devait s'appliquer le 1er avril, a été reportée au 31 juillet. D'ici mai ou juin, les intervenants espèrent obtenir un «portrait clair» de la situation. Passé cette date, si Ottawa demeure inflexible, ils tenteront d'obtenir du financement en adaptant leurs services au programme mis en place, un travail qui s'annonce très ardu.

«Nous avons beaucoup de programmes de prévention, en amont, pour les jeunes, les femmes et les personnes âgées, de plus en plus présentes dans les refuges, explique Mme Michea. Réussir à se qualifier dans ce modèle de financement représentera toute une gymnastique. Très peu [de programmes] rencontrent les critères.»

Le Regroupement déplore que le gouvernement fédéral ne considère pas le caractère particulier de Québec où, contrairement à de grandes villes comme Montréal, Toronto et Vancouver, l'itinérance n'a pas le même caractère ostentatoire. «On impose un modèle qui est très peu adapté à Québec, où l'itinérance est plus invisible. Il y a moins de monde dans la rue», lance Mme Michea, déplorant qu'«aucune négociation [ne soit] possible» avec les autorités fédérales.

À Lauberivière, l'inquiétude est grande également. Le directeur général Éric Boulay s'interroge sur le sort de la fiducie de l'établissement et du Rendez-vous Centre-ville, un centre de jour installé au sous-sol de l'église Saint-Roch, où transitent une soixantaine d'itinérants quotidiennement. «C'est le seul endroit où ces gens peuvent avoir un contact social dans une journée. Certains y vont seulement pour prendre une douche.»

Uniquement pour la fiducie de Lauberivière, «une sorte de curatelle volontaire», quelque 135 démunis nécessitant une prise en charge pour leur maintien dans un logement risquent d'écoper de cette volonté d'uniformisation nationale, estime M. Boulay.

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