Valcartier prête à partir au front

Les entraînements s'enchaînent sur la base militaire de... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les entraînements s'enchaînent sur la base militaire de Valcartier, où se tient jusqu'au 25 février l'exercice Unified Resolve.

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(Québec) Si le Canada décidait de participer à une mission terrestre à l'étranger dans la prochaine année, les militaires de Valcartier seraient les premiers à partir au front.

Du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016, le 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada sera en période de haute disponibilité, ce qui veut dire que ses 6000 soldats auront eu droit à l'entraînement le plus à jour au pays. «On est les gens qui, avec un minimum d'entraînement supplémentaire propre à l'endroit où on va et deux, trois piqûres, sont prêts à y aller», confirme le colonel Dany Fortin, commandant du 5e Groupe-brigade.

Pour le moment, le colonel n'a reçu aucun signal d'Ottawa lui indiquant qu'une mission se préparait et il refuse de spéculer sur une éventuelle destination pour ses soldats. Il tient toutefois à ce que tout le monde se tienne prêt. «Mon message envers mes soldats, c'est "paquetez votre sac!"» 

Les troupes de Valcartier n'ont pas été appelées à participer à la mission actuelle contre l'État islamique, qui requiert des forces tactiques et aériennes. Cette semaine, Jason Kenney, le nouveau ministre de la Défense canadienne, n'a toutefois pas écarté la possibilité que cette mission, qui arrive à terme à la fin mars, soit prolongée ou que son mandat change. 

Montée en puissance

D'ici le mois de juillet, les troupes de Valcartier sont donc dans une période de montée en puissance. Si bien que les entraînements s'enchaînent sur la base. Il y a eu Rafale blanche en janvier, et Unified Resolve, qui se tient jusqu'au 25 février. 

Au début mai, la montée en puissance culminera par un exercice en temps réel à Wainwright, en Alberta. Quelque 3000 militaires, de même qu'une grande partie de l'équipement de Valcartier, prendront le chemin de l'Ouest canadien. Un scénario a été écrit, des acteurs sont engagés et les soldats se battront avec de fausses armes et des vestes munies de capteurs. «C'est beaucoup mieux que le paintball, pas mal mieux», souligne le colonel Fortin. 

Auparavant, les périodes de haute disponibilité de l'armée étaient de six mois. Elles durent maintenant un an, parce que le rythme des missions devenait trop rapide, surtout lors de la guerre en Afghanistan. Le cycle de trois ans se fait en rotation avec les bases de Petawawa, en Ontario, et d'Edmonton, en Alberta. 

Impatience dans les rangs

Depuis la chute du mur de Berlin, il y a 25 ans, les soldats de la base militaire de Valcartier n'ont pas connu beaucoup de répit. Chaque année, des contingents plus ou moins grands étaient déployés à l'étranger. Mais depuis le retour des derniers soldats d'Afghanistan, à l'été 2013, c'est le calme plat. Ce qui fait qu'on commence à sentir un peu d'impatience dans les rangs. Les rumeurs et spéculations fusent aussi de toutes parts. 

«Faut qu'on rappelle aux gens que ça, c'est la normalité», souligne le colonel Fortin. Ça, c'est une armée qui se tient prête, mais qui n'est pas nécessairement déployée. Pour les jeunes militaires qui n'ont vécu que le rythme effréné de l'Afghanistan, c'est plus difficile à assimiler.

Retour à la guerre conventionnelle

Depuis environ deux ans, les militaires de Valcartier s'exercent à mener des combats «conventionnels contemporains». «Ça ne veut pas dire qu'on retourne aux années 40», souligne d'entrée de jeu le colonel Dany Fortin. 

Oui, il y a des tranchées, des chars d'assaut et un ennemi qui est aussi bien équipé qu'eux, autant en armes qu'en avions téléguidés. Mais à cela s'ajoute le côté contemporain des technologies et de la communication. 

Lors du passage du Soleil sur la base, au milieu des tentes vertes chauffées qui simulaient un camp dans un théâtre d'opérations, on a remarqué un immense bunker abritant des serveurs. On nous explique que les premiers soldats à être dépêchés sur une base avancée seraient par exemple les informaticiens, qui programment des ordinateurs et font en sorte que les réseaux fonctionnent, que ce soit par satellites ou micro-ondes. 

Les militaires s'exercent à mener ce type de guerre, question de réapprendre des techniques qui n'ont pas servi en Afghanistan, alors que l'ennemi «se cachait dans la population locale», indique le colonel Fortin. 

«On doit être prêts à travailler dans des conditions plus austères, pas nécessairement avec le "luxe" d'avoir dans un endroit safe où on peut retourner le soir», souligne M. Fortin. 

On s'exerce aussi à travailler au sein de coalitions internationales, en favorisant les échanges inter-armées. Seulement cet hiver, de petits groupes de militaires de la Grande-Bretagne, de la France et de la Pologne sont venus travailler à Valcartier.

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