Aide à mourir: une pratique pas bienvenue à la maison Michel-Sarrazin

«Notre conception des soins palliatifs fait en sorte... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

«Notre conception des soins palliatifs fait en sorte qu'on aurait préféré que la société ne chemine pas jusque-là», affirme le Dr Michel L'Heureux, directeur de la Maison Michel-Sarrazin.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Déçu de la décision de la Cour suprême de permettre aux médecins de faire cesser les souffrances de leurs patients en mettant fin à leur vie, le directeur général de la Maison Michel-Sarrazin demeure intraitable sur la question: cette pratique ne franchira pas la porte de son établissement.

«Notre conception des soins palliatifs fait en sorte qu'on aurait préféré que la société ne chemine pas jusque-là», affirme le Dr Michel L'Heureux, qui promet qu'on ne verra pas d'aide au suicide ou d'euthanasie en «[leurs] murs». Même s'il reconnaît qu'il s'agit d'une évolution juridique prévisible, il persiste à croire que les soins palliatifs ne doivent pas inclure le fait de supprimer la vie d'une personne pour la soulager. 

Selon lui, la Maison Michel-Sarrazin ne sera pas la seule à refuser d'aider les patients à mourir lorsque cela sera officiellement permis en décembre prochain. «J'ai eu des rencontres avec d'autres maisons qui ne prévoient pas plus le faire et où il n'y aura pas d'aide médicale, même si la loi le permet», soutient celui qui ne croit pas que ce sont les médecins et le personnel oeuvrant en soins palliatifs qui accepteront de donner la mort. 

Mais pour l'avocat spécialisé dans la défense des droits des patients, Me Jean-Pierre Ménard, les établissements n'auront pas le choix de s'adapter à la nouvelle réalité. «Il faut espérer une évolution. Ce serait malheureux que les maisons de soins palliatifs soient à la remorque et offrent des soins qui ne correspondent plus aux droits des patients», fait-il valoir. 

Comprendre les patients

Un argument que réfute le professeur en philosophie et doctorant en éthique et politique sur les questions relevant de la médecine palliative, Louis-André Richard. «Ils sont plutôt à l'avant-garde!» s'exclame l'expert au sujet des travailleurs du milieu qui, selon lui, se disent dans la plupart des cas opposés à la pratique. Il soutient que ceux qui sont au chevet des mourants à longueur d'année sont les plus susceptibles de comprendre leurs désirs qui changent parfois d'heure en heure. 

M. Richard, qui a effectué de nombreux voyages en Belgique où l'aide médicale à mourir est permise depuis 12 ans, dit observer un essoufflement sur le terrain où les médecins sont de moins en moins enclins à vouloir poser l'acte fatal. Il affirme également que le climat de travail s'est détérioré dans les milieux où les médecins en faveur et ceux contre l'aide à mourir se côtoient. 

Le philosophe opposé à la pratique espère d'ailleurs qu'il y aura dans un avenir plus ou moins rapproché des «réajustements» au Canada et dans les pays où l'aide médicale à mourir est permise afin de ne plus «laisser aux citoyens trop de marge de manoeuvre» lorsqu'il est question du dernier souffle d'un prochain.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer