Aide à mourir: le gouvernement Harper réagit prudemment à la décision de la Cour suprême

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Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, s'est contenté d'une brève déclaration à la sortie de la Chambre des communes, vendredi, affirmant que son gouvernement prendrait le «temps requis» pour analyser «cette décision très importante».

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La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement Harper accueille avec prudence le jugement historique de la Cour suprême du Canada dans le dossier de l'aide médicale à mourir - et l'opposition doute que les conservateurs aient l'intention de s'y attaquer alors que les élections se profilent à l'horizon.

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, s'est contenté d'une brève déclaration à la sortie de la Chambre des communes, vendredi, affirmant que son gouvernement prendrait le «temps requis» pour analyser «cette décision très importante».

Il a souligné qu'il faudrait tendre l'oreille à la «variété de perspectives très émotives sur cet enjeu» avant de poursuivre sa montée des marches, esquivant les questions sur les intentions de son gouvernement pour la suite.

Le fédéral a un an pour modifier le Code criminel. S'il reste les bras croisés, la décision de la Cour suprême du Canada s'appliquerait. Par contre, il pourrait invoquer la clause nonobstant pour se soustraire au jugement.

Peter MacKay n'a pas voulu dire si le gouvernement Harper contemplait cette option et a réservé ses commentaires personnels sur la décision.

Certains de ses collègues conservateurs n'ont toutefois pas hésité à la qualifier de «très décevante» sur les réseaux sociaux: «Nos plus vulnérables sont maintenant à risque comme ils ne l'ont jamais été auparavant», a écrit sur Twitter un député de la Saskatchewan, David Anderson.

Le député Steven Woodworth, à qui l'on doit le dépôt d'une motion portant sur le statut juridique du foetus, s'est dit «très inquiet de la notion qu'on placerait une personne dans la position de se voir demander d'enlever la vie à un autre individu» - la Cour suprême du Canada précise toutefois dans son jugement que rien ne contraint les médecins à dispenser une aide médicale à mourir.

Mais pour au moins un membre de la même famille politique, soit le député tétraplégique Steven Fletcher, il s'agit d'une «journée historique» que «nous pouvons célébrer comme Canadiens».

Celui qui s'est buté au refus de son parti de débattre de cette question aux Communes dans le passé a toujours déploré le fait que les élus refusent de se saisir de la question.

Et il dit ignorer si, à quelques mois des élections, le Parti conservateur acceptera de le faire. Le premier ministre Stephen Harper a souvent affirmé qu'il n'avait «pas l'intention de rouvrir le débat».

Son bureau a refusé de préciser, vendredi, si cela signifiait qu'il se conformerait à l'arrêt de la Cour suprême du Canada.

Les deux partis d'opposition, en tout cas, ne s'attendent pas à en débattre à la Chambre des communes dans un avenir rapproché.

Selon la porte-parole néo-démocrate en matière de justice, Françoise Boivin, les troupes de Stephen Harper sont trop occupées par leur «agenda sur le terrorisme» pour en faire une priorité.

Saluant la décision «éclairée» du plus haut tribunal au pays, la députée estime qu'«il ne faut pas faire comme les conservateurs puis se mettre la tête dans le sable».

Le député libéral Marc Garneau abonde dans le même sens et dit avoir «l'impression qu'ils ne veulent pas aborder ce sujet-là» avant le scrutin, qui est prévu pour le 15 octobre 2015.

«J'ai l'impression que le gouvernement n'est pas content du jugement», a-t-il ajouté en entrevue téléphonique, vendredi après-midi.

De son côté, le Bloc québécois a tenu à souligner la contribution de l'une de ses ex-députées, Francine Lalonde, au débat sur l'aide médicale à mourir.

L'élue, qui s'est éteinte en janvier 2014, avait présenté aux Communes un projet de loi d'initiative parlementaire pour permettre aux personnes souffrant d'une maladie en phase terminale de mourir sans souffrir avec l'aide d'un médecin. Le projet de loi avait été rejeté en première lecture par une majorité de députés au printemps 2010.

«Il faudra maintenant que le gouvernement conservateur, très près de la droite religieuse, accepte la décision (...) qui est conforme aux intérêts et aux valeurs du Québec», a déclaré par voie de communiqué Mario Beaulieu, le chef du Bloc québécois.

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