Centre d'injection supervisée à Québec: près des soins, loin des commerces

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Les experts ne précisent pas pour l'instant où une telle «piquerie légale» devrait ouvrir.

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(Québec) L'administration Labeaume maintient sa position : si un centre d'injection supervisée voit le jour à Québec, il devra être situé tout près d'un établissement de santé ou à l'intérieur de celui-ci. Et pas question qu'il se retrouve sur une artère commerciale.

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Chantal Gilbert

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

«On a toujours dit qu'il devrait être près ou dans un établissement de santé. Il y a des lieux plus appropriés que d'autres», a tranché la conseillère municipale responsable du développement social, Chantal Gilbert.

L'élue du district Saint-Roch-Saint-Sauveur réitère ainsi la position de la Ville de Québec qui plaide depuis 2011 qu'un centre permettant aux toxicomanes de s'injecter de la drogue en toute légalité doit être dans une clinique, un CLSC ou un hôpital.

L'administration Labeaume souhaite aussi qu'un service d'injection supervisée (SIS) ne nuise pas aux rues commerciales, au premier chef la rue Saint-Joseph, dans Saint-Roch, un quartier généralement évoqué pour recevoir un SIS.

«C'est une artère que les commerçants travaillent très fort pour consolider», a dit la conseillère en allusion à la relative fragilité de cette rue commerçante.

Mme Gilbert réagissait aux conclusions d'un comité du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille-Capitale qui, après deux ans d'étude, estime qu'un centre d'injection supervisée est nécessaire à Québec.

Les experts ne précisent pas pour l'instant où une telle «piquerie légale» devrait ouvrir. Ils concluent toutefois qu'elle doit se trouver à proximité des utilisateurs et 64 % d'entre eux sont concentrés dans Saint-Roch, Saint-Sauveur, Limoilou et Vanier.

Cette discussion précise sur le lieu pour établir un SIS viendra dans un autre temps, rappelle Mme Gilbert. «C'est là où nous, comme ville, on aura à être plus à l'écoute de la population. Il faut qu'elle soit en accord avec le lieu. Il va falloir faire de la pédagogie, dit-elle. Mais on a le temps de voir venir.»

«Ce n'est plus seulement Point de repères»

Fervent militant pour l'implantation d'un centre d'injection à Québec, le directeur de l'organisme Point de repères, Mario Gagnon, s'est pour sa part réjoui mercredi des conclusions du comité d'experts. Que le groupe piloté par le CSSS de la Vieille-Capitale vienne confirmer ce que les intervenants sur le terrain plaident depuis des années est une forme de soulagement.

«C'est plus élargi que l'opinion de Mario Gagnon. On sort de ce discours-là», a dit celui qui dirige cet organisme d'aide aux toxicomanes et d'échange de seringues de la rue Dorchester. «Maintenant, ce n'est plus seulement Point de repères, c'est vraiment un constat d'autres personnes et d'un établissement qui est le CSSS.»

Quant au lieu, ce sera au comité à le déterminer, dit M. Gagnon. Mais il assure que tout se fera dans l'acceptabilité sociale du projet, un aspect fondamental de toute cette démarche.

Et la position de l'administration Labeaume sera considérée. «La Ville devra être impliquée et entendue», a-t-il conclu.

La ministre Charlebois exigera le «consensus social»

Les conclusions du comité d'expert qui recommande un centre d'injection supervisée à Québec ont eu des échos jusqu'à l'Assemblée nationale mercredi.

«Nous, on est toujours pour ça, moyennant qu'il y ait un consensus social», a réagi la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois. C'est sur son bureau qu'aboutira éventuellement le projet dans une forme plus élaborée dans les prochains mois.

«Il faut d'abord que le comité monte le projet, le transmette à l'Agence de la santé, s'assure qu'il y a un consensus social pour ensuite arriver au Ministère», a-t-elle énuméré. «Ce n'est pas une mince tâche de monter un dossier comme celui-là. Alors, qu'ils se mettent en équipe et qu'ils travaillent», a poursuivi l'élue libérale.

Mme Charlebois est au fait des réserves de l'administration Labeaume, qui plaide pour un service d'injection supervisé (SIS) dans un établissement de santé et hors des rues commerciales (lire l'autre texte).

«Il faut qu'il travaille et ça inclut le maire de Québec», a-t-elle indiqué.

Maltais très favorable

La députée péquiste de Taschereau, qui inclut les quartiers centraux de Québec, Agnès Maltais, a pour sa part reçu très favorablement les conclusions du comité du Centre de santé et de services sociaux qui recommande d'aller de l'avant avec un centre d'injection.

«Oui, on a besoin de ce centre-là. Depuis le début, je suis résolument pour et maintenant on a les preuves scientifiques qui disent qu'il faut [un SIS] pour aider et sortir ces gens de la rue», a commenté la députée. Mme Maltais voit dans un tel centre une logique menant vers la réduction des méfaits.

Un SIS devra être «au meilleur endroit possible», dit-elle. «Entre respect des quartiers et respect des gens, c'est possible de trouver un aménagement intéressant.»

Avec Simon Boivin et Michel Corbeil

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