Un centre d'injection supervisée recommandé pour Québec

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Les services d'injection supervisée permettent aux toxicomanes de s'injecter de la drogue dans de bonnes conditions d'hygiène.

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(Québec) Après plus de deux ans d'étude, un groupe d'experts recommande l'ouverture d'un centre d'injection supervisée pour les toxicomanes de Québec.

«Pour le moment, on a conclu à la pertinence avec un certain nombre de paramètres à respecter», a indiqué l'organisateur communautaire du CSSS de la Veille-Capitale, Marc De Koninck, qui a coordonné la vaste étude. Mais ce n'est pas demain la veille qu'on pourrait voir les quelque 900 utilisateurs de drogues intraveineuses s'injecter des substances en toute légalité et sous supervision médicale.

Si le rapport de 73 pages recommande d'aller de l'avant avec un Service d'injection supervisée (SIS), il reste en effet encore beaucoup à faire. Au premier chef, déterminer l'endroit où un tel établissement pourrait ouvrir ses portes. 

Sans se prononcer, M. De Koninck reconnaît que la basse ville serait tout indiquée. L'une des principales observations du rapport révélé par Radio-Canada hier et dont Le Soleil a obtenu copie soutient en effet qu'un SIS doit se trouver à proximité des utilisateurs. Or, 64 % des utilisateurs de drogue par injection sont concentrés dans la basse ville, dans Limoilou et dans Vanier.

Le rapport, qui est avant tout un «diagnostic» de la situation, souligne plusieurs bénéfices pour cette clientèle particulièrement à risque. Près du quart des utilisateurs sont porteurs du VIH et 73 % d'entre eux ont contracté l'hépatite C.

«Ces chiffres sont préoccupants», note M. De Koninck, selon qui un tel établissement est aussi une «porte d'entrée vers d'autres services potentiels». Ceux qui viendront s'injecter dans un SIS pourront, dit-il, être davantage pris en charge.

Faciliter l'accès à l'aide

Car le rapport le précise : un service d'injection supervisée n'est pas une fin en soi ni une solution à tous les problèmes associés à la consommation de drogues par injection, comme l'itinérance, la prostitution ou la pauvreté. «Leur mise en place ne doit pas se faire au détriment des services déjà existants. Il faut plutôt viser à ce que les SIS soient conçus comme un lieu qui facilite l'accès à d'autres services adaptés aux besoins de ces personnes», peut-on lire dans le rapport du CSSS.

L'étude doit maintenant recevoir le feu vert de l'Agence de la santé et du ministère de la Santé. Si tout va de l'avant, le travail se poursuivra avec les partenaires, dont la Ville de Québec, la police et divers organismes.

Prudent, M. De Koninck refuse d'avancer un calendrier précis, insistant sur la nécessité de prendre le temps pour bien assurer l'acceptabilité sociale d'un tel service. Les travaux viseront notamment à informer et à rassurer les commerçants et résidents du secteur où un tel service pourrait voir le jour.

L'implantation d'un SIS à Québec est souhaitée depuis longtemps par l'organisme d'aide aux toxicomanes Point de repères. Mais le débat s'est accéléré à partir de 2011, moment où la Cour suprême du Canada a reconnu la légalité du centre Insite de Vancouver.

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