La présence de la Bible au palais de justice remise en question

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Au Québec, si un témoin souhaite poser la main sur un autre texte religieux que la Bible, on lui offrira simplement de faire une affirmation solennelle.

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(Québec) Les crucifix ont disparu des murs, mais on trouve encore dans les salles d'audience des palais de justice du Québec des bibles sur lesquelles les témoins peuvent prêter serment. Faudrait-il les retirer, au nom de la laïcité?

Pas nécessairement, dit Jocelyn Maclure, professeur de philosophie à l'Université Laval et coauteur du mémoire 60 chercheurs universitaires pour la laïcité, contre le projet de loi 60.

«La pratique est acceptable dans la mesure où il y a une option. On peut jurer sur la Bible ou faire une déclaration solennelle», dit celui qui a aussi travaillé comme analyste-expert et rédacteur pour la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement de la diversité culturelle et religieuse.

Sauf qu'au Québec, on ne trouve que la Bible dans les salles d'audience. Si un témoin souhaite poser la main sur un autre texte religieux, on lui offrira simplement de faire une affirmation solennelle.

«Il est là le problème, remarque M. Maclure. Si on permet aux témoins chrétiens de jurer sur la Bible, il faudrait aussi permettre à ceux d'autres confessions qui le désirent de prêter serment sur le livre de leur choix. L'option devrait leur être offerte. Soit on retire les symboles religieux, soit on les pluralise.»

En Ontario, on peut témoigner sur simple déclaration solennelle ou «jurer de dire toute la vérité et rien que la vérité» en posant la main sur la Bible, le Coran ou le livre sacré de notre choix, indique le site Web du ministère du Procureur général de la province.

Le Mouvement laïque québécois (MLQ) réclame depuis longtemps que la Bible soit retirée des palais de justice. «Qu'arrive-t-il si des gens d'autres confessions désirent jurer sur leur livre sacré? Ça devient compliqué», disait en mars 2010 la professeure de philosophie au Collège Ahuntsic Marie-Michelle Poisson, alors présidente du MLQ, en entrevue au quotidien Le Droit.

Mme Poisson faisait aussi remarquer que la pratique de jurer sur la Bible aurait encore un sens si notre État était de droit canonique. «La Bible a encore un sens dans les institutions d'État dirigées par la religion. Ce n'est plus le cas ici. Le droit ne s'inspire plus de ça.»

La voix de la laïcité au Parti québécois, Bernard Drainville, s'accommode bien de la situation actuelle. «Les gens ont déjà le libre choix lorsqu'ils doivent prêter serment et ce libre choix va demeurer», a brièvement commenté au Soleil l'attaché de presse du père de la défunte charte des valeurs, Mathieu Renaud St-Amand.

Au palais de justice de Québec, une juge de la chambre criminelle, Chantal Pelletier, refuse que les témoins qui se présentent devant elle prêtent serment sur la Bible. Seule l'affirmation solennelle est autorisée. Le Soleil a tenté de s'entretenir avec la juge Pelletier pour connaître ses motifs, sans succès

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